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RPT-Hollande quasi-candidat s'en prend au programme de la droite

Reuters08/09/2016 à 15:42
 (Répétition titre) 
    * Le président se projette "dans les prochaines années" 
    * Il lance des piques à Juppé et Sarkozy 
    * "La démocratie triomphera" du terrorisme, dit-il 
    * Le chef de l'Etat veut défendre une "idée de la France" 
 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 8 septembre (Reuters) - François Hollande a prononcé 
jeudi un discours de combat contre la droite accusée de vouloir 
abaisser la démocratie et liquider le modèle social français, 
donnant un signal clair de sa volonté d'être candidat en 2017 
pour ne pas laisser l'image de la France s'altérer "lors des 
prochaines années".  
    Le président a saisi l'occasion d'une intervention sur "la 
France face au terrorisme" pour approfondir sa vision du pays et 
attaquer une opposition jugée trop sûre d'elle quant à ses 
chances de remporter l'élection présidentielle du printemps.  
    "Je ne laisserai pas l'image de la France, le rayonnement de 
la France, l'influence de la France s'altérer lors des prochains 
mois ou des prochaines années", a dit François Hollande devant 
le gouvernement de Manuel Valls et des centaines de personnes 
réunies à l'appel des fondations Jean Jaurès et Terra Nova. 
    C'est la première fois que le président français, qui doit 
annoncer ses intentions à la fin de l'année, se projette ainsi 
aux responsabilités dans un avenir à moyen terme. 
    En réponse à la série d'attentats sur le sol français, il 
s'est posé en garant d'une "démocratie qui sera toujours plus 
forte que la barbarie qui lui a déclaré la guerre". 
    "Au terme de la lutte, la démocratie triomphera", fut 
l'entame de ce discours d'une heure prononcé à la première 
personne du singulier et truffé de piques à l'adresse des 
candidats à la primaire de la droite, Nicolas Sarkozy en tête. 
    "Je fais tout pour protéger les Français", a-t-il assuré, 
invitant chacun, y compris les musulmans de France, à répondre 
au "terrorisme islamiste" avec "courage, fermeté et sang-froid". 
     
    "PAS DE LÉGISLATION DE CIRCONSTANCE" 
    Le président, parfois décrit comme indifférent, a estimé 
qu'il ne fallait "jamais nous laisser emporter par la déraison". 
    "Nous devons assurer la sécurité sans jamais renoncer à 
vivre comme nous le voulons, comme nous l'entendons", a-t-il 
insisté, en fustigeant les solutions prônées par la droite tels 
que l'enfermement des suspects, la remise en cause du droit du 
sol ou la suppression du regroupement familial.      
    "Tant que je suis président de la République, il n'y aura 
pas de législation de circonstance aussi inapplicable 
qu'inconstitutionnelle", a-t-il estimé. 
    Il a attaqué son prédécesseur et sa critique des "arguties 
juridiques" dans la lutte contre le terrorisme.    
    A l'adresse de Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire 
menacé d'un procès en marge de l'affaire "Bygmalion", François 
Hollande a ironisé sur "la présomption d'innocence, bien commode 
à brandir quand il s'agit de plaider pour son propre compte".  
    Se plaçant aussi face à Alain Juppé, il a opposé son "idée 
de la France" à l'"identité heureuse" prônée par l'ancien 
Premier ministre, autre candidat à la primaire de droite. 
     
    "L'IDENTITÉ DE LA FRANCE N'EST NI HEUREUSE NI MALHEUREUSE" 
    "L'identité, elle n'est ni heureuse ni malheureuse", a-t-il 
dit. "La France est bien plus qu'une identité, c'est une idée, 
un projet, une ambition."  
    Ciblant ceux qui pensent que "l'élection c'est la primaire" 
et que "les Français viendront signer le bas de la page", il a 
défendu "le suffrage universel - dont je suis encore, jusqu'au 
mois de mai, le seul qui en ait eu l'onction -, je veux dire que 
dans une démocratie il y a l'élection."  
    "Ah ce n'est pas facile l'élection, il faut la mériter, s'y 
préparer et respecter les citoyens !", a-t-il ironisé. 
    François Hollande s'est aussi placé face à l'extrême droite, 
que les sondages donnent présente au second tour en 2017, disant 
l'importance de ne pas laisser le pays "s'effondrer dans ce qui 
serait un débat sur l'Histoire ou la nostalgie".  
    Au moment de voter, les Français, "jugeront des résultats, 
des personnalités comme des projets", a-t-il souligné, avant 
d'énumérer les "enjeux" du scrutin : protection des Français, 
cohésion nationale, modèle social, conception de la démocratie, 
place de la France en Europe et dans le monde. 
    Il a accusé les prétendants de droite de vouloir 
"démanteler, assécher et même liquider le modèle social". 
         
    Parmi les pistes de son programme à venir, François Hollande 
a évoqué la réforme des institutions.  
    "Il reste beaucoup à faire sur la représentativité de nos 
assemblées pour les ouvrir davantage à la diversité de notre 
société", a-t-il dit.  
    François Hollande a dit sa fierté d'avoir limité le cumul 
des mandats, tout en précisant : "Je veux qu'on aille plus loin 
encore en réduisant le cumul des mandats dans le temps".  
    Après ce discours aux accents de meeting de campagne, le 
porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a enfoncé le 
clou - avec un lapsus - sur BFM TV : "Il est le président de la 
République aujourd'hui, il n'est pas un candidat comme les 
autres, il n'est pas dans un débat comme les autres". 
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 

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