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Nicolas Sarkozy défend sa vision économique

Reuters30/03/2016 à 16:25

NICOLAS SARKOZY DÉFEND SON "CONTRAT DE REDRESSEMENT"

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a détaillé mercredi son programme économique pour 2017, un "contrat de redressement" pour rapprocher la part des dépenses publiques de la France autour de 50% du PIB via 100 milliards d'euros d'économies sur cinq ans et 25 milliards d'euros de baisses d'impôts.

Alain Juppé, favori de la primaire d'investiture de la droite des 20 et 27 novembre, présentant son programme le 11 mai dans un livre, le président des Républicains, dont la candidature est toujours en suspens, se positionne en champion de l'entreprise, "l'alpha et l'omega" de l'économie française face à "la bombe atomique des six millions de chômeurs".

L'ancien président a fait son entrée mercredi dans le cercle fermé des "influenceurs" du réseau social professionnel LinkedIn, aux côtés de Barack Obama ou Emmanuel Macron. Il s'y exprimera sur les sujets économiques et numériques en invitant les utilisateurs à formuler avis et suggestions.

"Nous ne sommes pas des comptables, nous sommes des responsables politiques qui devons imaginer une politique économique avec une vision", a-t-il plaidé lors d'une réunion des Républicains sur les dépenses publiques et la fiscalité.

"La vision comptable (...) consisterait à attendre que les économies produisent des effets pour gager des baisses d'impôts. Ça, c'est dans monde idéal, où la parole publique a encore du poids et que la croissance est naturellement chez nous", a-t-il poursuivi en visant ses rivaux Alain Juppé et François Fillon.

"Le but que nous avons, ce n'est pas de faire mourir la France guérie", a-t-il souligné en opposant son "orthodoxie optimiste" à l'orthodoxie sacrificielle en cour à droite.

Avec pour priorité l'allègement du poids de la dépense publique dans le PIB (56,8% en 2015), Nicolas Sarkozy veut entreprendre "ce qui n'a jamais été fait en France" : faire voter simultanément par le Parlement, dès juillet 2017, les mesures de baisse des prélèvements obligatoires, d'économies de dépenses publiques et "la vraie réforme du marché du travail".

DÉPART À LA RETRAITE À 63 ANS EN 2020

Avec son équipe, dont l'ancien ministre du Budget Eric Woerth, il table sur quelque 100 milliards d'euros d'économies entre 2017 et 2022 "jusqu'à ce que la France soit à un niveau de dépense publique proche de celui de ses partenaires européens".

La reprise du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite permettrait, selon les calculs de LR, sept milliards d'économies avec la suppression de 300.000 postes en cinq ans; 12,7 milliards seraient économisés en portant de 35 heures à 37 heures payées 37 le temps de travail dans la fonction publique d'Etat, qui seraient financées par la non-revalorisation du point d'indice et "la remise à plat des mesures catégorielles" décidées sous François Hollande.

La relance de la révision des politiques et structures publiques dégagerait 25 milliards d'euros d'économies.

Les Républicains ambitionnent en outre une refonte en profondeur de la protection sociale en maîtrisant notamment le taux de progression des dépenses d'assurance maladie à +1,75% par an (22 milliards d'économies estimées), un accroissement progressif de l'âge de départ à la retraite (63 ans en 2020, 64 ans en 2025) pour une économie estimée de plus de 13 milliards.

"On décidera début juillet 2017 que les conditions pour partir à la retraite dans le public et le privé seront les mêmes", a encore dit Nicolas Sarkozy sous les applaudissements en promettant la suppression des régimes spéciaux.

Le "contre-choc fiscal" de plus de 25 milliards d'euros déjà annoncé par l'ancien président, qui concède l'échec du "bouclier fiscal", ciblerait les charges patronales, l'impôt de solidarité sur la fortune qui serait supprimé et l'impôt sur le revenu dont toutes les tranches baisseraient de 10%. [L5N172453]

"Les classes moyennes sont le coeur de la cible économique pour nous", a dit le président de LR.

"Au sein de la droite, on a une convergence objective, très forte pour redresser le pays. On n'a pas de schisme programmatique. Le primaire se jouera sur la crédibilité", commente un membre de l'entourage d'Alain Juppé.

(Edité par Yves Clarisse)

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