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Medef et CFDT, clefs d'un accord sur le travail

Reuters08/01/2013 à 16:00

MEDEF ET CFDT, CLEFS D'UN ACCORD SUR LA RÉFORME DU MARCHÉ DU TRAVAIL

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Les secrétaires généraux de la CGT et de Force ouvrière (FO) ont confirmé mardi que leurs organisations ne signeraient pas un accord sur la réforme du marché du travail si le patronat maintient ses exigences en matière de flexibilité.

Les chances de compromis reposent donc sur des concessions de dernière minute du Medef, principale organisation patronale, et sur les syndicats réformistes que sont la CFE-CGC, la CFTC et, surtout, la CFDT.

A l'approche d'un ultime round de négociations, jeudi et vendredi, organisations syndicales et patronales font assaut de déclarations pessimistes.

Bernard Thibault a assuré sur RTL qu'il souhaitait un accord mais à condition qu'il s'agisse de faire reculer la précarité.

"La difficulté (...) c'est que nous discutons de tout sauf du recul de la précarité puisque les employeurs (...) veulent surtout faire en sorte d'avoir une main d'oeuvre plus malléable, plus précaire", a déclaré le secrétaire général de la CGT.

"Il n'y aura en tout cas pas d'approbation de la part de la CGT sur une plus grande flexibilité du marché du travail en France", a-t-il ajouté.

Interrogé par Canal+, son homologue de FO a dit n'avoir jamais cru à l'"accord historique" que le président François Hollande a demandé aux partenaires sociaux de conclure sur la réforme du marché du travail.

"Je ne suis pas optimiste (...), en tout cas pour la signature de Force ouvrière", a dit Jean-Claude Mailly. "Il y a trop de divergences aujourd'hui entre ce que les syndicats demandent (...) et ce que souhaiterait le patronat."

PRESSION GOUVERNEMENTALE

Il faut au moins la signature de trois des cinq centrales syndicales engagées dans les négociations en cours pour qu'un accord soit réputé conclu et il y a peu de chances à ce stade que FO, et encore moins la CGT, sautent le pas.

"La CGT, la veille d'un congrès, a besoin de se refaire une virginité. Elle va le faire sur le dos des négociations", estime le négociateur de la CFDT, Patrick Pierron.

L'une des clefs de l'issue des négociations est l'éventuelle pénalisation des contrats de travail courts, revendication de l'ensemble des centrales syndicales mais que refusent jusqu'ici d'envisager les organisations patronales.

Selon une source patronale, le gouvernement a menacé le week-end dernier le Medef, lors de contacts informels, de ne pas appliquer, en cas de désaccord persistant, le crédit d'impôt mis en place pour améliorer la compétitivité des entreprises à celles qui abuseraient des contrats à durée déterminée (CDD).

Une tentative de pression qui a entraîné un changement de ton immédiat de la présidente du Medef.

Après avoir jugé vendredi un accord possible, Laurence Parisot a évoqué lundi la possibilité d'un échec, dénoncé une "surenchère tout à fait inacceptable" et une ingérence "perturbatrice" du gouvernement dans les négociations.

"Cela rend les négociations plus difficiles et plus compliqués", explique l'entourage de la présidente du Medef, qui a de nouveau opposé lundi une fin de non recevoir à toute idée de modulation des cotisations patronales en fonction de la durée des contrats de travail.

Patrick Pierron estime cependant que le Medef ne pourra pas ne pas accepter, jeudi et vendredi, d'évoquer cette question qui fait au demeurant partie de la feuille de route fixée l'automne dernier par le gouvernement aux partenaires sociaux.

"ÇA FLOTTE AU MEDEF"

Dans ce document, le ministère du Travail demande à ces derniers de "trouver des leviers" pour que les contrats à durée indéterminée (CDI) redeviennent la forme normale d'embauche et évoque une "modulation des taux de cotisation" chômage.

"Il y a une explosion des contrats courts de moins d'un mois dans notre pays. Ça renforce la précarité", explique à Reuters le négociateur de la CFDT. "Le Medef sait qu'il est obligé d'en discuter parce que c'est un préalable pour toutes les organisations syndicales."

"Je n'ose imaginer que le Medef s'amuse à faire une réunion jeudi et vendredi en refusant de discuter de ce sujet, parce qu'il sait qu'alors il n'y aurait pas d'accord", ajoute-t-il. "S'il maintient la réunion c'est qu'il est prêt à en discuter."

Selon le site internet latribune.fr, l'organisation patronale pourrait proposer une sur-cotisation des contrats de moins d'un mois, hors contrats dits d'"usage", par exemple pour les travailleurs saisonniers, et d'intérim.

"Ça me paraît peu mais c'est à discuter", commente Patrick Pierron, pour qui l'un des obstacles à la conclusion d'un accord est en fait la difficulté des différentes sensibilités au sein de l'organisation patronale à s'accorder sur des concessions.

"Ça flotte beaucoup au Medef. Ils ont du mal à avoir un mandat", explique-t-il. "Est-ce que le patronat arrivera à surmonter ses difficultés internes et à avoir une approche globale ? La balle est vraiment dans le camp patronal."

Edité par Yves Clarisse


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