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Restructuration en vue sur les sites Total de La Mède et Donges

Reuters24/02/2015 à 19:32

TOTAL VEUT RESTRUCTURER SES SITES DE LA MÈDE ET DE DONGESTOTAL VEUT RESTRUCTURER SES SITES DE LA MÈDE ET DE DONGES

par Michel Rose

PARIS (Reuters) - Total a l'intention d'arrêter toutes ses activités de raffinage de produits pétroliers sur son site de La Mède, près de Marseille, et envisage des investissements à la raffinerie de Donges, dans l'estuaire de la Loire, pour la rendre rentable, a appris Reuters mardi de sources syndicales.

"Les choses sont pratiquement arrêtées mais ce n'est pas encore officiel. Les deux établissements ciblés seront La Mède et Donges", a déclaré une des sources.

La raffinerie de La Mède, qui produit 153.000 barils par jour, deviendra un site de production de biocarburants, selon trois sources syndicales.

"Ça demande quelques investissements mais pas autant de personnels", a dit une source, ajoutant que même si Total ne devrait pas recourir à des licenciements secs, le site pourrait perdre en fin de compte jusqu'à 200 salariés ou plus.

A Donges (219.000 barils par jour), où la restructuration ne devrait pas être aussi drastique et dépend du sort d'une voie ferrée qui traverse le site, des investissements seront faits pour rendre la raffinerie à nouveau rentable, selon les mêmes sources.

UNE ANNONCE AU PRINTEMPS

Une longue réunion a eu lieu ce mardi entre représentants des syndicats et des ressources humaines, au siège de Total à La Défense, pour discuter de l'impact sur l'emploi de la restructuration à La Mède.

"Aujourd'hui, on n'a pas eu de présentation de projet industriel", a dit un représentant syndical à Reuters. "Mais pour ce qui était de l'activité de raffinage de produits pétroliers à La Mède, la direction a répondu clairement qu'il n'y en aurait plus dans son projet, que ce serait autre chose, une activité industrielle concernant des biocarburants; mais elle n'est pas entrée dans le détail."

Le sort de Donges n'a pas été évoqué mardi mais plutôt lors de réunions précédentes avec la direction. La raffinerie est handicapée par une voie de chemin de fer qui traverse le site et empêche sa modernisation. Total et la SNCF sont en discussions depuis des années pour modifier le tracé de la voie mais ne parviennent pas à s'entendre sur le partage des coûts.

Contacté par Reuters, un porte-parole de Total a précisé que le groupe était en train de travailler à son projet pour le raffinage français et a rappelé que celui-ci serait présenté aux instances représentatives du groupe au printemps.

Total avait dit l'an dernier qu'il se donnait jusqu'au printemps 2015 pour élaborer un plan pour ses raffineries françaises, qui pourrait inclure des réductions de capacités mais n'entraînerait pas de fermeture de site.

Ce mois-ci, le groupe a dit son intention de réduire de moitié la capacité de sa raffinerie de Lindsey, en Grande-Bretagne, et d'y supprimer 180 postes.

APPROCHE PRUDENTE

Total, numéro un européen du raffinage, est le dernier groupe pétrolier à recourir à des suppressions de capacités dans ce secteur en proie depuis plusieurs années aux surcapacités, à une moindre demande en carburant, à une concurrence grandissante et à de faibles marges.

Dans une récente lettre aux syndicats dont Reuters a pu prendre connaissance, le directeur des activités de raffinage de Total Philippe Sauquet assure qu'aucun site industriel ne sera fermé et que tous les collaborateurs de Total pourront rester employés du groupe.

Total a opté pour une approche très prudente dans ses raffineries françaises, encore meurtries par les semaines de grève et de perturbations de l'approvisionnement qui avaient suivi la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque en 2010.

Le groupe a dans le passé tenté de fusionner La Mède avec la raffinerie voisine de Lavéra, qui appartient à Petrochina et Ineos, mais le projet a échoué en raison du montant important des investissements nécessaires pour moderniser le site.

Philippe Sauquet, lors de la présentation des résultats annuels de Total le 12 février, a évalué à au moins 1,5 million de barils par jour les surcapacités de raffinage en Europe.

