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Querelle sur le départ au Maroc d'un centre d'appels

Reuters27/07/2012 à 18:51

QUERELLE AU PS SUR LE DÉPART AU MAROC D'UN CENTRE D'APPELS

PARIS (Reuters) - La décision de la région Ile-de-France, dirigée par le Parti socialiste, de choisir un centre d'appels téléphonique au Maroc pour remplacer une société française provoque des critiques de la droite et des réactions divergentes de l'exécutif.

Rejetant la "surenchère protectionniste", François Hollande a estimé vendredi que les règles avaient été respectées et n'a pas demandé explicitement que la décision soit revue.

Il a cependant émis un voeu.

"Je demande à tous les responsables publics d'être très attentifs, chaque fois qu'il est possible, en fonction des règles (...) qu'il y ait un choix qui puisse être favorable au travail en France", a-t-il dit à la presse en marge d'un déplacement dans les Yvelines.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg est allé plus loin en demandant au président de la région, Jean-Paul Huchon, de revoir la décision qui vise un centre d'appels destiné à informer chômeurs et titulaires des minima sociaux sur leurs droits aux transports.

"J'ai dit à monsieur Jean-Paul Huchon qu'il était utile de reconsidérer la décision, en remettant l'appel d'offres sur le métier. Nous nous battons pour relocaliser des emplois, ce n'est pas pour accepter qu'on les délocalise", a dit Arnaud Montebourg sur Europe 1.

Jean-Paul Huchon, président de la région depuis 1998, a répondu que l'appel d'offres avait été passé dans les formes légales imposées au plan européen, qui interdisent de faire de la localisation des emplois un critère de choix.

Il explique avoir écrit au gouvernement pour lui demander de modifier la loi et changer le code des marchés publics sur ce point, mais n'envisage pas de revoir la délocalisation.

"Jean-Paul Huchon étudiera toutes les voies légales possibles pour faire face à cette situation. Il évoquera les suites à y donner avec l'ensemble des élus", écrit-il.

PROTESTATIONS DE L'UMP ET DU FN

La droite et l'extrême droite protestent. L'ex-ministre UMP et élue régionale Valérie Pécresse a estimé que la gauche était prise en flagrant délit de contradiction.

Il est possible, dit-elle, d'introduire dans l'appel d'offres des "critères sociaux suffisamment précis et exigeants pour privilégier les emplois localisés sur notre territoire".

Le groupe UMP souhaite donc que le conseil régional revienne sur sa décision concernant ce marché.

Florian Philippot, vice-président du Front national, estime que la gauche accepte de fait la délocalisation d'un service public.

"Si les règles, selon l'expression de François Hollande, se traduisent par le chômage de masse, alors il faut changer les règles, et non se contenter d'en commenter passivement les conséquences les plus nocives", dit-il dans un communiqué.

Les services de la région soulignent que le prestataire choisi au Maroc est un groupement d'entreprises à direction française et que la société qui perd le marché, Webhelp, opère aussi au Maroc, en Algérie et en Roumanie.

WebHelp assure que 80 emplois seraient menacés par la décision de la région Ile-de-France à Fontenay-le-Comte (Vendée) et Saint-Avold (Moselle).

L'emploi dans les centres d'appels téléphoniques fait l'objet de discussions, France Télécom jugeant par exemple possible de rapatrier ses centres à condition de pouvoir les faire fonctionner 24 heures sur 24.

Le gouvernement présentera à la rentrée des mesures de soutien aux opérateurs pour éviter les suppressions d'emplois dans le secteur et relancer l'investissement.

Le conflit intervient alors que le gouvernement est confronté à une vague de plans de suppressions d'emplois, qui ont contribué à amener le chômage français à son plus haut niveau depuis août 1999.

Si le patronat met en avant le coût du travail, qui serait trop élevé, le gouvernement et le président Hollande réfutent à ce stade cette analyse, soulignant que certaines sociétés étrangères prospèrent en France avec les coûts en question.

Un rapport a néanmoins été commandé à l'industriel Louis Gallois pour la rentrée. Il est possible qu'une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) -un impôt prélevé en pourcentage sur tous les revenus- envisagée par Matignon, compense en partie une baisse des charges patronales.

Thierry Lévêque, Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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