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Oxfam dénonce les conditions de travail dans les plantations de thé, de fruits et de légumes
Le Monde10/10/2019 à 06:45

L'association a recueilli de nombreux témoignages pour en conclure que tous les maillons de la chaîne (distributeurs, industriels, transformateurs...) portent une responsabilité mais que, « in fine, les exploitations sont victimes de cette pression sur les prix et sur les salaires ».

La guerre des prix dans la grande distribution alimentaire fait des victimes dans le monde : « les travailleurs dans les chaînes de production du thé et des fruits et légumes qui approvisionnent certains des plus grands supermarchés », d'après l'association Oxfam, qui publie un nouveau rapport, jeudi 10 octobre.

Elle complète son analyse de 2018 par trois nouvelles études : en Inde, dans le secteur du thé ; au Brésil, dans les exploitations de mangues, raisins et melons ; aux Etats-Unis, dans la filière de la patate douce. L'association a recueilli de nombreux témoignages pour en conclure que tous les maillons de la chaîne (distributeurs, industriels, transformateurs...) portent une responsabilité mais que « in fine, les exploitations sont victimes de cette pression sur les prix et sur les salaires », estime Caroline Avan, d'Oxfam France.

En Allemagne, la grande distribution et les marques de thé s'attribuent 87 % du prix final sur une boîte de thé coûtant 2,48 euros, alors que la main-d'œuvre ne touche que 3 centimes, précise Oxfam. « A 9 centimes d'euros, les travailleurs dans les plantations en Inde pourraient avoir un salaire décent », ajoute Mme Avan.

La France épargnée

En Inde, les entretiens menés dans 50 plantations de thé ont montré « des conditions de travail extrêmement dégradées », avec des affections courantes de choléra et typhoïde dues au « manque chronique d'eau potable et d'accès à des installations sanitaires adéquates ». Mais aussi des salaires ne permettant pas de vivre dignement. « Un salaire décent en Inde, c'est 6 dollars [5,5 euros] par jour. On est à 2 dollars dans les plantations de thé », ajoute Mme Avan. La moitié des personnes interrogées vivent sous le seuil de pauvreté et « les femmes sont payées entre 5 % et 15 % de moins que le salaire moyen ».

... Retrouvez cet article sur LeMonde.fr

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