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Nous n'avons pas détricoté, mais raccommodé, dit Aubry

Reuters26/08/2012 à 15:22

SOUTIEN AU "CHANGEMENT" À LA ROCHELLE POUR LE PS

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Martine Aubry a appelé dimanche à soutenir le "changement", affirmant que la gauche depuis son retour au pouvoir il y a trois mois n'avait "pas détricoté, mais raccommodé" un pays "amoindri", selon elle, par la droite.

La première secrétaire, qui clôturait l'université d'été du PS, à La Rochelle, a plaidé pour la durée, souhaitant deux quinquennats de François Hollande.

"Très souvent, nous passons au pouvoir sans y rester. Moi je veux deux quinquennats de François Hollande. Pour réussir le changement dans la durée, le PS est une force", a-t-elle dit.

Après les compétitions pour le leadership des dernières années, l'édition 2012 de l'université d'été, marquée par le retour des socialistes au pouvoir pour la première fois depuis dix ans, s'est déroulée dans une ambiance de soutien presque obligé à l'exécutif.

Se défendant de vouloir un parti godillot, Martine Aubry a rejeté les critiques de la droite et de la gauche radicale sur l'inertie supposée du chef de l'Etat et du gouvernement, invoquant le passif laissé, selon elle, par Nicolas Sarkozy.

"La gauche succède à la droite, mais elle succède surtout à la démolition. Les conséquences sont encore là", a-t-elle dit en donnant des exemples des "bombes à retardement" laissées par la droite, comme les plans sociaux, un chômage massif et une croissance en berne.

"Nous n'avons pas détricoté, nous avons raccommodé. Aucun gouvernement de droite n'a laissé autant de boulets", a-t-elle insisté.

Au lendemain de la réunion des amis de Nicolas Sarkozy à Nice, Martine Aubry a également ironisé sur la droite "qui pense plutôt à elle-même qu'aux Français." "Nous sommes dans la réflexion, ils sont dans la génuflexion."

Presque tous les ministres ont fait le déplacement à La Rochelle, animant ateliers et séances plénières, au risque de donner à ces retrouvailles des allures de séminaire gouvernemental.

"JE NE SUIS PAS DANS L'AGITATION"

Tous les ténors du PS ont appelé à soutenir le gouvernement et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a demandé à ses ministres et aux députés socialistes et écologistes de taire leurs divergences sur le traité européen.

Pour faire mentir ceux qui lui reprochent un certain effacement, Jean-Marc Ayrault était arrivé vendredi en "guest-star" à l'espace Encan, qui accueille les travaux des socialistes, non loin du port de La Rochelle.

En jean et veste d'été, il a multiplié les déclarations et interviews, en demandant à être jugé sur la durée. "Je ne suis pas dans l'agitation et la fébrilité", a-t-il dit en réponse aux impatiences qui se manifestent à gauche.

Devant les jeunes socialistes, Jean-Marc Ayrault a défendu sa méthode, expliquant qu'il ne voulait pas, par une précipitation excessive, être contraint de devenir "le Premier ministre de l'austérité".

Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, dont la ligne de fermeté face à l'insécurité et l'immigration fait parfois grincer des dents à gauche, a assumé sans complexe devant les militants, qui l'ont à plusieurs reprises applaudi. "Je n'ai jamais eu de doutes sur le fait d'avoir le soutien et la confiance des socialistes", a-t-il dit.

La succession de Martine Aubry, qui devrait quitter la direction du PS au congrès d'octobre, figurait en filigrane des travaux.

Jean-Marc Ayrault semble avoir acté son départ. "Martine part en laissant un bilan qui fera date dans notre histoire", a-t-il dit au Journal du Dimanche. "Nous devons maintenant choisir dans l'unité un successeur."

Après avoir annoncé son départ il y a plusieurs mois, la dirigeante du PS avait paru se raviser. Elle semble cette fois prête à passer la main mais continue à ménager un léger suspense afin de peser sur le choix de son successeur.

"J'ai encore un petit peu de travail pour m'assurer que le PS sera dans de bonnes mains et va sur les rails", a-t-elle dit, alors que les motions en vue du congrès doivent être déposées d'ici au 12 septembre.

Prié de dire si ce processus de succession sans débats n'était pas curieux dans un parti comme le PS, Manuel Valls a répondu qu'un "nouveau cycle" s'ouvrait et qu'il fallait que la politique de François Hollande "soit fermement défendue". "On a besoin d'un parti fort. Il faut une colonne vertébrale", a-t-il dit à Reuters.

édité par Jean-Baptiste Vey

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