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Les peshmergas irakiens attendus à Kobani

Reuters 29/10/2014 à 17:33

* Les renforts attendus dans la journée à Kobani * Des armes lourdes pour lutter contre les blindés de l'EI * La Turquie coopère mais demeure méfiante * Poursuite des raids aériens de la coalition par Dasha Afanasieva et Alexander Dziadosz SURUC, Turquie, 29 octobre (Reuters) - Des combattants kurdes irakiens sont arrivés en Turquie dans la nuit de mardi à mercredi et étaient attendus dans la journée à Kobani pour prêter main forte aux défenseurs de cette ville du nord de la Syrie assiégée par l'Etat islamique (EI). Un avion de Turkish Airlines a atterri à Sanliurfa vers 1h15 du matin (mardi 23h15 GMT). Un convoi d'autobus blancs escorté par des jeeps blindées et des voitures de police a quitté l'aéroport peu après. Kobani, située à la frontière turco-syrienne, est assiégée par l'Etat islamique depuis plus d'un mois. Son sort est devenu un symbole dans la lutte qui oppose la coalition internationale menée par les Etats-Unis aux djihadistes de l'EI. "Ils seront chez nous aujourd'hui", a déclaré Adham Bacho, membre du Conseil national kurde syrien de Kobani, confirmant qu'un groupe de 90 à 100 combattants était arrivé à Sanliurfa dans la nuit. Hemin Hawrami, haut responsable de Parti démocratique du Kurdistan (PDK), a annoncé sur son compte Twitter que ces renforts n'étaient qu'à quelques kilomètres de Kobani et allaient arriver dans peu de temps. Des semaines de frappes aériennes sous la houlette des Etats-Unis contre les positions de l'EI autour de Kobani et la mort de centaines de ses djihadistes n'ont pas réussi à briser le siège de la ville. Quatorze nouveaux raids ont été menés mardi et mercredi en Syrie et en Irak, dont huit dans le secteur de Kobani, selon un communiqué du Commandement central des forces américaines. L'organisation fondamentaliste sunnite a contraint près de 200.000 Kurdes syriens à fuir vers la Turquie. ARMES ANTI-CHARS Le Parlement de la région autonome du Kurdistan irakien a donné son feu vert la semaine dernière au déploiement de peshmergas en Syrie tandis que, sous la pression de ses alliés occidentaux, la Turquie acceptait qu'ils transitent par son territoire. Saleh Moslem, co-président du Parti de l'Union démocratique (PYD), principal parti kurde de Syrie, avait déclaré mardi soir que 150 peshmergas étaient attendus à Kobani dans la nuit de mardi à mercredi. Un autre groupe de soutien devait se rendre à la frontière turque par la route avec des armes lourdes. "Il s'agit principalement de pièces d'artillerie, d'armes anti-blindés et d'armes anti-chars", a dit Saleh Moslem. Selon lui, cet armement va permettre de lutter efficacement désormais contre les blindés et les chars des djihadistes. La porte-parole du département d'Etat américain Jen Psaki a souligné mardi lors de son point de presse "l'importance" de laisser les peshmergas traverser la frontière. "Il est important d'avoir un partenaire sur le terrain avec qui travailler", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'elle n'était pas en mesure de confirmer que le déploiement avait commencé. Au Kurdistan irakien, le ministre chargé des Peshmergas, Moustafa Sayyid Kader, a déclaré mardi à la presse qu'il n'avait pas été fixé de limite à la durée de la présence des forces kurdes irakiennes à Kobani. Selon les indications données précédemment par le gouvernement régional du Kurdistan, les peshmergas ne devraient pas s'engager dans des combats directs à Kobani mais plutôt fournir un soutien au niveau de l'artillerie. RÉTICENCE TURQUE Les djihadistes de l'EI ont tiré plusieurs dizaines d'obus sur la ville au cours de la nuit tandis que se poursuivaient les affrontements avec les combattants des Unités de protection du peuple (YPG), la branche armée du PYD, selon l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH). La Turquie est apparue réticente à porter secours aux défenseurs kurdes de Kobani, qu'elle accuse d'être liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), le parti kurde de Turquie qui a mené près de 30 ans de lutte armée contre l'Etat turc, pour obtenir, sans succès, l'autonomie. L'attitude d'Ankara a mis en rage la minorité kurde de Turquie, qui représente environ 20% de la population turque et la moitié environ du peuple kurde disséminé dans toute la région. Les Kurdes ont le sentiment qu'Ankara préférerait voir les djihadistes de l'EI gagner des territoires plutôt que de permettre aux insurgés kurdes de Syrie de consolider leur pouvoir sur le terrain. Dans la nuit, la police a tiré en l'air et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de partisans kurdes rassemblés au poste-frontière de Habur pour saluer l'arrivée des peshmergas et qui avaient commencé à lancer des pierres sur un bâtiment de la police. Le Premier ministre turc et ancien ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a déclaré, dans un entretien diffusé mardi par la BBC, que la Turquie n'enverrait pas de troupes de l'autre côté de la frontière pour sauver Kobani et que seuls les peshmergas et les forces rebelles syriennes modérées de l'Armée syrienne libre (ASL) seraient à même de repousser l'EI de Kobani. (Avec Isabel Coles à Erbil, Omer Beberoglu et Sasa Kavic à Sanliurfa; Danielle Rouquié et Pierre Sérisier pour le service français)

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