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Le vrai-faux retour politique de Nicolas Sarkozy

Reuters08/07/2013 à 22:04

LE VRAI-FAUX RETOUR POLITIQUE DE NICOLAS SARKOZY

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy a assuré lundi que sa participation à la réunion extraordinaire du bureau politique de l'UMP ne marquait pas "sa rentrée politique" et a jugé "indécent" d'évoquer l'élection présidentielle de 2017 dans un contexte de crise économique.

Mais les centaines de militants massés devant le siège du principal parti d'opposition et ses amis politiques, qui lui ont réservé un accueil digne d'une rock star après le rejet, jeudi dernier, de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel, ont interprété sa présence comme un retour.

"Hollande t'es foutu, Sarkozy est revenu" ou encore "Nicolas, Nicolas, Nicolas", ont scandé les militants.

"Ce n'est pas encore l'heure des présidentielles, mais ça y ressemble", a déclaré le député UMP de Paris, Pierre Lellouche.

Prié de dire s'il s'agissait d'un retour politique, le chef de file des députés UMP, Christian Jacob, a pour sa part répondu dans un grand sourire : "Je pense, oui."

L'ancien président, qui a claqué la porte du Conseil constitutionnel après la décision des Sages qui prive l'UMP d'une subvention publique de 11 millions d'euros, a lui-même a multiplié les déclarations ambiguës entre deux bains de foule, à son entrée et à sa sortie de la réunion.

"Vous pourrez compter sur moi à chaque fois qu'il y en aura besoin", a-t-il dit devant le bureau politique, selon la retranscription de son discours sur son compte Twitter. "Mais il y a quelque chose d'indécent à parler du rendez-vous de la présidentielle alors que les Français souffrent."

Guillaume Peltier, un des vice-présidents de l'UMP, a explicité le propos : "Il nous l'a dit : 'si un jour je devais décider de revenir, je vous préviendrais'."

L'heure n'est toutefois pas encore venue.

"Ceci n'est pas ma rentrée politique, le jour où je reprendrai la parole ce sera pour parler aux Français de la France", a déclaré l'ancien chef de l'Etat devant les membres du bureau politique. "Ce ne sera pas pour parler de moi, pas pour parler de nous. Ce sera pour parler d'eux".

"Je continuerai mon chemin avec le souci du recul, de la réflexion, de l'écoute, de la paix dont j'ai besoin après tant d'années d'exposition", a-t-il ajouté.

LE FAVORI DES ÉLECTEURS UMP

Le compte Twitter de Nicolas Sarkozy était inactif depuis le 6 mai 2012, date de sa défaite à l'élection présidentielle et de son discours prononcé à la Mutualité.

Revenant sur la décision du Conseil constitutionnel, l'ancien président a estimé que "respecter les institutions, ce n'est pas en accepter toutes les décisions."

"La décision prise par le Conseil crée une situation grave et inédite. La question n'est pas celle de l'UMP mais celle du pluralisme", a-t-il dit, toujours selon son compte Twitter.

Pour l'ancienne ministre de l'UMP, Nadine Morano, la présence de Nicolas Sarkozy à la réunion était naturelle.

"Aujourd'hui, nous vivons vraiment une très grande difficulté, s'il n'était pas là les électeurs, les militants ne le comprendraient pas", a-t-elle dit à la presse.

Le président de l'UMP Jean-François Copé, qui a lancé une souscription pour rembourser les 11 millions d'euros d'ici au 31 juillet, a estimé de son côté qu'il était important "que tout le monde soit là" alors que le parti traverse une épreuve.

"C'est dans cet esprit que j'ai appelé les Françaises et les Français à répondre à l'appel à la souscription", a-t-il dit. "Je suis très touché de voir qu'ils ont été aussi nombreux à répondre en seulement trois jours même si la route est encore longue, nous sommes loin des 11 millions d'euros."

A un an des élections municipales, Nicolas Sarkozy a également appelé à l'unité son parti à peine sorti de la guerre pour la présidence du parti entre François Fillon, qui est candidat pour 2017, et Jean-François Copé.

"Devant l'inquiétude des Français, toute division est inacceptable. Se diviser, c'est s'affaiblir. Quand on gagne c'est ensemble", a-t-il dit.

Plus d'un an après son échec à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy reste le favori des sympathisants UMP pour le scrutin de 2017 avec 67% d'opinions favorables, loin devant François Fillon (13%), selon un sondage CSA publié la semaine dernière.

Marine Pennetier, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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