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Présidentielle en Bolivie: malaise face à la lenteur du décompte des voix
AFP21/10/2019 à 20:05

Opérations de dépouillement dans un bureau de vote de La Paz le 20 octobre 2019 ( AFP / JORGE BERNAL )

Le malaise était perceptible lundi en Bolivie face à la lenteur des autorités électorales à publier le résultat définitif de la présidentielle de la veille, Washington appelant à la "transparence" et l'opposition à la mobilisation dans la rue. 

On se dirigeait dimanche soir vers un second tour inédit entre le socialiste Evo Morales, qui brigue un quatrième mandat, et le centriste Carlos Mesa, mais le silence de l'organisme électoral fait désormais craindre des fraudes. 

"Les Etats-Unis suivent avec attention le premier tour des élections en Bolivie, notamment l'interruption soudaine du décompte des voix" par le Tribunal suprême électoral bolivien (TSE), a déclaré le secrétaire d'Etat adjoint chargé de l'Amérique Latine, Michael Kozak, dans un tweet.

"Les autorités électorales devraient rétablir immédiatement la crédibilité et la transparence du processus électoral afin que la volonté du peuple bolivien soit respectée", a-t-il ajouté.

Le candidat de l'opposition à la présidentielle en Bolivie, Carlos Mesa, vote à La Paz, le 20 octobre 2019 ( AFP / JORGE BERNAL )

La transmission des résultats partiels sur le site internet du TSE a été inexplicablement interrompue dimanche peu avant 20H00 (00H00 GMT), alors que la présidente de l'institution, Maria Eugenia Choque, venait d'annoncer que le chef de l'Etat était en tête du premier tour, avec 45,28% des voix, suivi par le centriste Carlos Mesa, avec 38,16% des votes, sur la base de 84% des bulletins dépouillés.

Lundi matin, dans l'entrée de l'hôtel de La Paz où étaient réunies les autorités électorales, le principal adversaire d'Evo Morales a dénoncé devant les médias "une manipulation qui met en péril la démocratie". Carlos Mesa, 66 ans, qui revendique être au second tour, a appelé à la "mobilisation citoyenne jusqu'à ce que le résultat final soit connu". 

- Vote rural -

"Nous n'avons pas peur !" et "Fraude! Fraude!", scandaient des dizaines de ses partisans à l'extérieur du bâtiment, a constaté l'AFP. 

Des partisans du président bolivien Evo Morales, après l'annonce de résultats partiels, au palais présidentiel à La Paz le 20 octobre 2019 ( AFP / JORGE BERNAL )

Des manifestations et veillées citoyennes avaient lieu depuis dimanche soir devant les centres électoraux à La Paz, Potosi (sud), Cochabamba (centre) et Santa Cruz (est), selon les médias locaux.  

"Si ce pays sombre dans une guerre civile, ce sera la responsabilité du gouvernement", a lancé de son côté le dirigeant du Comité national de défense de la démocratie (Conade, organisation citoyenne proche de l'opposition), Waldo Albarracin.

"Il est crucial que ce processus se déroule de manière (...) transparente", a réagi lundi sur Twitter l'Organisation des Etats américains (OEA), qui avait déployé une centaine d'observateurs internationaux.

Côté gouvernement, le ministre de la Communication Manuel Canelas, a appelé à attendre le résultat final du TSE, soulignant qu'"aucun de nous n'a intérêt à faire monter la tension".  

Dimanche soir, depuis le palais présidentiel dans le centre de La Paz, le chef de l'Etat de 59 ans avait dit, lui, faire confiance au vote des zones rurales pour éviter un second tour. 

- "Usure" du gouvernement - 

Pour cela, le candidat en tête doit obtenir la majorité absolue ou au moins 40% des voix avec 10 points de pourcentage d'écart sur le second.

Fiche pays de la Bolivie : chiffres-clés, croissance, inflation, commerce extérieur, perception de la corruption ( AFP / )

"Ca semble désormais très difficile que le résultat change. Il faudrait que 75% des votes manquant soient en faveur du MAS (parti au pouvoir) et cela ne va pas arriver, car il y a une usure" du gouvernement, soulignait l'analyste Daniel Valverde. 

Huit candidats étaient en lice contre Evo Morales dans ce pays de 11,3 millions d'habitants où le vote est obligatoire. 

La décision de M. Morales de briguer un quatrième mandat, malgré le "non" lors du référendum de février 2016, est très mal vue par une partie des Boliviens et critiquée par l'opposition, qui estime que le pays pourrait verser dans l'autocratie en cas de nouvelle victoire. 

En outre, les gigantesques incendies qui ont récemment ravagé une zone presque de la taille de la Suisse ont provoqué l'indignation des peuples indigènes, qui accusent Evo Morales d'avoir sacrifié la Pachamama, la Terre mère en langue quechua, pour étendre les terres agricoles et augmenter la production de viande destinée à la Chine.

Les défenseurs de l'environnement mettent en cause une récente loi autorisant une augmentation de 5 à 20 hectares de la déforestation par brûlis. 

Les 7,3 millions d'électeurs boliviens ont voté dimanche pour leur président et vice-président, ainsi que pour leurs 130 députés et 36 sénateurs.

rb-pb-tup/stb

1 commentaire

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  • godste
    21 octobre22:19

    Evo Morales !! une dictature communiste déguisée en modifiant de force la constitution contre l'avis du peuple et en plus il autorise le brulis.....................curieusement on préfère parler de Bolsaro élu à la régulière lui ......mais il est de droite...

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