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Les Européens pressent les Britanniques d'engager le "Brexit"

Reuters28/06/2016 à 20:46
    * David Cameron espère une issue constructive 
    * Les 27 demandent à Londres "de la clarté et un calendrier" 
    * Des scénarios alternatifs commencent à émerger 
 
 (Complété avec source française, détails, Sapin) 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    BRUXELLES, 28 juin (Reuters) - Les dirigeants européens 
réunis mardi à Bruxelles ont pressé les Britanniques d'engager 
la procédure de sortie de l'Union européenne sans tergiverser, 
après le vote en faveur du "Brexit" exprimé par leur peuple lors 
du référendum de jeudi dernier. 
    Lors du dîner à 28, le chef du gouvernement britannique, 
David Cameron, a informé ses partenaires du résultat de la 
consultation dont les 27 veulent tirer parti pour relancer une 
construction européenne fragilisée.  
    "On va écouter l'analyse de Cameron. Il ne faut pas 
l'humilier en parlant de l'avenir de l'Europe à 27", dit une 
source française. "Ce qu'on attend de lui c'est : de la clarté, 
un calendrier, le mode d'emploi sur ce qu'ils vont faire."  
    Seul le gouvernement britannique peut invoquer l'article 50 
du traité de Lisbonne formalisant ce retrait, ce qui ouvrira une 
négociation d'une durée pouvant aller jusqu'à deux ans pour 
organiser la sortie du pays de l'Union. 
    David Cameron a réaffirmé lundi qu'il laisserait à son 
successeur, qui sera désigné en septembre, le soin d'enclencher 
le processus de sortie. 
    "La Grande-Bretagne quittera l'Union européenne, mais je 
souhaite que le processus qui y mène soit aussi constructif que 
possible ; j'espère aussi que l'issue pourra être elle aussi 
constructive que possible", a-t-il déclaré. 
     
    UN DÉLAI QUI INQUIÈTE 
    François Hollande a souligné pour sa part la nécessité 
d'"engager le plus vite possible la procédure de sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne, et ensuite engager les 
négociations qui suivront". 
    Pour y parvenir, les Européens doivent faire preuve de 
"conviction", a-t-il ajouté, en estimant que "la position de la 
France, je n'en doute pas, sera la position qui sera retenue au 
niveau de l'Union européenne". 
    "Je n'imagine pas un gouvernement britannique quel qu'il 
soit ne pas respecter le choix de son propre peuple", a 
poursuivi le président français.  
    Le délai imposé par David Cameron inquiète des pays comme la 
France ainsi que les institutions européennes, qui craignent la 
prolongation de la période d'incertitude.  
    "Il faut essayer de maîtriser cette incertitude, de la 
limiter dans le temps", a déclaré sur Public Sénat le ministre 
français des Finances, Michel Sapin. "L'incertitude, c'est un 
danger maximal pour la Grande-Bretagne, mais ça peut être aussi 
un danger pour l'Europe". 
    Selon un responsable européen citant Mario Draghi, président 
de la Banque centrale européenne (BCE), l'impact négatif lié au 
Brexit serait de 0,3% à 0,5% sur trois ans.    
    Il y a d'autant plus urgence que des scénarios alternatifs 
commencent à naître. 
    La Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, sera 
mercredi à Bruxelles pour évoquer les moyens d'obtenir le 
maintien de l'Ecosse dans l'Union européenne.   
    Jeremy Hunt, ministre britannique de la Santé et possible 
candidat à la succession de David Cameron, a évoqué quant à lui 
un deuxième référendum si Bruxelles autorise la Grande-Bretagne 
à contrôler totalement ses frontières. 
    "Aussi, avant de lancer le compte à rebours, nous devons 
négocier un accord et le soumettre au peuple britannique, soit 
avec un référendum, soit à travers le programme conservateur 
dans le cadre d'élections générales", a-t-il expliqué. 
     
    DES PROJETS DÈS SEPTEMBRE ?   
    Angela Merkel a assuré à son arrivée au Conseil "qu'il n'y 
aurait pas de discussions formelles ou informelles avant que la 
Grande-Bretagne ait déclenché l'article 50". 
    Cette position a été affirmée par les dirigeants de la 
France, de l'Allemagne et de l'Italie lundi à Berlin. 
    Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a lui déclaré 
que "l'Europe est prête à commencer la procédure de divorce dès 
aujourd'hui, sans enthousiasme comme vous pouvez l'imaginer, ce 
n'est pas le scénario dont nous rêvions". 
    La France, l'Allemagne et l'Italie - pays fondateurs de la 
Communauté européenne et les plus peuplés - sont convenus lundi 
de la nécessité de relancer l'UE dans les domaines de la 
sécurité, de la croissance, ainsi que de l'harmonisation fiscale 
et sociale dans la zone euro.   
    Dans une déclaration commune, ils proposent de "lancer un 
processus, selon un calendrier strict et un ensemble précis 
d'engagements", et la tenue d'un sommet des Vingt-Sept en 
septembre pour adopter des projets. 
    "L'idée est de faire des propositions très concrètes qui 
puissent être mises en œuvre dans les six mois, des choses très 
visibles pour montrer aux Européens les avantages de l'Europe", 
explique un diplomate français.  
     
    ENCADRE L'article 50, pomme de discorde du Brexit 
        
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, avec le bureau européen 
de Reuters, édité par Sophie Louet) 
 

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