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Premières armes françaises livrées au Liban début 2015

Reuters05/11/2014 à 20:09

* Paris va former les forces libanaises pendant dix ans * Volet terrestre, aéromobile, naval et renseignement * La stabilité du Liban, enjeu pour Ryad et Paris par Marine Pennetier PARIS, 5 novembre (Reuters) - La France effectuera une première livraison d'armes au Liban au premier trimestre 2015 et assurera la formation des forces armées libanaises pendant dix ans, a-t-on appris mercredi auprès de l'entourage du ministre français de la Défense. Paris et Ryad ont signé mardi un contrat de livraison d'armes françaises au Liban de trois milliards de dollars, financé intégralement par l'Arabie saoudite, pour aider Beyrouth à moderniser ses forces armées insuffisamment équipées face aux répercussions du conflit syrien et la menace djihadiste ( ID:nL6N0SU3FC ). L'entrée en vigueur de ce contrat devrait intervenir dans les semaines qui viennent, indique une source proche de Jean-Yves Le Drian. "Il y a encore un certain nombres d'ajustements à faire avec les forces armées libanaises, peut-être sur la quantité, mais ça devrait être assez rapide", dit cette source. "On vise une première livraison à partir du 1er trimestre 2015, puis une livraison à peu près tous les six mois pendant 36 mois, jusqu'à la fin, avec la livraison des hélicoptères". Le volet terrestre prévoit la livraison de véhicules de l'avant blindés (VAB), de moyens de communication tactique et stratégique, d'artillerie lourde (Caesar), de missiles antichars, de mortiers et d'équipements individuels. Le plan d'aide comprend également un volet aéromobilité (hélicoptères de combat, hélicoptères lourds de transport...), un volet naval (patrouilleurs) et un volet renseignement, communication et surveillance des frontières, indique-t-on à la Défense, précisant que des drones de surveillance seraient également livrés. "SOUS-EQUIPEES" Les forces armées libanaises "sont sous-équipées, sous entraînées pour remplir leurs missions, sécuriser le Liban, se renseigner sur les mouvements terroristes qui commencent à rentrer dans le pays", souligne-t-on à Paris. "Cela nécessite un effort de modernisation des forces armées libanaises qui est significatif, même colossal". Depuis le début du conflit syrien, qui a fait plus de 180.000 morts en trois ans selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), le Liban connaît une vague de violences et de tensions entre musulmans sunnites pro-rebelles et musulmans chiites proches du Hezbollah, allié du régime syrien de Bachar al Assad. Des affrontements entre l'armée libanaise et des activistes islamistes se sont produits fin octobre à Tripoli, grande ville du nord du Liban, et à Ersal, ville de la plaine de la Bekaa où des islamistes ont tué en août une vingtaine de militaires libanais et en ont capturé plus de 30 autres. La stabilité du Liban est un enjeu pour Ryad et Paris, qui souhaitent "s'assurer que le Liban ne soit pas plus affecté qu'il ne l'est déjà par la crise syrienne en renforçant l'armée libanaise, perçue comme le meilleur garant de cette stabilité", indique-t-on à Paris. En signant leur don de trois milliards d'euros, les Saoudiens ont imposé "un certain nombre d'exigences : le fait que tout devait servir à moderniser les forces armées libanaises, qu'il ne devait pas y avoir de déperdition d'argent dans l'opération, et que la France devait assurer la formation des forces libanaises", précise une source française. Au delà de la formation technique sur le plan matériel prévue dans le cadre du contrat, la France s'est donc engagée à fournir une formation opérationnelle sur dix ans, une période qui correspond à la période de maintenance du matériel et d'appui aux forces armées libanaises. Annoncé fin 2013, le contrat, d'une "importance rarement égalée" selon Paris, a mis du temps à être formalisé, en raison selon plusieurs sources, des craintes de Ryad de voir les armes françaises tomber entre les mains du mouvement chiite Hezbollah. "Je ne sais pas comment le Hezbollah va partir avec un Ceasar si nous sommes présents", a dit une source française. "Le fait qu'on accompagne ce contrat jusqu'à son terme c'est aussi une forme d'assurance, de réassurance envers le client et nos partenaires" dans la région. (Edité par Yves Clarisse)


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