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Le président centrafricain favorable à des pourparlers

Reuters30/12/2012 à 21:50

LE PRÉSIDENT CENTRAFRICAIN FAVORABLE À DES POURPARLERS

par Ange Aboa et Paul-Marin Ngoupana

BANGUI/PARIS (Reuters) - Le président centrafricain François Bozizé s'est dit prêt dimanche à former un gouvernement de coalition avec les rebelles et a accepté le principe de pourparlers de paix au Gabon sans conditions préalables.

Un porte-parole du Séléka a pris acte de ses propositions et réclamé des garanties de sécurité pour les familles des insurgés.

Le chef de l'Etat, dont le régime est menacé par les rebelles qui sont aux portes de Bangui, a en outre indiqué qu'il ne briguerait pas de nouveau mandat en 2016.

"Je suis prêt à former un gouvernement d'unité nationale avec le Séléka pour gouverner ensemble le pays parce que je suis un démocrate", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée à l'issue d'un entretien à Bangui avec son homologue béninois, Thomas Yayi Boni, président en exercice de l'Union africaine.

Il s'est également dit prêt à participer "sans condition et sans délai" à des pourparlers de paix organisés par les dirigeants de la région à Libreville.

Dans un entretien accordé à France 24, Eric Massi, porte-parole du Séléka à Paris, a réservé sa réponse, accusant le gouvernement de commettre des "exactions" et, notamment, d'avoir arrêté des parents de rebelles qui ont été emmenés vers des destinations inconnues.

"Je prends acte de propositions. Nous avons besoin de les étudier", a dit Eric Massi. "L'objectif de la (coalition du) Séléka n'est pas d'entrer dans un gouvernement, mais de permettre au peuple centrafricain d'assumer ses responsabilités afin de conduire le pays sur la voie du développement et de l'épanouissement de l'ensemble des citoyens", a-t-il poursuivi.

GARANTIES

Assurant que "l'ensemble du territoire national (était) sécurisé", Eric Massi a indiqué que la rébellion renoncerait à entrer dans Bangui en échange de "garanties concrètes de la part du président Bozizé".

"Je n'ai rien entendu sur la cessation des exactions à l'encontre des membres de nos familles de la part du régime. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées et emmenées vers des destinations inconnues", a-t-il dénoncé sur France 24. "Nous voulons des garanties sur la sécurité de nos familles".

Les insurgés du Séléka, qui veut dire "coalition" en langue vernaculaire Sango, sont désormais à 75 km de Bangui.

Ce mouvement hétéroclite formé de trois groupes armés reproche au président de ne pas avoir respecté les termes d'un accord datant de 2007 et prévoyant que les rebelles ayant déposé les armes soient indemnisés.

Passé à l'offensive le 10 décembre, il réclame des pourparlers directs avec le pouvoir ainsi que des garanties pour ses chefs militaires.

D'après Nelson Ndjadder, un autre porte-parole des insurgés qui s'est exprimé en France, la guérilla compte environ 3.000 combattants et ses effectifs grossissent depuis le début de l'offensive, partie du nord-ouest de la RCA.

En 2003, une rébellion avait atteint Bangui, préfigurant l'arrivée au pouvoir du général François Bozizé, depuis réélu par les urnes.

Les Banguissois ont pour leur part commencé à fuir la capitale en traversant la rivière Oubangui, ou à faire des provisions de vivres et d'eau en vue d'un assaut des insurgés.

160 SOLDATS FRANÇAIS SUPPLÉMENTAIRES

Dimanche matin, les rues de la capitale étaient en bonne partie désertes à l'exception de patrouilles de l'armée et d'une poignée de fidèles se rendant à l'office dominical.

Vendredi, les pays de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) ont convenu de dépêcher des troupes supplémentaires pour appuyer la faible armée centrafricaine. La CEEAC dispose déjà d'un demi-millier de soldats de la paix en RCA. On ignore toutefois combien d'hommes seront envoyés en renfort et la date de leur arrivée.

La France, l'ancienne puissance coloniale, a dépêché dimanche près de 180 militaires supplémentaires, appuyés par deux hélicoptères, à Bangui.

Cet envoi porte le contingent militaire français en RCA à près de 600 hommes, a précisé le ministère de la Défense à Paris. Ces militaires, en provenance du Gabon, doivent "assurer si nécessaire la sécurité des ressortissants et des emprises diplomatiques françaises", a précisé le ministère.

A l'Elysée, on indique que François Hollande "suit avec la plus grande attention les derniers développements en République Centrafricaine, notamment après la rencontre entre Monsieur François Bozizé, Président de la République Centrafricaine, et Monsieur Boni YAYI, Président de la République du Bénin, Président de l'Union Africaine".

Avec Richard Valdmanis à Bangui, Madjiasra Nako à N'Djamena, Catherine Bremer à Paris,; Jean-Loup Fiévet et Hélène Duvigneau pour le service français

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