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Les USA veulent juger la dirigeante de Huawei en lien avec l'Iran
Reuters07/12/2018 à 22:23

LES USA VEULENT JUGER LA DIRIGEANTE DE HUAWEI EN LIEN AVEC L'IRAN

par Julie Gordon et Anna Mehler Paperny

VANCOUVER/TORONTO (Reuters) - Les Etats-Unis demandent au Canada l'extradition de la directrice financière de l'équipementier télécoms chinois Huawei Technologies, arrêtée il y a une semaine à Vancouver et soupçonnée d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran, selon les déclaration faites vendredi devant la justice canadienne.

Meng Wanzhou, 46 ans, comparaissait pour une première audience de remise en liberté sous caution devant un tribunal de Vancouver, ville où elle a été arrêtée le 1er décembre à la demande des États-Unis. Meng Wanzhou est la fille du fondateur de Huawei, société que les agences du renseignement américain présentent comme liée au gouvernement chinois.

Son arrestation, révélée mercredi, a ébranlé les marchés boursiers mondiaux qui craignent une escalade dans la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine.

Les États-Unis ont 60 jours pour présenter une demande d'extradition formelle. La décision finale d'extradition appartient ministre de la Justice du Canada.

Meng Wanzhou, si elle est jugée aux Etats-Unis, risque 30 ans de prison.

Selon les accusations lues vendredi devant le tribunal, Huawei aurait utilisé, entre 2009 et 2014, la société de Hong Kong, Skycom Tech, pour faire des affaires en Iran, malgré un embargo imposé par les États-Unis et l'Union européenne.

En janvier 2013, Reuters écrivait que Skycom, qui avait tenté de vendre du matériel informatique Hewlett-Packard sous embargo au numéro un iranien de la téléphonie mobile, avait des liens beaucoup plus étroits avec Huawei que ceux connus à ce moment-là.

"PORTES DÉROBÉES"

Meng Wanzhou, qui a également utilisé les prénoms anglais Cathy et Sabrina, a siégé au conseil d'administration de Skycom entre février 2008 et avril 2009, d'après les registres de Skycom. Plusieurs autres administrateurs actuels et passés de Skycom semblent avoir des liens avec Huawei.

Les États-Unis cherchent à savoir depuis au moins 2016 si Huawei a violé les sanctions américaines contre l'Iran, a rapportait Reuters en avril dernier.

Les agences de renseignement américaines affirment également que Huawei est liée au gouvernement chinois et que ses équipements qu'elle vend pourraient contenir des "portes dérobées" utilisées par les services secrets du régime communiste pour avoir accès aux systèmes vendus.

Aucune preuve n'a été produite publiquement et la société a à plusieurs reprises nié ces allégations.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré vendredi que ni le Canada ni les Etats-Unis n'avaient fourni la moindre preuve à la Chine que Meng Wanzhou avait enfreint la loi dans ces deux pays. Il a redit que la Chine demandait sa remise en liberté.

La presse officielle chinoise est très critiques de la détention de Meng Wanzhou. Elle accuse les Etats-Unis d'essayer "d'étouffer" Huawei et de freiner son expansion mondiale.

Huawei a déclaré mercredi avoir reçu "très peu d'informations" sur ce dont est accusée sa directrice financière. Elle a dit "ne pas avoir pas connaissance d'actes répréhensibles de la part de Mme Meng".

(Avec David Ljunggren à Ottawa, Ben Blanchard et Yilei Sun à Pékin et Sijia Jiang à Hong Kong; Danielle Rouquié pour le service français)

2 commentaires

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  • remi1235
    08 décembre08:15

    Impuissants à endiguer la montée chinoise, les U.S.A vont avoir recours au méfait et à la forfaiture sous couverture de "preuves" à l'américaine. on parlait des procès stalinien, il faudrait maintenant parler des procès samiens ( de l'Oncle..). Lois sur l'extraterritorialité :"Nous sommes les maîtres du Monde, et vous, nos colonies, vous allez nous obéir".

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