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Les nationalistes fustigent le "rendez-vous manqué" de Macron en Corse
Reuters01/04/2019 à 14:54

LES NATIONALISTES FUSTIGENT LE "RENDEZ-VOUS MANQUÉ" DE MACRON EN CORSE

par Paul Ortoli

AJACCIO (Reuters) - Les dirigeants nationalistes au pouvoir en Corse ont annoncé lundi qu'ils boycotteraient jeudi un débat avec Emmanuel Macron, appelant à une journée "île morte" pour dénoncer l'échec, selon eux, du dialogue pour prendre en compte de la spécificité corse.

Le président français est attendu jeudi à Cozzano, un village de montagne situé à 60 km d'Ajaccio, pour échanger avec des maires insulaires dans le cadre du "grand débat national" mis sur pied pour sortir de la crise des "Gilets jaunes".

Le président de l'exécutif corse, Gilles Simeoni, a indiqué lundi dans un communiqué qu'il ne participerait pas à ce débat qui s'inscrit "dans un climat tendu" et a fustigé un dialogue avec Paris selon lui "au point mort".

Le chef de file autonomiste a appelé dans l'île avec les autres composantes nationalistes le 4 avril à une demi-journée d'arrêt du travail, une "isula morta" (île morte).

"C'est une mobilisation populaire, pacifiste et responsable (...), un acte de protestation symbolique qui doit témoigner massivement de notre refus de la situation actuelle", a-t-il dit, alors que plusieurs syndicats ont en outre déposé un préavis de grève et que des associations appellent les commerçants à baisser le rideau.

Jean-Guy Talamoni, le président de l'assemblée de Corse, a également indiqué dans un communiqué qu'il boycotterait la rencontre qu'il qualifie de "show de communication".

La classe politique nationaliste dénonce d'une même voix depuis un an l'attitude "jacobine" et "humiliante" d'Emmanuel Macron lors de la commémoration le 6 février 2018 à Ajaccio du vingtième anniversaire de l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac par un commando nationaliste.

"Elle est la cause de cette impasse", résume un élu territorial qui évoque une "escalade".

Le 15 mars dernier, lors de la visite de Jacqueline Gourault à Bastia, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni n'avaient déjà pas été à la rencontre de la ministre de la Cohésion du territoire, la "madame Corse" du gouvernement, Jacqueline Gourault.

UNE ILE MARQUÉE PAR LA PAUVRETÉ

Les nationalistes réclament un article spécifique dans la Constitution reconnaissant la spécificité de la Corse, un statut fiscal dérogatoire et d'île-montagne, le rapprochement des détenus corses, la non-assimilation des justiciables corses et des terroristes islamistes, la promotion de la langue corse et la lutte contre la spéculation immobilière, notamment.

En février dernier, Emmanuel Macron avait ouvert la voie à l'inscription de la Corse dans la Constitution française tout en réaffirmant son opposition à la création d'un statut de résident et à la co-officialité de la langue corse.

En dépit de ces tensions, Gilles Simeoni appelle de ses voeux une solution politique.

"Je considère que tout doit être tenté pour que la venue du chef de l'Etat dans l'île marque l'ouverture d'un nouveau cycle de relations de la Corse avec l'Etat", dit-il.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a déclaré lundi que l'exécutif était sur la même longueur d'ondes.

"Nous sommes attachés pour notre part à ce que dialogue se poursuive et nous espérons qu'il pourra se poursuivre de manière sereine dans les jours ou dans les semaines à venir", a-t-elle déclaré lors du compte rendu du conseil des ministres.

En Corse, où le mouvement des "Gilets jaunes" a été confidentiel et n'a pas occasionné de troubles majeurs à l'ordre public, la situation économique est pesante.

"La Corse est le territoire métropolitain le plus pauvre et le plus frappé par des inégalités entre les citoyens et entre les territoires", s'alarme Gilles Simeoni, qui veut donner une couleur sociale au dialogue entre l'île et le continent. Selon l'Insee, 19,8% des Corses vivent aujourd'hui sous le seuil de pauvreté, contre un taux de 14% au plan national en 2016. 

Le président de l'exécutif a annoncé vendredi dernier un accord sur la modération des prix pour 240 produits courants entre les quatre principales enseignes de l'île qui ont signé une charte en ce sens sous le patronage des élus nationalistes.

Cette mesure inédite est le résultat de la conférence sociale qui a réuni élus, grande distribution et "Gilets jaunes" locaux. "Simeoni veut résoudre à sa manière la crise des Gilets jaunes et donner avant sa venue une leçon à Macron qui patine", analyse un membre du premier cercle du président de l'exécutif. 

Mais la majorité nationaliste est traversée par des divisions et les attentats à l'explosif ont repris depuis la mi-mars, avec six résidences secondaires et un immeuble en construction visés du nord au sud de l'île dans une opération "qui semble concertée, mais qui n'est pas revendiquée politiquement", assure une source judiciaire.

Le week-end dernier, deux autres villas ont été en partie détruites par des explosifs à Sagone (Corse-du-Sud) et Venzolasca (Haute-Corse) tandis qu'une charge qui n'a pas explosé a été retrouvée ce lundi matin devant le centre des finances publiques du Cap corse, à Ville-di-Pietrabugno. 

(Avec Marine Pennettier, édité par Yves Clarisse)

3 commentaires

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  • M7163258
    01 avril17:29

    Qu'on leur donne l'indépendance !!! Cela ne nous empêchera pas d'y aller en vacances, de toutes façon pour s'y installer il faut être connu et soumis .... autrement gare aux explosifs!!!!

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