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PSA convoque un comité d'entreprise sur les transferts d'Aulnay

Reuters05/02/2013 à 15:39

ARNAUD MONTEBOURG JUGE INELUCTABLE LA FERMETURE DU SITE PSA D'AULNAY-SOUS-BOIS

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën réunira le 15 février un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire pour accélérer les mutations d'Aulnay-sous-Bois vers le site voisin de Poissy (Yvelines), une mesure qui pourrait précipiter la fermeture de l'usine de Seine-Saint-Denis.

Face aux tensions qui règnent sur place entre grévistes et non-grévistes, trois syndicats du constructeur automobile avaient demandé que soit inscrit au menu des négociations sur le plan social, mardi, la question d'un déblocage anticipé des transferts provisoires vers Poissy.

Les organisations syndicales y étaient jusqu'ici opposées, mais la dégradation du climat dans l'usine, toujours à l'arrêt, les a conduit à revoir leur position.

"Notre demande n'est motivée que par le contexte à Aulnay", explique au téléphone Franck Don, représentant CFTC chez PSA. "Dans l'usine, il y a des gens qui ont peur, et avant qu'un évènement plus grave ne survienne, on ne pouvait rester sans rien faire."

La direction de PSA Aulnay a précisé que le CCE aurait lieu le 15. Selon Franck Don, cette réunion sera suivie le 20 d'un comité de groupe européen sur l'alliance avec General Motors, puis le lendemain d'un CCE sur le même sujet.

Pour réduire ses surcapacités, PSA a programmé pour juin 2014 l'arrêt définitif de son site proche de Paris, où il assemble les petites Citroën C3. Première fermeture d'usine automobile en France depuis plus de vingt ans, cette annonce avait provoqué en juillet dernier un choc dans l'opinion sur fond de désindustrialisation du pays.

L'usine a continué de produire après l'été, mais la situation s'est dégradée depuis le début de l'année. Le départ anticipé des 1.500 salariés que PSA s'est engagé à reclasser à Poissy, sur un effectif total de 3.000 personnes, pourrait avancer le passage de deux équipes de production à une seule, antichambre d'un arrêt total des opérations.

AULNAY TOUJOURS À L'ARRÊT

La production, arrêtée depuis vendredi après-midi, n'avait pas encore repris mardi matin, selon la direction du site. L'usine avait redémarré la semaine dernière après dix jours de fermeture, mais au compte-gouttes seulement.

La CGT, qui accuse la direction de PSA de manoeuvres d'intimidation, organise mardi après-midi une manifestation à Aulnay en présence de leaders politiques de gauche, comme Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, ou encore Nathalie Arthaud, de Lutte ouvrière.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a jugé pour sa part la fermeture de l'usine d'Aulnay inéluctable, tout en critiquant à nouveau la méthode du groupe sochalien.

"En tout cas nous n'avons pas trouvé d'autre solution", a-t-il déclaré mardi sur RTL. "Aujourd'hui, nous ne savons pas faire autrement."

Il a précisé que l'Etat avait réclamé un "reformatage" du plan social, qui concerne quelque 3.000 salariés, afin d'en limiter la taille.

"Nous demandons à PSA que personne d'Aulnay et de Rennes (...) n'aille à Pôle emploi (...) c'est-à-dire qu'on trouve des mesures de réindustrialisation sur les deux sites pour qu'il n'y ait pas de rupture du contrat de travail", a-t-il précisé.

Pour les 1.500 salariés de l'usine qui ne partiront pas à Poissy, PSA s'est engagé à rechercher des offres d'emplois locales, notamment dans la logistique.

Arnaud Montebourg a également répété que PSA avait "trop tardé" et "dissimulé" la réalité de sa situation. "La conséquence maintenant c'est qu'on est obligé en effet de prendre des mesures de redressement", a-t-il dit.

A contrario, le ministre a montré plusieurs fois en exemple le cas de Renault, qui a selon lui pris les devants pour améliorer sa compétitivité afin d'éviter un plan social.

Le groupe au losange poursuit mardi ses négociations sur un accord visant à pérenniser toutes ses usines en France en échange d'un gel des salaires, d'un allongement du temps de travail, d'un élargissement du système de mobilité et d'une réduction d'effectifs de 8.200 personnes par des départs naturels.

Renault aimerait conclure sous peu, mais parmi les syndicats, la CGT a prévenu qu'elle ne signerait pas. La CFE-CGC se dit plus confiante sur l'issue des négociations, mais estimait lundi soir le compte n'y était pas encore.

Le gouvernement, principal actionnaire de Renault dont il a loué à plusieurs reprises la méthode, se veut quant à lui optimiste. "On reste serein quand au déroulement du dialogue et au fait qu'à terme les partenaires des deux côtés pourraient tomber sur un accord", a-t-on appris de source gouvernementale.

Plusieurs syndicats ont appelé à des débrayages et à des rassemblements sur les sites Renault. Peu suivi mardi matin à Maubeuge, le mouvement l'était nettement plus à Douai, autre site du Nord plus incertain sur le futur plan produits qui lui sera alloué.

Selon un tract de la CGT, des salariés du centre d'essai de Lardy (Essonne) doivent arriver en début d'après-midi par car sur le site de moteurs de Cléon (Seine-Maritime), où le syndicat a appelé à une opération "usine morte".

Gilles Guillaume, avec Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau à Paris, Pierre Savary à Lille, édité par Jean-Michel Bélot

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