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REGIONALES-"Succès sans joie" pour la gauche, qui sauve cinq régions

Reuters13/12/2015 à 22:57
    * La gauche s'en sort mieux que prévu mais perd 
l'Ile-de-France 
    * Le "barrage" socialiste contre le FN a fonctionné 
    * Valls veut "entendre davantage les Français" 
    * Le PS demande au gouvernement une inflexion à gauche 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 13 décembre (Reuters) - En sauvant cinq régions, la 
gauche fait un score meilleur que prévu au second tour des 
élections régionales et peut se targuer d'avoir évité une 
victoire du Front national en retirant ses candidats dans trois 
régions-clés.  
    Mais le parti au pouvoir perd l'Ile-de-France, la région la 
plus riche et la plus peuplée du pays, que les socialistes 
dirigeaient depuis 17 ans et le Front national, même exclu des 
exécutifs régionaux, a atteint des niveaux inédits, à plus de 
30%, dans des zones où on ne l'attendait pas.   
    La gauche l'a emporté en Bretagne, en 
Bourgogne-Franche-Comté, en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, 
en Centre-Val-de-Loire et en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, 
laissant à la droite sept autres régions métropolitaines. 
    Le Parti socialiste a contribué à la victoire de 
l'opposition républicaine en retirant ses candidats dans trois 
régions où le Front national était susceptible de l'emporter à 
l'issue du premier tour, dimanche 6 décembre.  
    Le candidat PS Jean-Pierre Masseret a refusé d'obéir à ces 
instructions dans la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine, 
finalement remportée par la droite.  
    Dans une allocution à Matignon, Manuel Valls a dit voir dans 
cet "appel très clair" du PS suivi d'un "élan très digne" de la 
part des électeurs "une injonction à en finir avec les petits 
jeux politiciens, les invectives, les sectarismes".  
    "Les responsables politiques de tous bords doivent pouvoir, 
quand c'est nécessaire, construire ensemble", a-t-il insisté.  
    Malgré le relatif bon score du camp au pouvoir, le 
tremblement de terre provoqué par le niveau du Front national 
l'oblige à repenser l'avenir.  
     
    "NOUS NE POUVONS PLUS CONTINUER COMME CELA" 
    Prenant acte de l'envolée de l'extrême droite, en tête dans 
la plupart des régions au premier tour, Manuel Valls s'est 
engagé à apporter aux Français "la preuve que la politique ne 
reprend pas comme avant." 
    "Ce soir il n'y a aucun soulagement, aucun triomphalisme, 
aucun message de victoire", a dit le chef du gouvernement. "Le 
danger de l'extrême droite n'est pas écarté, loin de là." 
    "Tout cela nous oblige à entendre davantage les Français, à 
agir, sans relâche, plus vite, pour obtenir plus de résultats. 
L'emploi, la formation des chômeurs, l'apprentissage pour nos 
jeunes doivent mobiliser toute notre énergie", a-t-il énuméré. 
    Tout aussi grave, le premier secrétaire du Parti socialiste, 
Jean-Christophe Cambadélis, a demandé quant à lui au 
gouvernement une "inflexion à gauche" et une "union" de son 
camp, qui s'était emietté au premier tour.  
    L'absence de victoire du Front national et la "bonne 
résistance" de la gauche est "un succès sans joie", a déclaré le 
patron du PS au siège du parti.  
    "Je m'adresse au gouvernement. Nous ne pouvons plus 
continuer comme cela. Il faut agir contre la précarité et pour 
l'activité comme nous nous sommes attaqués à la compétitivité et 
à la refondation de l'école. C'est l'inflexion qui doit 
intervenir durant les 18 mois à venir", a-t-il déclaré, dans la 
perspective de l'élection présidentielle de 2017. 
    Plusieurs leaders de droite et d'extrême gauche ont accusé 
le pouvoir socialiste actuel d'avoir attisé l'extrême droite par 
une politique trop éloignée des réalités des Français.  
    "La sanction la plus rude pour François Hollande, c'est la 
hausse du Front national", a déclaré à Bordeaux Alain Juppé, 
candidat à la primaire des Républicains.  
    Sur France 2, le député européen Front de gauche Jean-Luc 
Mélenchon s'est montrée sévère.  
    "Ce soir une catastrophe a été évitée de justesse", a-t-il 
dit. Ciblant Manuel Valls, il a démandé que le "premier 
responsable" de la politique qui a fait monter le FN soit 
"renvoyé". 
 
 (Avec Service France, édité par Yves Clarisse) 
 

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