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Paris prêt à contribuer à la lutte contre les djihadistes en Irak

Reuters19/06/2014 à 21:43

LA FRANCE VEUT APPORTER SON AIDE EN IRAK ET EN SYRIE

PARIS (Reuters) - L'avancée des djihadistes sunnites de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) appelle "une réponse résolue des autorités irakiennes" qui doit aller de pair avec une réflexion politique de long terme, estime la présidence française.

La France se dit prête à renforcer son aide à l'opposition syrienne contre les groupes djihadistes dont l'activité nourrit selon elle le conflit chez son voisin irakien.

La situation des deux pays, où EIIL tente d'instaurer un califat, a été jeudi l'objet d'un conseil de défense à l'Elysée en présence des ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Laurent Fabius et Jean-Yves le Drian, et du chef d'état-major des armées, le général Pierre de Villiers.

Face à cette offensive, "une réponse résolue des autorités irakiennes est urgente et nécessaire mais ne fournit qu'une partie de la solution", estime l'Elysée dans un communiqué.

"Celle-ci doit être politique pour être durable et recevoir le soutien du Conseil de Sécurité des Nations Unies", ajoute la présidence, qui plaide pour l'instauration d'un dialogue "entre toutes les composantes de la société irakienne afin de mettre rapidement en place un gouvernement d'unité nationale".

L'IRAK, "CONSÉQUENCE" DE LA SYRIE

Paris présente la crise irakienne comme "une conséquence dramatique de la situation en Syrie", où la guerre menée par le Bachar al Assad "favorise la constitution d'une zone ouverte aux terroristes entre la Syrie et l'Irak".

La France, qui soutient l'opposition syrienne, se dit "prête à contribuer" à la lutte contre les groupes djihadistes, sans préciser la teneur de cette aide.

Elle "souhaite que les Amis de la Syrie renforcent et coordonnent leur soutien aux forces de l'opposition qui combattent aujourd'hui les groupes djihadistes. Elle est prête à y contribuer", écrit l'Elysée.

Le gouvernement du Premier ministre chiite irakien Nouri al Maliki, allié de l'Iran, a demandé l'aide militaire des Etats-Unis, ennemi historique de Téhéran.

Paris affirme pour sa part ne pas avoir été sollicité.

"S'il y a des moyens techniques qui peuvent être employés, on va voir comment on peut contribuer mais tout cela ne réussira que si une forme de processus politique est ouverte", dit un diplomate français. "En outre, la crise nécessite un traitement de long terme et c'est là que le problème syrien se pose".

"On verra en fonction des demandes, de ce que font nos partenaires et en fonction de la manière dont les menaces nous sont adressées", ajoute-t-il.

"DJIHADISTAN"

A ses yeux, le risque d'une "forme de 'djihadistan' au Moyen-Orient est réel" et "on a en Irak tout le potentiel d'une grande guerre confessionnelle".

L'Iran, tout comme l'Arabie Saoudite, puissance sunnite rivale de Téhéran, ont fait part de leurs craintes sur l'Irak et la menace qui pèse sur la sécurité et la paix dans la région.

Le sujet était au coeur de l'entretien de mercredi entre François Hollande et le prince Mitaeb, fils aîné du roi Abdallah d'Arabie Saoudite.

"Le royaume d'Arabie Saoudite est très préoccupé par la sécurité et la stabilité dans la région", a dit le prince. "Mais l'Arabie Saoudite est contre toute ingérence dans les affaires des autres pays. Ce que nous voulons le plus, c'est que les populations de la région vivent dans le calme et la stabilité."

Le dossier irakien était également au menu des rendez-vous de jeudi après-midi entre François Hollande et le président de l'Assemblée tunisienne Mustapha ben Jaafar, puis l'ancien président libanais Michel Suleiman.

Le Premier ministre turc, Recep Tayip Erdogan, est attendu vendredi à Paris.

Lundi, ce sera au tour du nouvel émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, d'entamer une visite officielle qui le verra rencontrer François Hollande avant un dîner à l'Elysée.

La France souhaite lui faire passer le message "que chacun a un rôle à jouer, une influence modératrice à exercer de telle manière que se recrée une forme d'unité nationale en Irak", dit l'entourage du président français.

(Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)

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