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Nicolas Sarkozy relance ses appels à la "France qui souffre"

Reuters23/04/2012 à 23:35

Nicolas Sarkozy relance ses appels à la "France qui souffre"

par Yann Le Guernigou

SAINT-CYR-SUR-LOIRE, Indre-et-Loire (Reuters) - Nicolas Sarkozy a entamé lundi sa campagne du deuxième tour de la présidentielle comme il avait fini celle du premier, en s'adressant à la "France qui souffre" qui a largement ignoré ses appels du pied pour apporter ses suffrages à la candidate du Front national Marine Le Pen.

En meeting à Saint-Cyr-sur-Loire, près de Tours, une des rares villes où il a amélioré dimanche son score de 2007, le président candidat s'en est pris aux "observateurs", coupables selon lui de n'avoir pas prévu une si forte participation au scrutin et même sa qualification pour le second tour.

"Les Français ont été voter à plus de 80%, c'est sans doute qu'il y a un civisme chez les Français qu'il n'y a pas chez les observateurs des Français", a-t-il dit.

"Quand on voit le sort qu'on nous promettait, quand on voit ce qui s'est passé dans toutes les démocraties touchées par la crise (...) les résultats d'hier montrent que le second tour nous pouvons, vous pouvez le regarder avec une grande confiance", a-t-il ajouté.

"Ils se sont trompés au premier, ils vont se tromper encore massivement au second", a-t-il encore dit alors que l'ensemble des sondages réalisés à ce jour pointent en faveur d'une victoire de son adversaire socialiste François Hollande le 6 mai.

Pour l'UMP, le score élevé réalisé dimanche par Marine Le Pen - 17,9% - traduit un vote de crise et Nicolas Sarkozy a visé clairement ces électeurs quand il a dit vouloir maintenant s'adresser "aux Français qui n'en peuvent plus".

"Moi je vois ce vote comme un cri de souffrance, comme l'expression d'une révolte, parfois même d'une colère et je n'accepte pas qu'on caricature cette colère, cette souffrance, cette révolte (...). Je veux leur dire que nous avons entendu, et que notre façon de les respecter ce sera de leur répondre par des engagements précis", a-t-il assuré.

LE CHEMIN TRAGIQUE DES ANNÉES 30

L'enjeu est, selon lui, que si rien ne change, "nous risquons de refaire le chemin tragique des années 30, parce que les peuples ne supporterons plus les souffrances que leur infligent les désordres du monde."

"Voilà les conséquences et les conclusions que je tire du vote du premier tour des Français", a-t-il expliqué.

Il a repris ensuite les thèmes qu'il avait largement développés dans sa campagne du premier tour - immigration, protection des frontières européennes, sécurité, lutte contre les délocalisations, communautarisme - qui sont pour lui autant de préoccupations des Français.

"J'ai vu que M. Hollande parlait au peuple de gauche, moi je parle au peuple de France. C'est une différence entre nous", a-t-il dit en direction de son adversaire socialiste.

Lors de la visite d'une exploitation viticole à Vouvray, il avait défendu auparavant le droit de parler à l'électeur du candidat centriste François Bayrou "qui est inquiet des déficits et qui croit en l'Europe", autant qu'à celui de Marine Le Pen, "qui n'en peu plus, qui est en colère et qui veut qu'on écoute cette souffrance".

A ceux qui lui reprocheraient de chasser sur le terrain de l'extrême droite, il répond qu'il n'acceptera "de prendre des leçons de morale de personne et certainement pas d'une gauche qui voulait avec enthousiasme installer M. Strauss-Kahn à l'Elysée", allusion à l'ancien directeur général du FMI qui a dû démissionner après un scandale sexuel.

Il a encore accusé les socialistes de ne pas comprendre le vote pour le Front national, voire de le nier, leur reprochant aussi d'être "prêts à vendre" les ouvriers du nucléaire contre un accord avec les Verts, à donner le droit de vote aux étrangers et à régulariser "massivement" les étrangers sans-papier.

"C'est qu'on n'a pas le vote populaire et qu'on drague le vote communautaire", a-t-il déclaré.

Edité par Jean-Baptiste Vey


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