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Rebond des banques italiennes, Rome en quête de solutions

Reuters21/01/2016 à 18:28

NET REBOND DES ACTIONS DES BANQUES ITALIENNES

par Crispian Balmer

MILAN (Reuters) - Les actions des banques italiennes ont terminé en très net rebond jeudi en Bourse de Milan, refaisant un peu du terrain perdu au cours des cinq séances précédentes en raison des inquiétudes relatives au volume important des créances douteuses qu'elles ont en portefeuille.

Le président du Conseil Matteo Renzi a de son côté cherché à rassurer les investisseurs en disant que la situation était "beaucoup moins grave que ce que ne pensent les acteurs de marché", tout en affirmant que son ministre de l'Economie "fait des miracles" pour tenter de trouver une solution au problème des créances douteuses.

Les banques italiennes en détiennent pour un montant de quelque 201 milliards d'euros. Comme ces prêts ne seront vraisemblablement jamais remboursés, les établissements rechignent à accorder de nouveaux crédits, une situation qui constitue un frein à la timide reprise économique de l'Italie.

En plus de ces créances douteuses, la Banque d'Italie a repéré 160 milliards d'euros de prêts problématiques, susceptibles de devenir des créances douteuses. Ce qui aboutit à un total de 361 milliards d'euros, soit l'équivalent de quelque 22% du produit intérieur brut (PIB) italien.

Pour Rome, une des clefs du problème réside dans le création d'une sorte de structure de défaisance auprès de qui les banques pourraient céder leur créances douteuses.

Cela fait près d'un an que l'Italie discute de ce sujet avec l'Union européenne et, selon une source proche des négociateurs italiens, un accord pourrait être trouvé dans les jours à venir, au plus tard la semaine prochaine.

Dans une interview publiée jeudi par le journal Corriere della Sera, la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, déclare que la Commission européenne demande de nouvelles précisions au gouvernement italien concernant son projet d'une structure de défaisance des créances douteuses.

Elle ajoute que les pertes qu'auraient à subir les actionnaires dans le cadre de la création d'un tel véhicule pourraient être "très légères", notant qu'une réunion technique est prévue vendredi à ce sujet.

Selon la source proche des négociateurs italiens, l'Etat pourrait fournir aux banques des garanties aux prix du marché pour les véhicules mis en place par les banques pour y cantonner leurs créances douteuses.

Rome négocie avec Bruxelles un prix de cession des créances équivalent à 20% à 30% de leur valeur nominale, a ajouté la source.

LE TITRE MONTE PASCHI REPREND 44%

L'indice des valeurs bancaires à Milan a regagné près de 7%, ce qui ramène sa chute depuis le début de l'année à un peu plus de 18%.

Banca Monte dei Paschi di Siena, la plus vulnérable et donc la plus touchée par le courant de défiance, est la première à profiter du rebond. Son titre a fini en hausse de 43,14% à 0,73 euro. L'action UniCredit a pris près de 8%, le titre Ubi Banca 5,7% et l'action Banco Popolare 10,3%.

"C'est un soulagement après le carnage d'hier", a dit un courtier. "Cela donne l'impression que les investisseurs ont envie de croire que nous avons un début de solution pour le problème des créances douteuses, mais, personnellement, je ne pense pas que ce soit le cas."

Les inquiétudes des acteurs de marché concernant le secteur bancaire italien ont été accentués au cours du week-end par la Banque centrale européenne (BCE), cette dernière ayant alors annoncé avoir demandé à certaines banques de nouvelles données sur les créances douteuses.

Lors de sa conférence qui a fait suite à la décision de la BCE de laisser ses taux inchangés, Mario Draghi, président de l'institut d'émission, a, semble-t-il, voulu minimiser l'impact des questionnaires envoyés en disant que ces documents n'avaient pas pour but d'amener les banques à régler de manière urgente le problème des créances douteuses.

Il a ajouté que les régulateurs européens étaient parfaitement conscients que la résolution de ce problème prendrait des années.

Lors d'une conférence de presse donnée à Rome, Matteo Renzi a dit avoir bon espoir de voir la chute des capitalisations boursières accélérer un processus de consolidation qui tarde à se concrétiser.

L'Italie compte quelque 680 banques, dont de nombreux établissements de taille modeste et déficitaires. Le gouvernement n'a de cesse d'encourager les rapprochements dans le secteur bancaire.

Matteo Renzi a dit qu'il revenait aux acteurs du marché de décider quel était le meilleur partenaire pour Monte dei Paschi. Cela fait plus d'un an que la plus vieille banque du monde, qui a multiplié les difficultés ces dernières années, cherche à s'adosser à un concurrent au bilan plus solide.

"Monte dei Paschi se traite à un cours incroyable", a-t-il dit. "J'aimerais beaucoup que la solution soit italienne mais quel qu'il soit, le repreneur fera une très bonne affaire."

(Avec la contribution de Giuseppe Fonte, Valentina Za, Danilo Masoni et Silvia Aloisi, Marc Angrand, Juliette Rouillon et Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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