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Paris et Berlin tentent de s'entendre sur les banques

Reuters09/10/2011 à 14:17

par Yann Le Guernigou

BERLIN (Reuters) - Nicolas Sarkozy était attendu dimanche après-midi à Berlin pour des pourparlers de crise avec Angela Merkel, avec pour priorité de surmonter leurs divergences sur les modalités d'une recapitalisation des banques européennes.

En annonçant fin septembre son déplacement à venir dans la capitale allemande, le président français avait indiqué qu'il discuterait avec la chancelière "des voies et des moyens pour accélérer l'intégration économique de la zone euro et mettre en place le plus rapidement possible" le nouveau plan d'aide à la Grèce approuvé le 21 juillet par les Européens.

Le sujet d'une recapitalisation des banques s'est imposé depuis pour tenter de rassurer des marchés, inquiets des capacités de résistance du système bancaire européen face à la crise financière et économique du fait de son exposition aux pays les plus mal en point.

Le Fonds monétaire international, un des premiers à tirer la sonnette d'alarme, a estimé les besoins globaux du secteur entre 100 et 200 milliards d'euros.

Le ministre irlandais de l'Economie, Michael Noonan, a fait état samedi de l'existence d'un consensus sur une somme "nettement supérieure à 100 milliards".

La Commission européenne doit présenter en début de semaine des propositions pour un processus de recapitalisation coordonné des banques, qui seront soumises aux dirigeants européens réunis en sommet les 17 et 18 octobre à Bruxelles.

Comme cela est systématiquement le cas depuis le début de la crise, la France et l'Allemagne, les deux poids lourds de la zone euro, doivent d'abord caler leurs positions.

Nicolas Sarkozy soulignait le 30 septembre qu'il devait y avoir entre les deux pays "une parfaite identité de vues pour résister à la spéculation, pour résister à l'emballement des marchés et pour protéger l'Europe".

Mais l'Allemagne et la France ont jusqu'à présent défendu des approches divergentes sur le recours aux fonds publics pour renforcer les banques.

Paris préférerait avoir recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF) tandis que Berlin insiste pour réserver le fonds d'urgence européen, qui est doté de 440 milliards d'euros, à des actions de dernier ressort, comme le soutien à la Grèce.

CAPITAUX PUBLICS EN DERNIER RESSORT

Recevant vendredi le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, Angela Merkel a ainsi réaffirmé que le FESF ne devait être activé que "si un pays ne peut s'en sortir seul".

La France, dont les banques ont la plus forte exposition à la dette des pays périphériques de la zone euro, s'est employée à minimiser ces divergences en assurant que la question n'avait pas été encore discutée avec l'Allemagne.

"Notre position n'est pas différente de celle des Allemands : il faut plus de capital pour les banques, il faut que les banques trouvent d'abord en elles-mêmes les ressources, ensuite le cas échéant qu'elles trouvent des investisseurs privés extérieurs, puis en dernier ressort qu'on envisage des injections de capitaux publics", a-t-on déclaré à Bercy.

Le ministère de l'Economie et des Finances a fait valoir qu'il fallait d'abord évaluer le niveau de capital nécessaire, à quelle échéance, et que ce n'est ensuite que se posera la question des "instruments d'une éventuelle recapitalisation publique", qui n'a pas encore été abordée.

En attendant, la France n'entend pas que les débats actuels entre Européens soient limités à cette seule question. "Ça fera partie des sujets de discussions mais le sujet essentiel c'est la Grèce et la zone euro, puisque les banques, c'est une conséquence" de la crise, indiquait-on vendredi à Bercy à propos des entretiens Sarkozy-Merkel de ce dimanche.

Les deux dirigeants devraient une nouvelle fois plaider pour une mise en ouvre rapide de l'accord du 21 juillet, qui doit encore être ratifié par la Slovaquie et Malte, et ce alors que des voix commencent à s'élever pour le juger insuffisant.

Le représentant grec au FMI a ainsi estimé samedi que les besoins de financement d'Athènes seront supérieurs aux estimations actuelles et que la différence devra être comblée "soit par une augmentation du prêt de 109 milliards décidé le 21 juillet, soit par une restructuration de la dette privée".

Edité par Marc Angrand


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