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Les hostilités se poursuivent à Gaza, Kerry s'active

Reuters23/07/2014 à 15:28

LA DIPLOMATIE EN MARCHE AU PROCHE-ORIENT

par Nidal al-Mughrabi et Dan Williams

(Reuters) - Le chef de la diplomatie américaine, John Kerry, a atterri mercredi à Tel Aviv pour tenter d'aider à trouver un accord de trêve dans la bande de Gaza, où l'armée israélienne poursuit son offensive et dit rencontrer une forte résistance du Hamas.

"Nous avons bien entendu fait des progrès. Nous avons encore du travail", a déclaré le secrétaire d'Etat américain à son arrivée à Jérusalem où il devait rencontrer le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon.

John Kerry doit également s'entretenir au cours de sa visite surprise d'une journée avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Le crochet du secrétaire d'Etat par Jérusalem et la Cisjordanie donne un indice du redoublement des efforts déployés par les diplomates en faveur de la conclusion d'un cessez-le-feu, plus de deux semaines après le lancement de l'opération "Bordure protectrice".

Depuis le début, 645 Palestiniens - parmi lesquels de nombreux civils - ont perdu la vie, dont un enfant de sept ans tué par un obus mercredi matin, a-t-on appris de source médicale.

Selon le ministère de la Santé à Gaza, 18 Palestiniens ont trouvé la mort mercredi, notamment dans la ville de Khan Younès, dans le sud du territoire, où les accrochages sont particulièrement violents.

Du côté israélien, 29 soldats ont été tués dans les opérations depuis leur déclenchement - l'un d'entre eux a été la cible d'un tireur embusqué durant la nuit de mardi à mercredi - et les tirs de roquettes palestiniennes ont coûté la vie à deux civils.

Un soldat israélien est également porté disparu et pourrait être mort, selon l'armée. Le Hamas dit l'avoir capturé mais n'a diffusé aucune image de l'éventuel otage.

L'OLP SOUTIENT LA DEMANDE DU HAMAS

Mercredi, d'épais nuages de fumée noire s'élevaient dans le ciel de Gaza.

"Nous rencontrons une résistance près des tunnels (...). Ils tentent en permanence de nous attaquer autour et à l'intérieur de ces tunnels. Voilà ce qui se passe", a déclaré le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de Tsahal.

Selon lui, 30 hommes armés ont été tués durant la nuit par l'armée.

La branche militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine al Kassam, dit avoir fait exploser une mine anti-personnel au passage d'une patrouille israélienne et avoir tué plusieurs soldats à cette occasion. L'Etat hébreu n'a pas donné de confirmation dans l'immédiat.

Dans le nord de la bande de Gaza, les habitants continuent à fuir Beit Hanoun, une localité située à la frontière avec Israël, où l'armée cherche de possibles tunnels du Hamas.

La Cisjordanie, l'autre territoire palestinien, n'est pas épargnée par les violences. Un Palestinien a été abattu par l'armée israélienne près de Bethléem. Tsahal dit avoir tiré une balle en caoutchouc dans sa direction lors d'une confrontation avec plusieurs dizaines de Palestiniens qui lançaient des pierres et des cocktails Molotov.

Sur le front politique, l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Mahmoud Abbas a apporté son appui à la demande du Hamas de cessation des hostilités, ce qui pourrait faire du président palestinien le principal interlocuteur pour une trêve.

"Les demandes de Gaza d'arrêt de l'agression et de levée du blocus sous toutes ses formes sont les demandes du peuple palestinien tout entier et elles représentent le but à atteindre auquel la direction palestinienne a consacré toute son énergie", a déclaré Yasser Abed Rabbo, membre du comité de direction de l'OLP, qui se trouvait à Ramallah, en Cisjordanie où est basé Mahmoud Abbas.

"Nous sommes certains que Gaza ne sera pas détruite aussi longtemps que notre peuple restera à ses côtés pour la soutenir."

POSSIBLES "CRIMES DE GUERRE"

A la différence du Hamas, qui refuse la coexistence avec l'Etat d'Israël, l'OLP négocie avec les dirigeants israéliens depuis plus de 20 ans.

Pour l'heure, le Hamas, le mouvement islamiste qui dirige Gaza, et d'autres factions palestiniennes, se sont montrés très réticents face à la proposition de trêve présentée par le voisin égyptien. Avant d'accepter, ils veulent, disent-il, recevoir des assurances d'un allègement du blocus israélo-égyptien de la bande de Gaza, entre autres concessions.

Le problème est encore compliqué par la méfiance entre le nouveau président égyptien Abdel Fattah al Sissi et le Hamas, qui soutenait son prédécesseur, l'islamiste Mohamed Morsi.

A Genève, Navi Pillay, Haut-Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, a évoqué de possibles crimes de guerres commis par Tsahal durant son offensive.

"Il existe quelques exemples pour lesquels il semble y avoir une forte possibilité que le droit international et humanitaire a été violé, d'une façon telle qu'ils pourraient constituer des crimes de guerre", a-t-elle déclaré en ouverture d'une séance extraordinaire du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

L'Etat juif a rejeté ces accusations et accusé le Hamas de se servir de civils comme boucliers humains.

Dans ce contexte, plusieurs compagnies aériennes ont annoncé la suspension de leurs vols à destination de Tel Aviv.

(Avec Arshad Mohammed au Caire et Amena Bakr à Doha; Danielle Rouquié et Simon Carraud pour le service français)

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