Total a inscrit dans ses comptes 2014 pour 1,4 milliard de dollars de dépréciations d'actifs au titre de ses activités de raffinage en Europe.

(Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Marc Joanny)

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par Michel Rose

PARIS (Reuters) - Total a l'intention d'arrêter toutes ses activités de raffinage de produits pétroliers sur son site de La Mède, près de Marseille, et envisage des investissements à la raffinerie de Donges, dans l'estuaire de la Loire, pour la rendre rentable, a appris Reuters mardi de sources syndicales.

"Les choses sont pratiquement arrêtées mais ce n'est pas encore officiel. Les deux établissements ciblés seront La Mède et Donges", a déclaré une des sources.

La raffinerie de La Mède, qui produit 153.000 barils par jour, deviendra un site de production de biocarburants, selon trois sources syndicales.

"Ça demande quelques investissements mais pas autant de personnels", a dit une source, ajoutant que même si Total ne devrait pas recourir à des licenciements secs, le site pourrait perdre en fin de compte jusqu'à 200 salariés ou plus.

A Donges (219.000 barils par jour), où la restructuration ne devrait pas être aussi drastique et dépend du sort d'une voie ferrée qui traverse le site, des investissements seront faits pour rendre la raffinerie à nouveau rentable, selon les mêmes sources.

UNE ANNONCE AU PRINTEMPS

Une longue réunion a eu lieu ce mardi entre représentants des syndicats et des ressources humaines, au siège de Total à La Défense, pour discuter de l'impact sur l'emploi de la restructuration à La Mède.

"Aujourd'hui, on n'a pas eu de présentation de projet industriel", a dit un représentant syndical à Reuters. "Mais pour ce qui était de l'activité de raffinage de produits pétroliers à La Mède, la direction a répondu clairement qu'il n'y en aurait plus dans son projet, que ce serait autre chose, une activité industrielle concernant des biocarburants; mais elle n'est pas entrée dans le détail."

Le sort de Donges n'a pas été évoqué mardi mais plutôt lors de réunions précédentes avec la direction. La raffinerie est handicapée par une voie de chemin de fer qui traverse le site et empêche sa modernisation. Total et la SNCF sont en discussions depuis des années pour modifier le tracé de la voie mais ne parviennent pas à s'entendre sur le partage des coûts.

Contacté par Reuters, un porte-parole de Total a précisé que le groupe était en train de travailler à son projet pour le raffinage français et a rappelé que celui-ci serait présenté aux instances représentatives du groupe au printemps.

Total avait dit l'an dernier qu'il se donnait jusqu'au printemps 2015 pour élaborer un plan pour ses raffineries françaises, qui pourrait inclure des réductions de capacités mais n'entraînerait pas de fermeture de site.

Ce mois-ci, le groupe a dit son intention de réduire de moitié la capacité de sa raffinerie de Lindsey, en Grande-Bretagne, et d'y supprimer 180 postes.

APPROCHE PRUDENTE

Total, numéro un européen du raffinage, est le dernier groupe pétrolier à recourir à des suppressions de capacités dans ce secteur en proie depuis plusieurs années aux surcapacités, à une moindre demande en carburant, à une concurrence grandissante et à de faibles marges.

Dans une récente lettre aux syndicats dont Reuters a pu prendre connaissance, le directeur des activités de raffinage de Total Philippe Sauquet assure qu'aucun site industriel ne sera fermé et que tous les collaborateurs de Total pourront rester employés du groupe.

Total a opté pour une approche très prudente dans ses raffineries françaises, encore meurtries par les semaines de grève et de perturbations de l'approvisionnement qui avaient suivi la fermeture de sa raffinerie de Dunkerque en 2010.

Le groupe a dans le passé tenté de fusionner La Mède avec la raffinerie voisine de Lavéra, qui appartient à Petrochina et Ineos, mais le projet a échoué en raison du montant important des investissements nécessaires pour moderniser le site.

Philippe Sauquet, lors de la présentation des résultats annuels de Total le 12 février, a évalué à au moins 1,5 million de barils par jour les surcapacités de raffinage en Europe.

Total a inscrit dans ses comptes 2014 pour 1,4 milliard de dollars de dépréciations d'actifs au titre de ses activités de raffinage en Europe.

(Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Marc Joanny)

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