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Le Vatican défend son action contre la pédophilie dans l'Eglise

Reuters07/05/2014 à 00:23

LE VATICAN SE DÉFEND SUR LA PÉDOPHILIE

par Stephanie Nebehay et Tom Heneghan

GENEVE (Reuters) - Le Vatican, sommé par l'Onu de s'expliquer sur les cas de pédophilie impliquant des religieux, a vanté mardi les mesures qu'il a prises ces dix dernières années pour assurer la sécurité des enfants et a demandé à ses détracteurs de ne pas rester "fossilisés dans le passé".

Répondant aux inquiétudes du Comité des Nations unies contre la torture, l'observateur permanent du Saint-Siège auprès de l'Onu à Genève, l'archevêque Silvano Tomasi, a reconnu que l'Eglise catholique avait dans le passé protégé des prêtres coupables mais a souligné qu'elle avait beaucoup fait ces dernières années pour que cela ne se produise plus.

"Nous ne devons pas être fossilisés dans le passé", a-t-il lancé. Dans les années 1960 et 1970, a-t-il ajouté, la "culture du temps" faisait que les coupables de tels actes semblaient plus relever d'un traitement psychologique que de poursuites pénales.

"Malheureusement, c'était une erreur, comme l'expérience l'a montré. Nous devons tenir compte de l'évolution de la culture et (...) de l'ampleur du travail qui a été fait en dix ans par l'Eglise catholique", a ajouté Mgr Tomasi.

La plupart des affaires de pédophilie concernant des religieux remontent à des dizaines d'années mais n'ont été révélées que très tardivement.

Ces dix dernières années, a dit l'archevêque italien, l'Eglise a lutté efficacement contre les violences sexuelles imposées aux enfants, "un fléau répandu dans le monde entier", et ses efforts pourraient "servir d'exemple" à d'autres.

"UNE FORME DE TORTURE"

Durant la décennie passée, 3.420 dossiers crédibles d'agressions sexuelles attribuées à des prêtres ont été remis au Vatican et 824 religieux ont été en conséquence défroqués. Aux Etats-Unis, l'Eglise a versé deux milliards et demi de dollars aux victimes depuis 1960, a-t-il rappelé.

Barbara Blaine, présidente-fondatrice de l'organisation de défense des victimes SNAP (Survivors Network of those Abused by Priests), a accusé Mgr Tomasi d'éluder les problèmes en disant que l'Eglise n'avait fait que suivre les idées admises à l'époque par les experts.

"C'est ridicule. Tout le monde savait bien que le viol d'un enfant était un crime qui aurait dû être signalé à la police", a-t-elle dit.

L'Eglise, a poursuivi Barbara Blaine, ne s'engage toujours pas à chasser les prédateurs sexuels qui sont dans ses rangs et à punir les évêques qui ont couvert de tels crimes.

Mgr Tomasi, d'accord avec le comité des Nations unies, a dit considérer les agressions sexuelles contre des enfants comme une forme de torture. C'est également le cas pour l'avortement, a-t-il tenu à ajouter.

Le comité de l'Onu doit publier le 23 mai son rapport final sur le respect ou non par le Vatican de la convention contre la torture.

Lundi, il avait suggéré la mise en place d'un système d'enquête permanent sur les abus sexuels dans l'Eglise pour mettre fin à tout "climat d'impunité".

(Avec Philip Pullella à Rome; Guy Kerivel pour le service français)

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