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LEAD 2-Cazeneuve exclut de démissionner après l'attaque de Nice

Reuters20/07/2016 à 16:58
 (Corrige nombre policiers mobilisés à Nice) 
    * Les critiques croissent sur la sécurité à Nice 
    * "On ne déserte pas le combat contre le 
terrorisme"-Cazeneuve 
    * Le ministre n'exclut pas d'autres réformes du 
renseignement 
 
    PARIS, 20 juillet (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur 
Bernard Cazeneuve rejette toute idée de démission en réponse aux 
vives critiques de la droite et de l'extrême droite après 
l'attaque de Nice le 14 juillet, jugeant "qu'on ne déserte pas 
le combat contre le terrorisme". 
    Dans une interview publiée mercredi par Le Monde, il dénonce 
ceux qui, comme la présidente du Front national Marine Le Pen, 
mais aussi une partie de la droite, proposent selon lui des 
"lois d'exception" pour "s'affranchir de l'Etat de droit". 
    "En attisant les antagonismes par les discours, le FN prête 
la main à l'objectif des terroristes: créer des fractures 
insurmontables. Il est une force de dislocation de la République 
et de la nation", dit-il. 
    Après avoir hué le Premier ministre Manuel Valls lors de 
l'hommage aux 84 victimes de l'homme qui a foncé le soir du 14 
juillet sur la foule massée promenade des Anglais, des Niçois 
ont annoncé leur intention de porter plainte contre l'Etat et, 
si besoin, la mairie de Nice. 
    Selon l'un d'eux, qui a perdu sa fille de deux ans, l'Etat 
n'a pas pris les mesures de sécurité adaptées à l'événement. Il 
affirme avoir parcouru 200 mètres ce soir-là "sans voir un seul 
policier" alors que l'état d'urgence était toujours en vigueur.  
   
    Selon le Canard enchaîné, paru mercredi, la préfecture 
envisageait de créer une sorte de "fan zone" à la demande du 
maire adjoint Les Républicains Christian Estrosi, avant d'y 
renoncer faute d'effectifs suffisants. 
    Critiquant le dispositif mis en place, Christian Estrosi a 
appelé Manuel Valls à saisir l'inspection générale des services 
pour faire toute la lumière sur les conditions de sécurité. 
    Manuel Valls lui a répondu que le dispositif avait été 
"concerté, consenti et validé" par la municipalité lors de 
quatre réunions entre la préfecture, la mairie, ou la police 
municipale. 
    "Sinon, cela aurait signifié que la collectivité locale 
(...) aurait accepté l'organisation d'un événement sans 
souscrire au dispositif de sécurité", a-t-il dit lors des 
questions d'actualité à l'Assemblée nationale. 
             
    "POLICIERS EXEMPLAIRES" 
    Selon Manuel Valls, 185 policiers nationaux et 20 militaires 
étaient mobilisés ce soir-là à Nice pour une foule estimée par 
la municipalité à 30.000 personnes. 
    Pour Bernard Cazeneuve, "le préfet, le directeur 
départemental de la sécurité publique, les policiers ont été 
exemplaires". 
    "Les responsables politiques doivent s'ériger au-delà de 
leurs propres intérêts et se garder de toute tentation populiste 
: c'est la protection de la Nation dont il est question", 
dit-il. 
    Prié de dire s'il faut renoncer à certains événements ou 
rehausser les dispositifs de sécurité, le ministre de 
l'Intérieur invite à une "étroite coopération" entre l'Etat, les 
organisateurs et les collectivités locales "pour prendre toutes 
les précautions".  
    Le président LR Nicolas Sarkozy et le maire de Bordeaux 
Alain Juppé, notamment, ont reproché au gouvernement de ne pas 
avoir pris tous les moyens pour empêcher une attaque terroriste. 
    "Soutenir que nous ne mettrions pas tout en œuvre en raison 
d'une supposée désinvolture est aussi irresponsable 
qu'inacceptable", rétorque Bernard Cazeneuve. 
    Il se dit néanmoins prêt à "aller plus loin", comme l'y 
invite la commission d'enquête parlementaire sur les attentats 
de 2015 mais redit son refus de procéder à une refonte des 
services de renseignement. 
    "Je suis, dans ma responsabilité, vigilant, et ne souhaite 
pas mettre les services de renseignement dans une situation de 
big bang permanent, au risque de les déstabiliser", dit-il. 
    Le ministre de l'Intérieur redit que l'état d'urgence qui a 
été prolongé dans la nuit de mardi à mercredi pour six mois "ne 
peut pas être un état permanent". 
    "L'attentat de Nice montre qu'il peut y avoir des répliques 
et appelle un niveau de vigilance renforcé. C'est le caractère 
imminent du péril qui justifie la prolongation". 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 

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