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Merkel, perdante du Conseil européen pour la presse européenne

Reuters30/06/2012 à 21:15

Merkel, perdante du Conseil européen pour la presse européenne

PARIS/BERLIN (Reuters) - Hollande 1 - Merkel 0. La "une" du quotidien français "Libération", samedi, résume un état d'esprit largement partagé par les médias européens, y compris allemands, qui estiment qu'Angela Merkel sort perdante du Conseil européen de jeudi et vendredi à Bruxelles.

En France, en Espagne et en Italie, la presse crie victoire pour ses dirigeants respectifs, qui ont, souligne-t-elle, obtenu de la chancelière allemande qu'elle accepte des mesures susceptibles de réduire le coût des emprunts des Etats membres, en échange de strictes conditions d'application.

Un "accord surprise" pour un sommet qui a "modifié la donne" en Europe, juge "Le Figaro".

Cette analyse est reprise jusque dans les journaux allemands, qui voient dans les résultats de ce Conseil européen une victoire des Etats du Sud de l'Europe sur l'Allemagne.

"Il n'y a pas de doute là-dessus -la chancelière a été prise de court au sommet européen", écrit l'éditorialiste Nikolaus Blome dans le journal "Bild". "Elle a été contrainte d'encaisser un résultat qu'elle avait exclu (...) C'est la première fois en plus de deux ans que les Etats européens n'ont pas suivi les instructions de l'Allemagne."

Sans surprise, cette analyse donne lieu à de nombreuses comparaisons footballistiques dans la presse européenne, après que l'Italie, qui s'apprête à affronter l'Espagne en finale de l'Euro 2012 dimanche, a éliminé l'Allemagne en demi-finale jeudi.

"SUPER MARIO"

"L'Espagne et l'Italie ont montré à l'Allemagne qui est de nouveau aux commandes, et cette fois-ci, ce n'était pas que sur le terrain de foot", a-t-on ainsi entendu à la radio allemande Deutschlandfunk.

En Italie, les journaux saluent la performance de Mario Monti, notamment le "Corriere Della Serra", qui titre "Un super Mario, à Bruxelles aussi", en référence à l'attaquant italien Mario Balotelli qui a marqué deux buts contre l'Allemagne en demi-finale de l'Euro 2012.

"L'Italie n'est pas seulement une grande équipe, c'est un grand pays et c'est une bonne chose de s'en souvenir", écrit le journal. "Le soir où tous les yeux étaient braqués vers Varsovie, nous retrouvions à Bruxelles notre statut de protagoniste majeur de l'Union Européenne."

Pour "La Repubblica", plutôt marquée à gauche, trois pays des quatre pays les plus importants de la zone euro ont refusé de danser au rythme d'Angela Merkel, après quatre ans durant lesquels l'Allemagne a "dicté la musique et les paroles" des sommets européens.

Même son de cloche en Espagne. "Le sommet a été particulièrement positif pour Rajoy -grâce à son alliance avec Monti, et au soutien de Hollande", écrit "El Mundo".

"COMPLICITÉS CHANGEANTES"

La métaphore sportive, très populaire dans la presse européenne, est également très en vogue dans les médias français.

"Libération" affiche ainsi en "une" un François Hollande et une Angela Merkel arborant le maillot de leur équipe nationale, avec un score sans appel : Hollande 1 - Merkel 0. Le quotidien retrace ensuite sur trois pleines pages "La nuit où le Sud a fait flancher Merkel".

"Comme au football, c'est à l'Italie et à son alliée l'Espagne que revient le mérite d'avoir changé la dynamique du jeu et poussé Angela Merkel dans ses retranchements", affirme de son côté "Le Figaro".

Pour le quotidien conservateur, en redistribuant les cartes "avec des complicités changeantes et des alliances à revers", ce sommet a changé la donne et "risque de laisser des traces".

Mais malgré les apparences, Angela Merkel est "loin d'avoir cédé sur l'essentiel", souligne "Le Figaro".

Et si la presse note que François Hollande a marqué des points et rentre en France avec un pacte de croissance conformément à sa promesse de campagne, le président devra désormais faire ratifier le traité budgétaire par le Parlement et mettre en oeuvre la rigueur, souligne-t-elle.

"Cet accord arraché au petit matin oblige également les Français", indique "Libération". "En matière de rigueur budgétaire, d'abord, dans une conjoncture exécrable. En matière politique aussi, (...) il faudra bien se résoudre à mettre des mots sur cette nouvelle phase de la construction européenne."

Erik Kirschbaum et Chine Labbé


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