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Sarkozy veut faire de l'immigration la clé de voûte de la primaire

Reuters 15/09/2015 à 15:30

* Les Républicains planchent mercredi sur l'immigration * Sarkozy se dit conforté par la décision de Merkel * Une dénonciation de Schengen en trompe-l'oeil * La droite durcit son discours face au FN par Sophie Louet PARIS, 15 septembre (Reuters) - La volte-face de l'Allemagne dans la crise des réfugiés offre à Nicolas Sarkozy l'occasion de capitaliser sur son plaidoyer pour une "nouvelle politique d'immigration européenne", un thème qui pèsera lourd dans les résultats de la primaire à droite en 2016. L'ancien président, dont le camp est menacé par la montée d'un Front national qui ne prend pas de précautions oratoires sur le sujet, voit son électorat se radicaliser. D'après un récent sondage Odoxa, 84% des sympathisants de droite sont opposés à l'accueil de migrants en France. Mercredi, lors d'un séminaire de travail sur l'immigration prévu de longue date, le président des Républicains développera ses arguments pour une "refonte" de la politique d'immigration, avant un débat au Parlement français sur l'accueil des réfugiés. Outre le volet européen, le chef de l'opposition appuiera sur des propositions nationales en rupture avec ses credos passés, comme la suppression de l'Aide médicale d'Etat ou "l'adaptation" du droit du sol. Un durcissement en ligne avec le programme drastique de François Fillon mais divergent de son principal rival, Alain Juppé, auteur de "L'identité heureuse" et adepte d'une approche apaisée des problèmes d'immigration. Isolé la semaine dernière, lorsque l'Allemagne ouvrait en grand ses portes aux réfugiés, Nicolas Sarkozy se réjouit désormais de la décision d'Angela Merkel de rétablir provisoirement les contrôles à la frontière autrichienne de l'Allemagne face à l'afflux incontrôlé de migrants. "Angela Merkel fait avec huit jours de retard ce que j'avais réclamé dès le début", a-t-il plaidé mardi devant le groupe des Républicains à l'Assemblée, selon des participants. "Cette crise terrible est l'occasion de lever des tabous et de refonder l'Europe et pas seulement Schengen." CONTRÔLES À LA FRONTIÈRE ALLEMANDE? Pour Guillaume Larrivé, secrétaire national à l'immigration au sein des Républicains, Berlin, par cette décision "politique" et pas seulement "technique", légitime l'approche de Nicolas Sarkozy, avocat de longue date d'un "Schengen II". "Il faut tout changer. On ne peut pas continuer comme ça avec une libre circulation des immigrés dans la zone européenne Schengen", explique le député. Les Républicains réclament le rétablissement des contrôles à la frontière italienne, voire à la frontière allemande. "Il faut y réfléchir. Cela doit être affiné avec nos partenaires allemands, mais en tout cas le rétablissement des contrôles à un certain nombre de nos frontières s'impose", a déclaré mardi à L'Opinion le député (LR) Bernard Accoyer. Face au Front national qui accuse l'ex-UMP d'avoir "vendu son âme gaulliste à sa chère UE", Brice Hortefeux, bras droit de Nicolas Sarkozy et ministre de l'Immigration de 2007 à 2009, répète que "l'opposition républicaine ne doit céder aucun pouce sur les défis régaliens". L'ancien chef de l'Etat n'a de cesse de dire qu'il ne faut pas "culpabiliser" les électeurs du FN. Mais s'il résonne aux oreilles de son électorat potentiel en 2016, le "bouleversement" institutionnel que Nicolas Sarkozy appelle de ses voeux est partiellement un trompe-l'oeil. Les accords de Schengen prévoient en effet une mesure exceptionnelle de rétablissement des contrôles frontaliers d'un Etat membre avec un autre pays de l'espace en cas de "menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure" pour une durée initiale de 30 jours maximum qui peut être prolongée. En 2011, dans le sillage de la révolution tunisienne, les autorités françaises avaient bloqué des trains de migrants tunisiens venus d'Italie au poste de contrôle de Vintimille. "La proposition de Nicolas Sarkozy est sur la table. Ce n'est pas parce qu'elle vient des Républicains et qu'elle est exprimée par Nicolas Sarkozy, qu'il faut l'écarter. Si elle n'est pas bonne, il faut que le gouvernement le démontre", a souligné Bernard Accoyer. (Avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

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