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Pas de temps à perdre pour les réformes, selon Laurence Parisot

Reuters06/02/2013 à 14:12

PAS DE TEMPS À PERDRE POUR LA RÉFORME DE L'ASSURANCE CHÔMAGE ET DES RETRAITES, SELON LE MEDEF

PARIS (Reuters) - Le gouvernement et les partenaires sociaux doivent s'attaquer sans attendre à la réforme de l'assurance chômage et des retraites pour assurer la pérennité du système social français, a déclaré mercredi la présidente du Medef, Laurence Parisot.

Medef et CFDT sont d'ores et déjà d'accord pour mettre rapidement en place un groupe de travail sur l'assurance chômage, la convention établissant les règles d'indemnisation des demandeurs d'emploi prenant fin à la fin 2013, a précisé la dirigeante de la première organisation patronale française.

"La situation financière du pays reste vraiment très fragile", a-t-elle déclaré lors d'une rencontre organisée par le mensuel Enjeux-Les Echos. "Il nous faut des réformes structurelles, on ne peut pas se contenter de tourner les petits boutons qu'on manipule classiquement depuis des décennies."

"Sur l'assurance chômage, il nous faut une réforme profonde, vraiment une transformation du système", a-t-elle ajouté.

Creusé par une croissance économique atone et la dégradation continue de l'emploi, le déficit de l'assurance chômage devrait presque doubler cette année pour atteindre 5 milliards d'euros, ce qui portera sa dette à 18,6 milliards fin 2013, selon son gestionnaire, l'Unedic.

Face à cette dégradation, la Cour des comptes a estimé que le rétablissement financier devait passer par une révision de l'ensemble des paramètres : ouverture des droits, durées de cotisation, niveau de cotisation et d'indemnisation...

Elle a recommandé un taux de cotisation majoré pour les employeurs ayant le plus recours aux contrats à durée limitée (CDD et intérim), une mesure esquissée dans l'accord sur l'emploi conclu par les partenaires sociaux, et une baisse du taux de remplacement pour les indemnisations les plus élevées.

REPOUSSER L'ÂGE LÉGAL DE LA RETRAITE

Sur ce dernier point, Laurence Parisot a estimé qu'il ne fallait pas prendre le problème par "le petit bout de la lorgnette", en soulignant que les cadres étaient aussi ceux qui cotisaient le plus à l'assurance chômage, une prudence partagée par des économistes comme par exemple à l'OFCE.

"Sur les retraites, il n'y a pas d'autre solution que d'allonger la durée de cotisation et de repousser l'âge légal", a déclaré Laurence Parisot. "On ne va pas pouvoir retarder la question de la grande réforme du régime général des retraites."

Le déficit des retraites devrait dépasser 21 milliards d'euros en 2017, selon le Conseil d'orientation des retraites, alors que la réforme de 2010 prévoyait l'équilibre en 2018.

Le gouvernement a décidé d'ouvrir ce dossier dans le cadre de la conférence sociale en juillet.

Selon un sondage CSA publié mardi, 60% des Français considèrent que le report à 65 ans de l'âge légal de départ à la retraite, contre 62 prévu par la réforme de 2010, sera à terme nécessaire.

Les comptes sociaux figurent aux côtés des comptes de l'Etat et des collectivités locales dans le calcul du déficit public de la France, que le pays s'est engagé à ramener de quelque 4,5% du produit intérieur brut fin 2012 à 3% fin 2013, une mission quasi impossible en raison de la faiblesse de la croissance économique, selon la plupart des économistes.

Le gouvernement continue pour l'instant de prévoir une baisse du déficit à 3% fin 2013, soutenue par une croissance du PIB de 0,8%. Cette dernière prévision, très supérieure au consensus d'économistes et aux prévisions des institutions internationales, sera réexaminée par le gouvernement français, sans aucun doute à la baisse, d'ici la présentation du nouveau programme de stabilité de la France en avril.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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