Aller au contenu principal Activer le contraste adaptéDésactiver le contraste adapté
Plus de 40 000 produits accessibles à 0€ de frais de courtage
Découvrir Boursomarkets

Sanctions contre la Russie : "10% de récession, vous appelez pas ça un effondrement?", demande Bruno Le Maire
information fournie par Boursorama avec Media Services07/04/2022 à 10:19

Dès les premiers jours de la guerre en Ukraine, le ministre de l'Economie et des Finances avait dit sa volonté de mener la "guerre" à l'économie russe.

Bruno Le Maire, le 31 mars 2022, à Berlin ( POOL / Tobias SCHWARZ )

Bruno Le Maire, le 31 mars 2022, à Berlin ( POOL / Tobias SCHWARZ )

Un mois et demi après le début de l'invasion russe en Ukraine, les Européens doivent adopter un nouveau train de sanctions contre la Russie, le cinquième, à la suite de discussions menées depuis mercredi 6 avril entre ambassadeurs des Vingt-Sept. Cet élargissement des sanctions proposé par la Commission européenne, prévoit notamment un arrêt des achats de charbon russe et la fermeture des ports aux bateaux russes, en plus des mesures déjà en cours.

Interrogé sur "l'effondrement" de l'économie russe dont il a fait un objectif pour mettre à mal la machine de guerre de Moscou en Ukraine, Bruno Le Maire a défendu les sanctions adoptées, faisant valoir les premières conséquences visibles. "10% de récession en Russie, vous appelez pas ça un effondrement de l'économie russe?", a t-il demandé, lors d'un entretien à franceinfo , jeudi 7 avril. "Il y a un effondrement de l'économie russe. Il y a une complexité considérable sur les traitements financiers, une vie plus difficile en Russie, un pouvoir russe affaibli par ces sanctions. Est-ce que ça suffit? Certainement pas, parce que la guerre continue. Est-ce qu'il faut renforcer ces sanctions? Certainement", a t-il affirmé.

Les économistes anticipent désormais une forte récession de l’économie russe. Elle pourrait dégringoler de 10% cette année, selon la banque d’affaires américaine Goldman Sachs. La récession pourrait même atteindre 15% selon l’Institute for International Finance.

Quant à l'hypothèse d'un embargo sur les hydrocarbures, Bruno Le Maire constate que "ce qui ferait le plus mal à la Russie, c'est arrêter le pétrole". "Nous étions prêts à l'interdiction du pétrole russe", a t-il déclaré. "Il faut convaincre les autres Etats membres. Le faire tout seul, ça n'aurait aucun sens. Ce qui fait notre force, c'est d'agir à 27 (...)", a t-il lancé. "Je préfère que nous prenions quelques semaines de plus pour que nous aboutissions à une interdiction d'importation de pétrole russe, mais que nous le fassions ensemble, de manière coordonnée", a t-il encore affirmé.

L'Italie temporise

Chez les voisins européens, l'Italie "suivra les décisions de l'Union européenne" concernant de nouvelles sanctions contre la Russie, et notamment un éventuel embargo sur le gaz, qui n'est toutefois "pas encore sur la table", a affirmé le Premier ministre Mario Draghi. "Ce n'est pas une hypothèse discutée en ce moment, mais la situation évolue en permanence", a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un conseil des ministres.

Graphique montrant la proportion et le pays d'origine du pétrole importé par l'Union européenne  ( AFP /  )

Graphique montrant la proportion et le pays d'origine du pétrole importé par l'Union européenne ( AFP / )

L'Italie est très dépendante du gaz russe, car elle importe 95% du gaz qu'elle consomme, dont environ 40% proviennent de la Russie. "Aujourd'hui, l'embargo sur le gaz n'est pas encore (...) sur la table", a insisté Mario Draghi. Les "massacres" en Ukraine "incitent à adopter des sanctions encore plus sévères", a-t-il estimé. "Tous les pays alliés se demandent ce qui peut être fait pour stopper la Russie (...) Nous suivons ce que décide l'Union européenne", a-t-il dit.

41 commentaires

  • 07 avril13:22

    Les US renflouent leur économie sur le dos des européens. Pour les européens par contre ça va être compliqué de gérer la situation.