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Montebourg et le gouvernement sur la sellette au sujet de PSA

Reuters12/09/2012 à 14:23

ARNAUD MONTEBOURG ET LE GOUVERNEMENT SUR LA SELLETTE DANS LE DOSSIER PSA

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français et le ministre du Redressement productif sont sur la sellette après la publication d'un rapport actant les difficultés de PSA Peugeot Citroën et la fermeture inéluctable de l'usine d'Aulnay-sous-Bois.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a dénoncé mercredi sur France Info les "coups de menton" d'Arnaud Montebourg, qui a donné, selon lui, de faux espoirs aux salariés.

Son homologue de la CGT, Bernard Thibault, a déploré sur Europe 1 l'influence de la principale organisation patronale française, le Medef, et les hésitations du gouvernement.

Le sénateur d'Europe Ecologie-Les Verts Jean-Vincent Placé a invité sur Radio Classique Arnaud Montebourg à réfléchir à une stratégie industrielle "verte" à long terme au lieu de "faire la tournée des entreprises en poussant des cris vindicatifs".

A droite, la députée UMP et ex-ministre Nathalie Kosciusko-Morizet a également reproché sur RMC et BFM-TV au gouvernement de gauche issu des élections du printemps d'avoir donné de fausses espérances aux salariés victimes de plans sociaux.

Après avoir demandé en juillet à la direction du groupe automobile de revoir ses plans, le gouvernement a pris acte mardi des conclusions du rapport de l'ingénieur des Mines Emmanuel Sartorius, qui juge inévitable une réorganisation des activités de PSA et une réduction de ses effectifs.

"La situation de Peugeot, malheureusement, on la connaissait avant le rapport", a réagi François Chérèque sur France Info. "M. Montebourg nous a dit avant l'été: 'je vais tout casser, je vais tout empêcher, c'est inadmissible'. Il a donné de l'espoir aux salariés de Peugeot et aujourd'hui il nous dit: 'calmez-vous, soyez raisonnables'."

"Au lieu de se prendre pour un super-syndicaliste, je pense que le rôle du ministre (...) était plutôt de regarder la réalité en face", a poursuivi le dirigeant syndical.

POUR THIBAULT, L'ÉPISODE N'EST PAS CLOS

Il a dit attendre le rapport de l'expert du comité d'entreprise pour voir comment "limiter la casse au maximum".

Mis en difficulté par la crise et des surcapacités manifestes en Europe, son premier marché, PSA a annoncé le 12 juillet la suppression de 8.000 postes en France, la fermeture en 2014 de son usine d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, et une réduction de l'activité sur son site de Rennes.

Le secrétaire général de la CFDT a déclaré attendre du gouvernement une véritable politique industrielle pour redonner de l'avenir à l'industrie en France.

"Et ça ne se fera pas par des coups de menton au mauvais moment", a-t-il ajouté. "Ça se fera par une décision rapide de relancer la compétitivité de notre industrie."

Son homologue de la CGT a pour sa part déploré que le président François Hollande et le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, aient abandonné le discours "volontariste", qui était le leur jusqu'à la conférence sociale de début juillet.

Après la conférence sociale, il y a eu "un lobbying très important du Medef, qui semble amener aujourd'hui le gouvernement à être hésitant sur la nature des décisions à prendre", a estimé Bernard Thibault.

François Hollande a promis mardi de faire en sorte qu'il y ait le moins possible d'emplois supprimés à PSA et des reconversions.

Pour Bernard Thibault, qui avait appelé à voter pour le socialiste François Hollande pendant la campagne de l'élection présidentielle, c'est un engagement "minimum".

"Mais (...) ça fait des années qu'on entend que la puissance publique va essayer de faire en sorte d'accompagner au mieux les salariés licenciés. Et c'est quoi le résultat, aujourd'hui? C'est qu'on a un record de chômage et de précarité."

À QUOI SERT MONTEBOURG ?

Le secrétaire général de la CGT a estimé qu'il était encore possible d'éviter la fermeture de l'usine d'Aulnay.

"Je pense que cet épisode n'est pas totalement clos", a-t-il dit. "Il ne doit pas y avoir de décision irrémédiable tant qu'on ne connaît pas le rapport commandité par les élus du personnel de Peugeot (dont les conclusions sont attendues fin novembre)."

"On ne peut pas banaliser la fermeture d'un site industriel comme celui d'Aulnay dans un pays comme la France", a-t-il ajouté. "Si on accepte ça sans contradiction, sans examiner d'autres schémas possibles, il ne faudra pas s'étonner (...) que notre pays constate la disparition de ses unités de production."

Pour Jean-Vincent Placé, "Arnaud Montebourg peut servir" à quelque chose s'il réfléchit à une stratégie industrielle verte de long terme, pas en faisant "du sous-Sarkozy".

Nathalie Kosciusko-Morizet a pour sa part mis en cause une "responsabilité majeure" du gouvernement, qui a "annoncé que tous ces plans sociaux, on allait pouvoir y remédier, que cela ce n'était pas la crise, c'était (le prédécesseur de François Hollande) Nicolas Sarkozy et que donc, après l'élection présidentielle, ce serait différent".

Emmanuel Jarry, édité par Yann Le Guernigou


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