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Les ralliements à Hollande suscitent ironie ou indignation

Reuters18/04/2012 à 20:16

Les ralliements à Hollande suscitent ironie ou indignation

PARIS (Reuters) - L'annonce du ralliement d'anciens ministres de Nicolas Sarkozy à son rival socialiste François Hollande, favori des sondages, a été accueillie mercredi avec un mélange d'indignation et d'ironie par la droite et le centre.

Le candidat centriste François Bayrou a évoqué un phénomène analogue à la transhumance saisonnière des moutons et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a parlé d'un phénomène "révélateur de tempérament humain qu'est la politique dans ces moments là".

Deux symboles de la politique d'ouverture de Nicolas Sarkozy, l'ancienne secrétaire d'Etat à la politique de la Ville, Fadela Amara, et Martin Hirsch, un temps haut commissaire en charge des Solidarités actives et de la Jeunesse, ont annoncé coup sur coup mardi leur intention de voter François Hollande.

Trois anciens ministres de Jacques Chirac, Corinne Lepage, Brigitte Girardin et Azouz Begag, ont indiqué qu'ils feraient de même.

"Begag, Girardin, Amara, Hirsch, Lepage, combien de trahisons, combien de divisions ? Ils ne représentent qu'eux-mêmes", a déclaré le ministre de Affaires européennes Jean Léonetti dans un message publié sur son compte Twitter.

"Les ralliés à Hollande vont à la soupe. S'il y en avait pour eux, elle serait froide mais l'élection, c'est le peuple qui la fait", a renchéri par les même moyens Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Nicolas Sarkozy.

Invité de l'émission Questions d'Info sur LCP, Le Monde, AFP et France Info, François Bayrou a déclaré : "C'est très simple, nous dans les Pyrénées on connaît très bien ça, c'est-à-dire les bergers qui conduisent leurs troupeaux savent que quand on change de saison, on change de pâturages, c'est la transhumance".

"C'est une des maladies les plus profondes du système politique et administratif français (...) il y a un certain nombre de gens qui veulent toujours être du côté du pouvoir, c'est-à-dire, comme on dit familièrement dans notre pays, du côté du manche", a ajouté le député des Pyrénées-Atlantiques.

BESSON NE REGRETTE RIEN

Interrogé à la sortie du conseil des ministres, le secrétaire d'Etat aux Sports David Douillet a estimé qu'il s'agissait d'une décision "pathétique". "A trois jours du premier tour, c'est pas joli".

Jean-François Copé s'est concentré sur Fadela Amara et Martin Hirsch, "des gens qui doivent tant à M. Sarkozy".

"Ils n'étaient pas de sa famille politique, il leur a proposé de participer à un gouvernement qui allait bien au-delà de notre famille politique", a-t-il dit lors d'un point de presse en se déclarant "très peiné" des déclarations de Fadela Amara, "quelqu'un que je connais bien, que j'ai énormément soutenu dans l'action qu'elle a menée au gouvernement".

Le patron de l'UMP a été moins indulgent pour Martin Hirsch, déclarant qu'il n'y avait "aucune surprise" dans son geste.

L'ancienne secrétaire d'Etat à l'Ecologie et ex-ministre des Sports Chantal Jouanno a créé une mini-polémique en déclarant, à l'adresse de Fadela Amara et Martin Hirsch, qu'elle avait eu des "oppositions violentes" avec Nicolas Sarkozy sur des sujets comme la taxe carbone mais qu'elle appelait néanmoins à voter pour le président sortant.

Aujourd'hui sénatrice UMP de Paris, elle a aussi indiqué au quotidien 20 minutes qu'elle avait été "traînée dans la boue" par le chef de l'Etat. Elle a publié par la suite un communiqué pour déclarer que ses propos "sont depuis hier soir outrageusement détournés".

"Je tiens à réaffirmer mon soutien le plus total et ma fidélité la plus sincère à Nicolas Sarkozy, a-t-elle dit.

Le ministre de l'Industrie Eric Besson, le plus célèbre des "transfuges" de 2007, quand il avait rejoint Nicolas Sarkozy en provenance du Parti socialiste, s'est exprimé aussi sur Twitter pour déclarer qu'il n'avait "rien à dire sur les ex-ministres d'ouverture qui appellent à voter François Hollande".

"Chacun fait ce qu'il croit devoir faire", a-t-il dit, avant d'indiquer qu'il ne regrettait pas son choix : "En 2007, j'ai considéré que Nicolas Sarkozy était le mieux préparé. Je persiste et signe en 2012 !".

Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

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