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RPT SYNTHESE 2-Dialogue de sourds sur la Grèce, tension sur les marchés

Reuters17/06/2015 à 06:15

(Répétition sans changement d'une dépêche transmise mardi soir) * Tsipras reproche aux créanciers de vouloir "humilier" la Grèce * L'opposition lui demande de conclure un accord * Juncker s'emporte contre le gouvernement grec * La Bourse grecque chute encore, les rendements obligataires montent par Lefteris Papadimas et Erik Kirschbaum ATHENES/BERLIN, 17 juin (Reuters) - Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a de nouveau dénoncé mardi l'intransigeance de ses créanciers en les accusant de vouloir "humilier" son pays, les deux parties poursuivant un dialogue de sourds malgré la menace d'un défaut aux conséquences imprévisibles. Le ton très ferme employé par le chef du gouvernement suggère qu'il n'a aucune intention d'accepter les concessions que lui réclament ses bailleurs de fonds. L'approche de l'échéance du 30 juin, date à laquelle Athènes doit rembourser près de 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international (FMI), rend les marchés financiers de plus en plus nerveux. L'indice FTSEurofirst 300 .FTEU3 des actions européennes est tombé en séance à son plus bas niveau depuis février et les rendements des obligations d'Etat de la zone euro remontent, reflétant les craintes de contagion au sein de la région. Le rendement des titres grecs à deux ans, lui, dépasse désormais 30% GR2YT=TWEB . Pour Alexis Tsipras, qui s'exprimait devant des députés de Syriza, son parti, les bailleurs de fonds internationaux d'Athènes veulent "humilier non seulement le gouvernement grec (...) mais humilier un peuple entier". Plus tard dans la journée, il a au cours d'un entretien téléphonique avec le secrétaire au Trésor américain Jack Lew affirmé que son pays avait toujours l'intention de parvenir à un accord, a indiqué un responsable gouvernemental grec. De son côté, Jack Lew a "souligné l'urgence pour la Grèce d'agir pour parvenir à un compromis pragmatique avec ses créanciers", a dit un responsable du Trésor dans un communiqué. "UN MIRACLE" NÉCESSAIRE, DIT HELSINKI A Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, a laissé planer le doute sur la possibilité de débloquer la situation lors de la réunion des ministres des Finances de la zone euro jeudi à Bruxelles. "Malheureusement, il n'y pas grand-chose de nouveau à évoquer", a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse, répétant simplement qu'Athènes devait faire face à ses obligations. "J'ai toujours dit que j'étais disposée à faire tout ce qui était possible pour maintenir la Grèce dans la zone euro. Je reste déterminée à cela", a-t-elle ajouté. Une réunion de représentants des ministères des Finances de la zone euro était prévue à 15h00 GMT pour préparer l'Eurogroupe de jeudi. Mais pour le chef du gouvernement finlandais, Juha Sipila, il faudrait "un miracle" pour parvenir à une solution la semaine prochaine. Un défaut de la Grèce sur ses dettes au FMI n'entraînerait pas automatiquement sa sortie de la zone euro mais il en augmenterait le risque et entraînerait l'union monétaire dans un processus sans précédent. Plusieurs responsables européens ont réfuté les informations du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung selon lesquelles des préparatifs sont en cours pour permettre l'entrée en vigueur en Grèce de mesures de contrôle des capitaux dès le week-end prochain. Les spéculations sur un possible sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union pendant le week-end ont elles aussi été écartées par plusieurs capitales. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est emporté contre Alexis Tsipras. "J'accuse les Grecs de dire à l'opinion grecque des choses qui ne sont pas cohérentes avec ce que j'ai dit au Premier ministre grec", a-t-il déclaré. Juncker a affirmé que la Commission n'était pas favorable à une augmentation du taux de la TVA sur les médicaments et l'électricité et qu'elle avait suggéré d'autres moyens d'améliorer les finances publiques grecques, dont une "réduction modeste" des dépenses de défense. Le bloc ne peut pas exclure l'un de ses membres en l'absence de tout traité l'y autorisant mais le gouvernement grec pourrait être contraint de recourir à une monnaie parallèle pour payer les traitements des fonctionnaires et les pensions de retraite si ses partenaires le privait de toute assistance financière. TSIPRAS REÇOIT LES DIRIGEANTS DE L'OPPOSITION A Athènes, aucun signe de panique n'est perceptible mais les dirigeants de plusieurs partis d'opposition ont demandé à rencontrer Alexis Tsipras pour lui demander de conclure rapidement un accord afin d'empêcher une catastrophe économique. "J'ai appelé le Premier ministre à prendre en compte le fait que l'économie grecque est désespérément proche de ses limites", a déclaré Stavros Theodorakis, le chef du file du mouvement centriste To Potami. Le chef du gouvernement lui a assuré qu'il existait encore "deux ou trois" initiatives susceptibles de débloquer les discussions, à condition que les créanciers lâchent eux-mêmes du lest, a-t-il ajouté, en se disant prêt à faire voter les députés de son parti en faveur d'un éventuel compromis. La Bourse d'Athènes a terminé la journée en baisse de 4,77% .ATG , portant à près de 15% son recul depuis le début du mois. Du côté des créanciers, le chancelier autrichien Werner Faymann, un social-démocrate, doit rencontrer Alexis Tsipras mercredi à Athènes et il s'est prononcé en faveur d'un étalement de la charge de la dette grecque. Les Grecs, dit-il dans une interview que publie le quotidien Österreich, "devraient bénéficier d'une forme de report du remboursement de la dette cette fois avec des conditions strictes". "Le 'paquet' devrait envisager des économies et des réformes et rendre l'investissement possible", a-t-il ajouté. Côté allemand, le discours est nettement moins conciliant, y compris chez les sociaux-démocrates: Thomas Oppermann, le chef de file des députés SPD au Bundestag, a regretté l'absence de "volonté de la part de la Grèce de parvenir à une issue positive des discussions avec les créanciers". "De la manière dont procède la Grèce, il n'y aura pas de solution (à l'Eurogroupe jeudi)", a-t-il ajouté. (avec Michael Shields à Vienne et Andrius Sytas à Vilnius; Marc Angrand et Pierre Sérisier pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat et Patrick Vignal)


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