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Paris veut encore discuter avant d'armer la rébellion syrienne

Reuters20/06/2013 à 20:15

par John Irish

PARIS (Reuters) - La France a besoin de se concerter plus avant avec les rebelles syriens avant de leur livrer des armes lourdes, a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Interrogé par la presse en marge du Salon aéronautique du Bourget sur la question des armes, le chef de la diplomatie française a répondu : "Nous n'avons pas encore pris notre décision".

"Nous nous concertons (...) nous avons toujours dit que nous étions là pour aider la résistance, trouver une solution politique et s'agissant des armes, il n'est pas question de livrer dans des conditions qui ne seraient pas sûres en ce qui nous concerne.

"Ça veut dire que nous n'allons pas livrer des armes pour qu'elles se retournent contre nous", a dit Laurent Fabius, qui a poursuivi : "C'est une raison pour laquelle nous avons des concertations avec le général Salim Idriss, qui est le commandant militaire sur le terrain".

Les ministres des Affaires étrangères du groupe des "Amis de la Syrie", dont font partie les Etats-Unis, la France, l'Arabie saoudite et la Turquie, doivent se réunir samedi à Doha (Qatar) pour évoquer une aide à l'Armée syrienne libre (ASL, insurgée).

Paris, qui soutient activement la rébellion syrienne, n'a pas encore choisi de l'armer, tout comme Londres, après avoir plaidé avec succès pour une levée par l'Union européenne de l'embargo sur les armes. La France a fait savoir qu'elle ne prendrait pas de décision à ce sujet d'ici le 1er août.

Sur le plan militaire, le conflit syrien, qui remonte à mars 2011 et a fait 93.000 morts selon les Nations unies, semble tourner à l'avantage des forces loyales au président Bachar al Assad depuis la chute, le 5 juin, de Koussaïr.

Ce verrou stratégique aux mains des insurgés est tombé sous les coups de butoir des forces gouvernementales et de leurs alliés libanais du Hezbollah.

"IL RESTE UN DICTATEUR"

Depuis, les forces pro-Assad portent leurs efforts en vue de reprendre Alep, la grande ville du Nord, les faubourgs de Damas et une partie du Sud.

"Dans la dernière période, surtout grâce a l'aide de l'Iran et du Hezbollah qui était très présent, il y eu la prise de Koussaïr mais les résistants sur le terrain sont extrêmement courageux", a dit Laurent Fabius. "Donc, c'est impossible d'envisager qu'il y ait tout d'un coup un succès total de Bachar al Assad. Ce n'est pas dans nos prévisions et, par ailleurs, il reste un dictateur".

Les insurgés éprouvant des difficultés à repousser l'avance des forces gouvernementales, Paris fait valoir qu'il faut agir d'urgence pour modifier l'équilibre des forces.

D'après des sources françaises, le groupe des onze pays les plus favorables aux insurgés a pris une "décision politique" pour venir en aide au général Salim Idriss mais plusieurs Etats n'ont toujours pas "coché les cases" des armes qu'ils pourraient offrir.

La France a fourni jusqu'ici au chef militaire de l'ASL une assistance non-létale comprenant des gilets pare-balles, des lunettes de vision nocturne et du matériel de communication. Elle est prête à élargir la gamme des équipements et apporter une "assistance technique" portant sur la formation à des armes sophistiquées et des renseignements.

"Plus Salim Idriss et son équipe seront soutenus, plus sa capacité à assurer une chaîne de contrôle et de commandement sera renforcée", dit-on de source diplomatique.

"Si on attend que le général ait le contrôle absolu sur les structures combattantes, évidemment on attendra très longtemps. Donc, il faut faire quelque chose de dynamique qui renforce rapidement et progressivement la capacité de l'état-major conjoint d'avoir un impact à la fois d'organisation et d'opération", ajoute-t-on de même source.

Le commandant en chef de l'ASL réclame, quant à lui, des armes antichar et des missiles de défense aérienne, affirmant qu'avec de tels moyens il serait en mesure de triompher des forces pro-Assad en l'espace de six mois.

Edité par Jean-Loup Fiévet


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