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Pas de coup de pouce du smic, mais un nouveau calcul

Reuters17/12/2012 à 15:21

LES HAUSSES DU SMIC

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français n'augmentera le salaire minimum que de 0,3% au 1er janvier, ce qui correspond à la stricte augmentation légale, mais prépare un nouveau mécanisme de calcul qui tiendra mieux compte du coût de la vie des foyers modestes.

Il a dans le même temps renoncé à une indexation automatique de la revalorisation du smic sur la croissance, qui risque d'être très faible en 2013.

Le chiffre de 0,3% a laissé sur leur faim les syndicats CGT et FO, qui réclamaient un "coup de pouce" substantiel, estimant que des salaires plus élevés favorisent la consommation et donc la croissance.

"Cette augmentation, c'est autour de 2,5 centimes de plus de l'heure. Je ne comprends pas un gouvernement, quel qu'il soit, qui puisse défendre une si faible augmentation", a dit le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, sur Europe 1.

Le smic horaire passera à 9,43 euros à partir du 1er janvier, soit 1.430,22 euros bruts mensuels pour les salariés aux 35 heures, de sorte que l'augmentation sera inférieure à 5 euros, avec moins de 3 centimes de plus par heure de travail.

Le ministre du Travail, Michel Sapin, a toutefois rappelé que le smic avait augmenté de 2% au mois de juillet 2012, avec un "coup de pouce" de 0,6%.

Au total, sur l'année, "le smic aura progressé de 2,3% et, compte tenu de l'inflation de + 1,3% constatée sur l'année, cette hausse globale correspond à un gain de pouvoir d'achat de 1% pour les 2,6 millions de salariés rémunérés au smic", a-t-il souligné lors d'une conférence de presse.

Depuis 1970, le smic est recalculé chaque année pour suivre l'évolution des prix à la consommation et celle du pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier, un mécanisme auquel le gouvernement peut ajouter un coup de pouce supplémentaire.

Michel Sapin avait auparavant présenté aux partenaires sociaux un toilettage, moins important que prévu, des règles de revalorisation du smic qu'il exposera au conseil des ministres du 19 décembre prochain.

INFLATION CIBLÉE SUR LES FAIBLES REVENUS

Le ministre, pour qui la réforme a été approuvée par la "quasi totalité" des partenaires sociaux, veut retenir un indice d'inflation "ciblé sur les salariés à faible revenu" pour mieux prendre en compte les dépenses contraintes (loyer, énergie)".

En outre, le salaire horaire de référence basé sur les ouvriers sera élargi aux employés, la part des premiers dans l'emploi salarié ayant fondu entre 1980 et 2008.

"Ce n'est pas une révolution, mais c'est une évolution qui permettra d'être mieux en adéquation avec la vraie évolution des prix" pour les catégories concernées, a dit Michel Sapin.

Sur la question de la croissance, le ministre a rappelé que le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avaient souhaité une meilleure prise en compte de cette dernière dans le calcul du smic.

Il a toutefois écarté "une obligation d'indexation sur la croissance", en premier lieu "parce que l'indice lui-même est peu stable", les prévisions de croissance étant rarement confirmées un an plus tard.

"On ne peut pas mettre en place des indexations par rapport à des indices qui, d'un point de vue technique, peuvent être brutalement remis en cause", a-t-il dit, affirmant qu'aucun des partenaires sociaux ne souhaitait une indexation automatique.

En revanche, "le jour venu, avec une croissance plus forte, il sera évidemment nécessaire que l'augmentation du smic permette aux smicards aussi de participer aux fruits de la croissance", avait précisé le ministre dimanche.

Benoît Roger-Vasselin, responsable de la négociation sociale au Medef, s'est félicité de voir que le gouvernement avait repris les préconisations du groupe d'experts chargé de dépoussiérer la règle de calcul.

Reconnaissant que la hausse de 0,3% au premier janvier pouvait décevoir les salariés, il a estimé que la contrepartie était "le maintien de l'emploi".

"Un coup de pouce n'était pas possible compte tenu de l'état de l'économie française", a-t-il dit aux journalistes.

Mais pour Paul Fourier, le représentant de la CGT à la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), l'augmentation annoncée est "négligeable" et "le gouvernement continue à aller dans le mauvais sens".

"Pour nous, c'est une grossière erreur que porte le patronat depuis quelques années et que le gouvernement semble trop écouter aujourd'hui", a-t-il dit.

Paul Fourier craint que le gouvernement n'assujettisse de plus en plus le "coup de pouce" du smic à la croissance, lui faisant perdre sa portée politique et son efficacité économique pour "booster la croissance".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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