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Pour l'IGPN, la polémique sur la sécurité à Nice est infondée

Reuters27/07/2016 à 21:23
    * Le service d'ordre était correctement dimensionné 
    * 64 policiers nationaux se trouvaient bien sur la "Prom'" 
    * Le renseignement n'avait pas signalé de menace 
    * Les polémiques sont nées d'une "mauvaise interprétation" 
 
 (Actualisé avec réaction Estrosi) 
    PARIS, 27 juillet (Reuters) - Le service d'ordre était 
correctement dimensionné le soir de l'attaque au camion à Nice 
le 14 juillet dernier et les polémiques sur le dispositif mis en 
place sont le fruit d'une mauvaise compréhension, a déclaré 
mercredi la directrice de l'Inspection générale de la police 
nationale (IGPN). 
    "En l'absence de risque particulier signalé par le 
renseignement territorial" à Nice, le dispositif de sécurité, 
axé sur "l'hypothèse d'agresseurs piétons et armés s'en prenant 
à la foule", était satisfaisant, conclut l'IGPN dans un rapport. 
    Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait saisi "la 
police des polices" pour une "évaluation technique" des mesures 
de sécurité afin de couper court à une polémique sur les moyens 
mis en oeuvre le soir des festivités du 14 juillet sur le 
promenade des Anglais, où 84 personnes sont mortes. 
    "Pour un événement qui n'était pas exceptionnel (...) sans 
connaissance de menace particulière, le service d'ordre n'était 
pas sous-dimensionné", a affirmé Marie-France 
Moneger-Guyomarc'h, directrice de l'IGPN. 
    "Les polémiques sur les chiffres des effectifs ou le 
positionnement des équipages sont le fruit d'une mauvaise 
compréhension ou d'une mauvaise interprétation des informations 
peut-être pas complètement stabilisées qui ont été rapidement 
fournies dans un souci évident de transparence", a-t-elle estimé 
lors d'une conférence de presse. 
    Des familles et des proches de victimes ont déposé plainte 
contre l'Etat, la ville de Nice et l'organisation des 
festivités, dénonçant des manquements à la sécurité. 
 .  
    L'ancien maire de Nice Christian Estrosi, président de 
Provence-Alpes-Côte d'Azur, a accusé par ailleurs Bernard 
Cazeneuve de "mensonge d'Etat" sur les effectifs policiers le 
soir du drame. 
    Dans un communiqué, il a déclaré que le rapport de l'IGPN ne 
répondait pas aux interrogations des familles de victimes. 
    "Ce rapport indique que toutes les forces de l'ordre 
présentes ont fait de leur mieux ; sur ce point personne n'a 
jamais dit le contraire (...) pour nous, cette enquête 
administrative concluant que 'le dispositif n'était pas 
sous-dimensionné' le 14 juillet au soir à Nice ne saurait être 
suffisant pour répondre aux interrogations légitimes des 
familles des victimes, a-t-il dit. 
     
    PAS DE FORCES MOBILES CETTE ANNÉE 
    La polémique entre la place Beauvau et Nice s'est durcie 
après qu'une policière municipale, responsable du dispositif de 
vidéosurveillance à Nice, eut affirmé dans Le Journal du 
Dimanche avoir subi des pressions de l'Intérieur pour modifier 
son rapport sur le déploiement des forces de l'ordre le soir du 
14 juillet.   
    Le ministre de l'Intérieur a porté plainte pour diffamation 
contre la jeune femme et le parquet de Nice a ouvert mardi une 
enquête préliminaire pour abus d'autorité à la suite d'un 
signalement de la fonctionnaire.   
    Marie-France Moneger-Guyomarc'h a certifié que 64 policiers 
nationaux se trouvaient dans le périmètre sécurisé et piétonnier 
de la "Prom'" où le camion a surgi 15 minutes après la fin du 
feu d'artifice. Ils étaient appuyés par 42 policiers municipaux. 
    Toutefois, contrairement à juillet 2015, où 60 gendarmes 
mobiles et 37 CRS avaient été dépêchés en renfort pour la fête 
nationale, la demande de la préfecture des Alpes-Maritimes d'une 
unité de force mobile pour cette année n'a pas été satisfaite, 
la ville de Nice n'étant pas jugée "à risque". 
    En conséquence, la Direction départementale de la sécurité 
publique (DDSP) avait quasi multiplié par deux ses effectifs en 
faisant appel à des formateurs, chargés de prévention, cadets, 
"inhabituellement employés sur ce type de mission". 
    Malgré la "pertinence objective" de l'organisation 
(déviation de circulation, barriérage, points de contrôle, 
patrouilles...) elle "s'est avérée inadaptée à un mode 
opératoire inédit sur le territoire national". Les services, qui 
ont tenu quatre réunions préparatoires, n'avaient pas travaillé 
sur le scénario d'un véhicule bélier au vu de la nature de 
l'événement et de la configuration des lieux, dit le rapport. 
     
    LA DIFFICILE SANCTUARISATION DES ESPACES PUBLICS 
    L'IGPN souligne la réactivité des forces de l'ordre pour 
mettre hors d'état de nuire le chauffeur du poids lourd tout en 
précisant que "la fulgurance de l'action terroriste", signalée 
en amont par l'équipage d'un véhicule de la police municipale, 
"a empêché la transmission et la réception de l'information par 
radio dans des conditions de nature à leur permettre la 
compréhension immédiate de l'intensité de l'agression". 
    "Sous réserve des résultats de l'enquête judiciaire en 
cours, il semble que seuls les policiers nationaux aient fait 
usage de leurs armes", note l'IGPN, précisant qu'elle n'a pu 
établir à partir de quel moment le camion a commencé à circuler. 
Les auteurs du rapport n'ont pas eu accès aux images de 
vidéosurveillance. 
    "Seule l'enquête judiciaire permettra d'établir s'il y a 
anomalie dans le repérage et l'interception d'un véhicule qui ne 
devait pas circuler dans Nice ce jour-là", écrivent-ils. 
    On souligne à l'IGPN la "très grande difficulté" de 
"sanctuariser un espace à contrôle d'accès systématique": "50  
gendarmes ou policiers de plus, ça n'aurait rien changé." 
     
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 

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