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Les salariés d'André en grève pour la survie de l'enseigne, en redressement judiciaire
Boursorama avec Media Services30/06/2020 à 14:52

Les salariés qui manifestaient mardi à Paris dénoncent une gestion "calamiteuse" du chausseur, racheté en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo, avec des magasins mal approvisionnés et des vendeurs en nombre insuffisant. 

Un magasin André à Dunkerque, le 25 janvier 2017. ( AFP / PHILIPPE HUGUEN )

"André existe depuis 120 ans, Spartoo nous a tué en 18 mois", pouvait-on lire mardi 30 juin sur la vitrine du magasin André proche du boulevard Haussmann à Paris. Des salariés du chausseur, en redressement judiciaire manifestaient à l'appel de l'intersyndicale CGT-FO-CFDT devant des magasins du groupe à Paris Saint-Lazare et Lille pour la survie de l'enseigne centenaire.

Acheté en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo à Vivarte, André a réalisé en 2019 un chiffre d'affaires de 100 millions d'euros mais essuyé 10 millions de pertes. L'enseigne avait déposé le bilan le 23 mars.

Les salariés qui manifestaient mardi à Paris dénoncent une gestion "calamiteuse", avec des magasins mal approvisionnés et des vendeurs en nombre insuffisant. "Servir des centaines de clients à deux vendeuses, c'est impossible", dénonce Marie Cédile, vendeuse au centre commercial de Carré Sénart, situé à cheval sur la Seine-et-Marne et l'Essonne.

Cette déléguée CGT de 54 ans a fait toute sa carrière chez André, comme beaucoup de salariés de l'entreprise qualifiée de "familiale" par ses employés. "J'aurais 20 ans, je dis pas, mais à 54 ans ça va être compliquer de se recaser", soupire-t-elle.

Pour Yves Veyrier, secrétaire général de FO, présent à la manifestation, "André a valeur de symbole, il n'est pas admissible que des entreprises qui ont bénéficié d'aides publiques utilisent la crise sanitaire pour des opérations financières qui profitent aux actionnaires".

François Feijoo de retour ?

François Feijoo, qui a dirigé André lorsque l'enseigne faisait encore partie du groupe Vivarte de 2005 à 2013, est candidat à la reprise . Il doit déposer une offre pour reprendre 47 magasins sur environ 180 points de vente, soit 220 salariés sur quelque 400, selon Christophe Martin, délégué central CGT. M. Feijoo défendra son projet le 1er juillet lors d'une audience devant le tribunal de commerce de Grenoble, où se trouve le siège de Spartoo, avant une décision finale attendue le 24 juillet. 

"Il connaît le métier, il est passé par San Marina, Minelli, Eram, c'est notre seule porte de sortie" , estime Éric Martinez, directeur régional chez André et secrétaire CGT du CSE du siège.

À Lille, une vingtaine de salariés se sont rassemblés devant le magasin du centre-ville, situé devant la gare. "Spartoo a promis, Spartoo a menti", pouvait-on lire sur les vitrines et une banderole déroulée devant l'entrée.

Selon Jessica, déléguée CGT, "quasi tous" les magasins de la métropole lilloise sont en grève aujourd'hui. Elle espère un PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) "convenable", et que "la parole donnée par Spartoo lors du rachat soit respectée".

Le site en ligne s'était alors engagé à déposer un PSE avec des indemnités supérieures au minimum légal s'il restructurait l'enseigne dans les deux ans, rappelle l'avocat du CSE, Me Marlone Zard, présent à la manifestation parisienne.

Les syndicats appellent également à une grève reconductible le 15 juillet, jour de démarrage des soldes.

1 commentaire

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  • piclsa
    30 juin16:05

    Une reprise par les salariés, au lieu de faire grève et de couler l entreprise a coup sur

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