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RDC-Le pouvoir promet des sanctions contre les anti-Kabila

Reuters22/09/2016 à 03:10
 (Actualisé avec déclarations du président, Onu, opposant) 
    par Benoit Nyemba et Amedee Mwarabu 
    KINSHASA, 22 septembre (Reuters) - Le gouvernement congolais 
a promis mercredi de punir ceux qu'il tient pour responsables 
des émeutes qui ont fait plusieurs dizaines de morts lundi et 
mardi.  
    Des opposants au président congolais Joseph Kabila ont 
continué à manifester en petits groupes mercredi dans Kinshasa, 
mais le calme était revenu dans la plupart de la capitale, une 
présence militaire renforcée dissuadant de nombreux 
manifestants. 
    Le procureur général de la République démocratique du Congo 
(RDC), Flory Kabange Numbi, a indiqué que la police était à la 
recherche de ceux qui sont considérés comme responsables des 
émeutes. Les services de l'immigration les empêcheront de 
quitter le pays, a-t-il ajouté.  
    Témoins et habitants ont indiqué que la vie avait repris son 
cours normal dans la plupart des quartiers de la capitale de la 
RDC, même si des incidents ont été signalés par endroits.  
    Les manifestations ont commencé lundi à l'appel d'un 
rassemblement de l'opposition qui soupçonne Kabila de vouloir se 
maintenir au pouvoir au-delà des deux mandats autorisés par la 
Constitution, soit en retardant le prochain scrutin présidentiel 
soit en modifiant la loi fondamentale comme l'on fait d'autres 
chefs d'Etats africains ces derniers mois. 
    Les mouvements de protestation ont dégénéré en affrontements 
meurtriers avec la police. D'après l'ONG Human Rights Watch, 43 
personnes sont mortes dans ces violences, dont 37 manifestants 
et six policiers. La police congolaise a pour sa part fait état 
de 32 morts, dont 28 civils et quatre policiers. 
    Selon les déclarations du chef de l'opposition Etienne 
Tshisekedi à la télévision belge, les émeutes ont fait une 
centaine de morts. 
    Joseph Kabila, qui participe cette semaine à New York à 
l'Assemblée générale des Nations unies, s'est exprimé pour la 
première fois mercredi sur le sujet et a condamné les violences 
et offert ses condoléances aux familles des victimes. 
    "Le président lance, en définitive, un appel au calme et à 
l'apaisement, et invite toute la population à reprendre ses 
activités quotidiennes, la sécurité de tous étant à nouveau 
pleinement assurée", déclare-t-il dans un communiqué diffusé à 
la télévision nationale. 
     
    APPEL À DES SANCTIONS 
    Mercredi, quelques incidents ont encore été signalés. Des 
piles de pneus ont été brûlées dans la matinée par des jeunes en 
colère et les forces de l'ordre ont procédé à des tirs de 
sommation, a indiqué un habitant. 
    L'armée a envoyé une cinquantaine de militaires sur le 
campus universitaire pour empêcher de nouvelles manifestations. 
    La communauté internationale semble de plus en plus 
exaspérée par le gouvernement de Joseph Kabila. Le président 
français François Hollande a qualifié mardi d'"inadmissibles" 
les violences commises en RDC et évoqué "des exactions venant de 
l'Etat congolais lui-même".   
    Le Conseil de sécurité des Nations unies a invité mercredi 
les autorités congolaises à la plus grande prudence, appelant 
les dirigeants du pays à ne pas exacerber les tensions. 
    Les Etats-Unis ont pour leur part fait savoir mardi qu'ils 
étaient prêt à imposer "de nouvelles sanctions ciblées" à 
l'encontre des personnes impliquées dans les violences après les 
sanctions imposées en juin contre un responsable policier pour 
ce qu'ils ont décrit comme une "suppression violente de 
l'opposition".     
    Un opposant au président congolais, Moïse Katumbi, a appelé 
à l'adoption de sanctions internationales contre les 
responsables policiers impliqués dans la mort de manifestants 
lors des émeutes de lundi et mardi. 
    Le candidat déclaré à l'élection présidentielle, en exil 
depuis juin, réclame l'envoi d'une "commission indépendante" de 
l'Onu en RDC pour enquêter sur leur mort. Il demande également 
des sanctions de l'Union africaine et de la communauté 
internationale contre les principaux responsables de la 
sécurité, dont le ministre de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba. 
 
 (Avec Kenny Katombe à Kinshasa, Michelle Nichols aux Nations 
unies, Jonathan Landay à Washington et Joe Bavier à Abidjan; 
Henri-Pierre André, Danielle Rouquié et Julie Carriat pour le 
service français) 
 

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