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Pour Sarkozy l'anti-sarkozysme est une construction médiatique

Reuters12/04/2012 à 09:54

SARKOZY CONSIDÈRE L'ANTI-SARKOZYSME COMME UNE CONSTRUCTION MÉDIATIQUE

PARIS (Reuters) - A dix jours du premier tour de l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy estime dans une longue interview publiée jeudi par le Parisien que "l'anti-sarkozysme", qui pourrait peser lourd dans les urnes, n'est qu'une "construction médiatique".

Interrogé par des lecteurs du quotidien, le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, se défend d'avoir créé des tensions dans la société française, comme l'en accusent ses détracteurs.

"L'anti-sarkozysme primaire, c'est une construction médiatique. Je n'ai pas tout réussi mais je me suis battu de la première minute de mon quinquennat jusqu'à la dernière (...) pour que la France tienne debout", déclare-t-il.

Les sondages donnent Nicolas Sarkozy en tête des intentions de vote au premier tour, devant son rival socialiste François Hollande, qui est cependant toujours crédité d'une victoire confortable au second.

Les deux hommes organisent dimanche à Paris, le premier place de la Concorde, le second au pied du château de Vincennes, des meetings géants en plein air, qui leur permettront de mesurer l'état de leurs forces à une semaine du premier tour.

"M. Hollande ne crée pas de tension, ça c'est sûr. Il ne dit rien", ironise le président : "'J'attends, voilà, Sarkozy est mauvais'. C'est tout. Ça ne suffit pas à faire un programme !"

Il se montre en revanche de nouveau élogieux pour le candidat du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, à la lutte avec la candidate du Front national, Marine Le Pen, pour la troisième place sur le podium du 22 avril.

"Je ne partage aucune de ses idées. Mais, dans son appréhension des choses humaines, je dois dire que je ne lui reproche rien", dit-il. "Il n'a pas eu peur de reconnaître qu'il aimait le travail d'artiste de Carla (NDLR : l'épouse du chef de l'Etat). Ça s'appelle de l'humanité."

Il n'en admet pas moins que son insistance à complimenter Jean-Luc Mélenchon, dont la percée pèse sur la campagne de François Hollande, relève de la tactique politique.

PAS AU COURANT DE L'AFFAIRE DU CARLTON

"Moi, de la tactique politique ?" répond-il au lecteur qui l'interroge à ce sujet. "Bien sûr, c'est évident. Mais vous ne me reprocheriez pas de vouloir gagner, quand même ?"

Il assure en revanche ne "pas du tout" avoir été au courant de l'affaire du Carlton de Lille, dans laquelle l'ex-directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn, un temps pressenti pour porter la bannière du PS à la présidentielle avant sa mise en cause dans une affaire de crime sexuel à New York en mai 2011, a été mis en examen pour proxénétisme aggravé.

"Je vous donne ma parole d'honneur. Je n'étais pas au courant", dit Nicolas Sarkozy. "Je ne suis pas intime de M. Strauss-Kahn. On savait qu'il y avait des imprudences. Il y avait eu un problème avec (une) collaboratrice au FMI, il y avait aussi la journaliste Tristane Banon. Ça dépasse l'entendement. C'est un désastre à tout point de vue."

Nicolas Sarkozy affiche pour sa part la transparence dans sa vie privée et dit avoir été "en rupture" avec ses prédécesseurs à l'Elysée sur ce chapitre : "J'ai divorcé, je me suis marié, j'aurais pu dissimuler, jouer la comédie. Certains ont eu des doubles vies, c'était mieux ?" dit-il. "Ce qui était possible il y a trente ans ne l'est plus."

Il affirme néanmoins avoir "du tempérament" - "Dans la période qu'on vit, avoir du tempérament, de l'énergie, de la force, c'est un atout. La dissimulation, le mensonge, l'hypocrisie, c'était le siècle d'avant."

Nicolas Sarkozy exprime enfin des réserves sur la proposition du candidat du MoDem, François Bayrou, d'un financement public intégral des campagnes présidentielles pour éviter tout soupçon de financement occulte.

"Aujourd'hui, la moitié du financement est publique, l'autre est assurée par les militants. Moi, cet équilibre me semble honnête", dit-il. "Je ne pense pas qu'on doive (...) demander (aux contribuables) sur (leurs) impôts de financer la totalité de la campagne de Marine Le Pen ou celle de Jean-Luc Mélenchon."

Emmanuel Jarry, édité par Jean-Philippe Lefief

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