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Les grandes étapes de l'affaire Carlos Ghosn
AFP11/01/2019 à 09:39

Un véhicule de police patrouille devant le centre de détention de Tokyo où est incarcéré Carlos Ghosn, le 11 janvier 2019 ( AFP / Kazuhiro NOGI )

Voici les principaux événements survenus depuis l'arrestation au Japon de Carlos Ghosn, PDG de l'alliance de constructeurs automobiles Renault-Nissan-Mitsubishi Motors, soupçonné de malversations financières qu'il nie.

- Arrestation -

Le 19 novembre 2018, Carlos Ghosn est arrêté alors qu'il vient d'atterrir à Tokyo à bord d'un jet privé. Son bras droit Greg Kelly est lui aussi interpellé. Tous deux sont placés en garde à vue dans une prison du nord de Tokyo.

Des perquisitions ont lieu au siège de Nissan à Yokohama, dans la banlieue de Tokyo, et dans le luxueux appartement tokyoïte de M. Ghosn.

Le dirigeant franco-libano-brésilien, âgé de 64 ans, est soupçonné d'avoir omis de déclarer une grande partie de ses revenus aux autorités boursières pendant cinq ans, entre 2010 et 2015.

Dans la soirée, le président exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, affirme que M. Ghosn est soupçonné "de nombreuses autres malversations, telles que l'utilisation de biens de l'entreprise à des fins personnelles".

"C'est un problème que tant d'autorité ait été accordée à une seule personne", déclare-t-il devant la presse.

- Révoqué chez Nissan et Mitsubishi -

Le 20 novembre, le conseil d'administration de Renault confie "à titre provisoire" la direction exécutive du groupe à son numéro deux Thierry Bolloré. Carlos Ghosn demeure PDG.

En revanche, il est révoqué de la présidence du conseil d'administration de Nissan deux jours plus tard.

A Paris, les gouvernements français et japonais réaffirment leur soutien à l'alliance.

Bruno Le Maire fait part d'un audit interne de Renault sur les rémunérations de Carlos Ghosn. Mais "tant qu'il n'y a pas de charges tangibles", il ne sera pas démis de sa fonction de PDG de Renault, affirme-t-il, ce qu'il répètera le 6 janvier, invoquant la "présomption d'innocence".

Le 26, le conseil d'administration de Mitsubishi Motors limoge à son tour M. Ghosn.

Les dirigeants de Renault, Nissan et Mitsubishi Motors réaffirment le 29 leur "profond attachement" à leur alliance.

- 1ère inculpation -

Le 10 décembre, Carlos Ghosn et Greg Kelly sont inculpés pour dissimulation de revenus entre 2010 et 2015. Leur garde à vue est prolongée, pour le même motif mais concernant la période 2015-2018.

Le 13, le conseil d'administration de Renault confirme Carlos Ghosn à son poste de PDG, jugeant sa rémunération française conforme à la loi.

Le 17, le conseil d'administration de Nissan échoue à désigner un remplaçant à Carlos Ghosn.

Le patron exécutif de Nissan, Hiroto Saikawa, et le numéro 2 de Renault, Thierry Bolloré, se rencontrent pour la première fois le lendemain en tête-à-tête à Amsterdam, alors que les tensions montent au sein de l'alliance.

- Nouveau mandat d'arrêt -

Le tribunal de Tokyo annonce le 20 décembre avoir rejeté l'extension de la garde à vue de M. Ghosn réclamée par le parquet. Il peut théoriquement être libéré sous caution.

Mais le lendemain, les procureurs décident de remettre le dirigeant en garde à vue sur de nouvelles charges, d'abus de confiance: il est accusé d'avoir tenté de faire couvrir par Nissan des pertes sur des investissements personnels au moment de la crise économique de 2008, ce qu'il dément. Il est aussi soupçonné d'avoir effectué des virements d'un compte de la compagnie au bénéfice d'un ami saoudien.

Sa garde à vue sera prolongée à deux reprises, soit jusqu'au 11 janvier 2019.

Greg Kelly, bras droit de Carlos Ghosn, est libéré sous caution le 25 décembre.

- Comparution au tribunal -

Le 8 janvier 2019, Carlos Ghosn comparaît pour la première fois devant le tribunal de Tokyo, à sa requête. Apparaissant amaigri et menotté, il affirme avoir été "faussement accusé et détenu de manière injuste".

De son côté, le juge justifie sa garde à vue prolongée par un risque de fuite et d'altération des preuves.

Le 10 janvier, un conseil d'administration extraordinaire de Renault le maintient à sa tête.

- Nouvelles inculpations -

Au terme de sa garde à vue, le patron est mis en examen pour abus de confiance et pour avoir minoré ses revenus dans des rapports boursiers de Nissan entre 2015 et 2018. Débute une nouvelle période de détention provisoire.

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