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Réunion sur la stratégie militaire anti-Etat islamique à Paris

Reuters20/01/2016 à 12:03
    * Les ministres de la Défense de sept pays réunis 
    * Discussion autour d'une possible "accélération de tempo" 
    * Londres veut capitaliser sur les revers de l'EI 
 
 (actualisé avec ministres britannique et américain) 
    par Marine Pennetier et John Irish 
    PARIS, 20 janvier (Reuters) - Les ministres de la Défense de 
sept pays de la coalition de lutte contre l'Etat islamique (EI) 
se réunissent ce mercredi à Paris pour discuter stratégie 
militaire et poser les jalons d'une éventuelle "accélération de 
tempo".  
    Cette rencontre, à laquelle participent les ministres 
australien, allemand, italien, britannique, néerlandais, 
américain et français, se tient deux mois après 
l'intensification des frappes de Paris et Washington contre l'EI 
dans la foulée des attentats du 13 novembre en France.  
    "Nous allons voir comment accentuer notre effort et en Irak 
et en Syrie", a déclaré le ministre français de la Défense, 
Jean-Yves Le Drian, en confirmant la semaine dernière la tenue 
de cette réunion, une première dans ce format réunissant les 
plus engagés militairement dans la lutte contre l'EI. 
    Dans son entourage, on précise que cette rencontre sera 
l'occasion de "vérifier quelles sont les modalités politiques, 
militaires et matérielles qui nous permettront de remplir notre 
objectif qui est commun, d'accélération, d'intensification de la 
campagne contre Daech (acronyme arabe de l'EI-NDLR)".  
    La France et les Etats-Unis cherchent depuis plusieurs 
semaines à convaincre leurs partenaires "d'accélérer le tempo" à 
l'heure où, soulignent-ils, la campagne menée par la coalition 
internationale commence à "porter des fruits". 
    L'un des enjeux, a dit le secrétaire américain à la Défense, 
Ashton Carter, à des journalistes dans l'avion le conduisant en 
France, est de parvenir à intégrer plus largement les arabes 
sunnites dont beaucoup regardent avec suspicion le gouvernement 
irakien dominé par les partis chiites et accusent Washington de 
ne pas agir avec suffisamment de fermeté face à Bachar al Assad. 
     
    PAS DE BOMBARDEMENTS TOUS AZIMUTS 
    Sous pression depuis la perte de Sindjar et Ramadi en Irak 
et par le recul de ses forces dans le nord de la Syrie, l'EI a 
lancé une offensive ailleurs en Syrie.    
    A Paris, on fait état de "tensions dans l'organisation, de 
baisses de rémunérations des combattants, d'effets d'érosion". 
    Selon le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, 
l'organisation djihadiste a perdu 25% du territoire qu'elle 
contrôlait en Irak et 10% en Syrie.  
    Il est temps de capitaliser sur ces récents revers et de 
"resserrer l'étau autour de la tête du serpent" à Rakka, 
capitale autoproclamée de l'EI en Syrie, a-t-il dit à Paris.  
    Le nombre de frappes "peut encore sans doute s'accélérer 
mais c'est vrai que la coalition fonctionne selon des normes de 
dommages collatéraux qui sont extrêmement exigeantes", 
indique-t-on dans l'entourage de Jean-Yves Le Drian. "Il ne 
s'agit pas de bombarder tous azimuts mais de répondre à un 
impératif militaire qui est celui de la désorganisation du 
commandement et la privation des ressources économiques de 
Daech." 
    "On verra s'il y a besoin de la mobilisation de moyens 
supplémentaires", ajoute-t-on. "Ce n'est pas exclusivement en 
nombre d'avions mais aussi en nombre de formateurs pour 
accélérer la montée en puissances des forces locales qui 
reprennent du terrain à Daech".  
    Au total, 15.000 soldats irakiens ont été formés par la 
coalition à la lutte contre les engins explosifs improvisés 
(IED), armes de prédilection de l'EI. 
    Le rôle de la Turquie et de la Russie pourrait également 
être évoqué.  
    Moscou, allié de Damas, est toujours accusé par l'Occident 
de concentrer ses frappes sur les opposants à Bachar al Assad et 
de limiter ses bombardements sur l'EI, ce que la Russie dément. 
    "Nous estimons à plusieurs centaines le nombre de civils 
tués par l'utilisation de munitions non-guidées dans des zones 
civiles et sur les groupes d'opposition combattant" Assad, a dit 
Michael Fallon au sujet des bombardements russes.  
    La Turquie, qui a rejoint la coalition militaire contre l'EI 
l'été dernier, est elle appelée notamment par Washington et 
Paris à fermer la partie de sa frontière longeant le territoire 
syrien occupé par l'EI.  
 
 (avec Phil Stewart, édité par Yves Clarisse) 
 

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