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Le Trésor réfléchit à limiter le coût social de l'obésité

Reuters02/09/2016 à 15:12

DES MESURES À L'ÉTUDE POUR RÉDUIRE L'OBÉSITÉ

PARIS (Reuters) - Bercy prône la mise en place de mesures pour contenir en France la hausse du nombre de personnes obèses ou en surpoids, qui contribuent à une part élevée des dépenses de santé, 56% pour les soins de ville et probablement davantage pour l'hôpital.

En 2030, 33 millions de personnes devraient être en surpoids dans l'Hexagone contre 24,6 millions en 2012, soit près de la moitié de la population, selon une étude du Trésor.

Ce problème de santé a coûté 20 milliards d'euros en 2012, soit "un montant comparable à celui de l'alcool et du tabac", précise le document.

Toutefois, le coût par individu est inférieur à celui des alcooliques ou fumeurs parce qu'il concerne une partie plus importante de la population.

Il est ainsi de 1.300 euros par an pour les obèses et de 360 euros pour les personnes en surpoids, contre 3.950 euros pour les alcooliques et 1.990 pour les fumeurs.

L'excès de poids accroît le risque de contracter une maladie chronique et, dans les cas les plus graves, peut conduire à la mort puisque 13% des décès étaient imputables à l'obésité en 2002 en Europe, souligne cette étude.

L'obésité reflète d'importantes inégalités sociales "puisqu'elle est sur-représentée chez les ménages modestes", ajoute-t-elle.

Pour le Trésor, les comportements individuels ne doivent pas être stigmatisés, "car les causes de l'obésité sont multiples (qualité des aliments consommés, déterminants génétiques etc...)."

LIMITER LA TAILLE DES ASSIETTES ?

De plus, les comparaisons internationales pour les plus de 15 ans semblent montrer que la situation française est "plutôt moins préoccupante que celle des autres pays de l'OCDE, et en particulier celle des pays anglo-saxons", selon l'étude.

Ses auteurs estiment que des "mesures pertinentes" ont déjà été prises, comme les taxes nutritionnelles récemment instaurées pour orienter les comportements alimentaires, mais les jugent insuffisantes.

Les contributions sur les boissons sucrées et édulcorées, instaurées en 2012, ont ainsi rapporté un peu moins de 400 millions d'euros à la sécurité sociale en 2014, souligne-t-il.

Selon l'étude, "il semble possible de renforcer les incitations pour les médecins à développer la prévention et améliorer l'efficacité des taxes nutritionnelles pour qu'elles infléchissent de manière plus marquée les comportements".

Le Trésor estime en outre que, en plus d'agir sur la fiscalité, "d'autres types de mesures non coûteuses et innovantes pourraient être encouragées", comme des campagnes de prévention plus ciblées, ou limiter voire interdire des publicités destinées aux enfants vantant des produits dont l'excès de consommation peut nuire à la santé.

Il préconise aussi l'interdiction des distributeurs de confiseries avec une vitre en verre permettant de voir les produits, couplée à une incitation pour les entreprises à mettre à disposition des salariés des fruits plutôt que des confiseries dans les distributeurs.

Autre mesure envisagée, utiliser des assiettes plus petites dans les cantines et établir une "portion standard".

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

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