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Les Vingt-Sept déterminés à aller de l'avant, sans les Britanniques

Reuters29/06/2016 à 17:03
    * "Rien ne doit empêcher l'UE d'avancer", dit Hollande 
    * Nouvelles priorités actées en septembre à Bratislava 
    * Londres invité à acter rapidement son départ 
 
 (Actualisé avec réunion de travail à 27 mercredi) 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - Les dirigeants européens 
réunis pour la première fois depuis la victoire du "Brexit" au 
Royaume-Uni ont pris acte du départ annoncé des Britanniques de 
l'Union européenne, qui entend laisser Londres supporter les 
conséquences, notamment économiques, de ce choix historique. 
    Après un dîner à 28 mardi soir, le dernier du Premier 
ministre britannique sortant David Cameron, les Vingt-Sept se 
sont retrouvés mercredi à Bruxelles pour consolider l'avenir 
d'une Union déterminée à aller de l'avant. 
    "Rien ne doit empêcher l'Europe d'avancer, et sûrement pas 
la décision que les Britanniques ont prise, qui doit être 
respectée mais qui, plutôt que de nous entraver, nous empêcher, 
doit nous stimuler et nous obliger au sursaut indispensable", a 
résumé François Hollande devant la presse.   
    Un premier rendez-vous est pris pour la mi-septembre à 
Bratislava, où devraient être actées des mesures concrètes liées 
aux priorités désormais affichées : protection des citoyens, 
croissance et emploi, renforcement de la zone euro et jeunes, 
massivement invités à étudier dans des pays de l'Union.  
    Si les Vingt-Sept ont dit respecter la décision britannique, 
nombre d'entre eux ont aussi reproché à David Cameron d'avoir 
creusé sa propre tombe en participant au "Bruxelles bashing" en 
vogue depuis des dizaines d'années outre-Manche. "Ne soyez pas 
surpris que vos concitoyens vous croient", lui a lancé 
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne. 
     
    "NOUS NE TOURNERONS PAS LE DOS À L'EUROPE", DIT CAMERON 
    "La Grande-Bretagne quittera l'Union européenne mais nous ne 
tournerons pas le dos à l'Europe", a dit pour sa part le chef du 
gouvernement britannique, qui quittera son poste au plus tard le 
9 septembre.  
    L'initiateur du référendum du 23 juin a expliqué que son 
pays voulait trouver la meilleure forme de partenariat possible 
avec l'UE, jugeant toutefois impossible d'avoir "tous les 
bénéfices sans coûts", contrairement à ce qu'avaient laissé 
entendre les partisans de la sortie de l'Union. 
    Cameron a confirmé qu'il laisserait le soin à son successeur 
au 10, Downing Street d'activer l'article 50 du traité européen 
de Lisbonne, déclencheur du processus de négociations formelles. 
    Particulièrement ferme envers Londres, François Hollande a 
répété qu'un futur accès du royaume au marché intérieur européen 
impliquerait qu'il accepte les quatre libertés de circulation 
européennes - biens, services, capitaux et personnes. 
    "Il ne peut pas y avoir de dérogation. On ne peut pas 
prendre trois libertés et en écarter une quatrième, notamment la 
liberté de circulation", un des principaux moteurs de la 
campagne britannique pour la sortie de l'Union, a dit le 
président, qui retrouvera David Cameron vendredi dans la Somme. 
    Sans la liberté de circulation, pas de "passeport" européen 
non plus pour les établissements financiers britanniques, a-t-il 
répété mercredi, en invitant les places européennes à récupérer 
les activités de compensation en euro aujourd'hui effectuées à 
Londres.   
    François Hollande a également souhaité l'assouplissement des 
règles européennes de la concurrence pour que l'Europe puisse 
créer des champions mondiaux.   
    Du président du Conseil européen, Donald Tusk, à la 
chancelière allemande, Angela Merkel, en passant par Jean-Claude 
Juncker, les dirigeants européens ont affirmé qu'aucune 
négociation ne pourrait débuter avec Londres avant la 
notification du départ du pays de l'UE. 
    "Ils ont dit 'pas de négociation sans notification' mais je 
ne crois pas que cela exclut les discussions qu'un nouveau 
Premier ministre peut avoir avec ses partenaires ou avec les 
institutions pour que nous repartions du bon pied", a dit David 
Cameron mercredi devant le Parlement britannique.   
     
    L'ÉCOSSE VEUT RESTER DANS L'UNION 
    Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays 
assure la présidence semestrielle tournante de l'UE, a estimé 
lui qu'il fallait peut-être laisser le temps au Royaume-Uni de 
se remette du choc de jeudi dernier. "L'Angleterre s'est 
effondrée politiquement, monétairement, constitutionnellement et 
économiquement. Il n'est pas raisonnable d'exiger d'eux qu'ils 
déclenchent l'article 50", a-t-il dit. 
    La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, était 
mercredi à Bruxelles pour dire la détermination de son peuple à 
rester dans l'UE. Jean-Claude Juncker lui a répondu que l'Union, 
bien qu'attentive à son égard, n'avait aucune intention 
d'interférer dans le processus politique britannique.   
    François Hollande a confirmé que la négociation allait 
s'ouvrir avec le Royaume-Uni et non avec l'Ecosse, tandis que 
l'Espagne, qui craint les vélléites d'indépendance de la 
Catalogne, a fait savoir qu'elle s'opposait fermement à 
l'ouverture de négociations.   
    Autre signe de la nervosité politique outre-Manche, Jeremy 
Hunt, ministre britannique de la Santé et candidat à la 
succession de Cameron, a évoqué quant à lui un deuxième 
référendum sur le maintien dans l'Union si Bruxelles autorise 
Londres à contrôler totalement ses frontières, ce qui semble 
pour l'instant exclu.  
     
    LE POINT sur le Brexit:   
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, avec le bureau européen 
de Reuters, édité par Yves Clarisse) 
 

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