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Le patron de Samsung écroué dans l'affaire de trafic d'influence
Reuters17/02/2017 à 05:43

    par Hyunjoo Jin et Joyce Lee 
    SEOUL, 17 février (Reuters) - Jay Y. Lee, numéro un du 
conglomérat sud-coréen Samsung Group  SAGR.UL , a été arrêté 
vendredi pour son implication dans l'affaire de trafic 
d'influence à l'origine de la suspension de la présidente Park 
Geun-hye.  
    Les juges du tribunal de Séoul devant lequel il a comparu 
ont en revanche refusé d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre 
Park Sang-jin, président de Samsung Electronics  005930.KS .  
    Jay Y. Lee, qui est âgé de 48 ans, a été écroué au Centre de 
détention de Séoul où il attendait la décision de la justice à 
l'issue d'une audience à huis clos qui s'est achevée jeudi soir. 
    Il a été placé dans une cellule individuelle dotée d'une 
télévision et d'un bureau, a précisé un responsable 
pénitentiaire. 
    Vendredi midi, l'action Samsung Electronics perdait 1,4% 
tandis que le titre Samsung C&T  028260.KS , qui est de facto la 
société holding du conglomérat Samsung Group, reculait de 2,8%. 
L'indice composite sud-coréen (KOSPI)  .KS11  baissait lui de 
0,2%. 
    Les procureurs ont désormais dix jours pour inculper Lee, 
bien qu'une demande d'extension soit possible. S'il est mis en 
examen, un tribunal devra rendre une décision dans les trois 
mois. 
    Aucune décision n'a été prise quant à un appel ou une 
demande de libération sous caution, a annoncé vendredi une 
porte-parole de Samsung Group. 
    Le mois dernier, le même tribunal avait rejeté une première 
demande de mandat d'arrêt déposée par le procureur spécial 
chargé du dossier, mais les chefs d'accusation ont été élargis 
mardi par les procureurs. 
    Lee est soupçonné d'avoir promis 43 milliards de wons (35 
millions d'euros) à une entreprise et des fondations créées par 
Choi Soon-sil, amie et confidente de Park Geun-hye, en échange 
de l'appui de la caisse publique des retraites à un projet de 
fusion de deux filiales de Samsung en 2015. 
     
    SAMSUNG CONTINUE À NIER 
    Samsung aurait notamment financé la carrière dans 
l'équitation de la fille de Choi Soon-sil, qui a été arrêtée au 
Danemark à la demande de Séoul.   
    Jay Y. Lee rejette ces accusations. Mercredi, Samsung Group 
a de nouveau démenti les accusations à son encontre, déclarant 
sur Twitter: "Samsung n'a absolument jamais corrompu la 
présidente dans le but d'obtenir quelque chose en échange, ni 
sollicité des faveurs illicites." 
    "Nous ferons de notre mieux pour que la vérité soit révélée 
à l'audience", a ajouté l'entreprise. 
    Samsung est le premier producteur mondial de smartphones, de 
mémoires électroniques et de téléviseurs à écran plat.  
    Le Parlement sud-coréen a voté début décembre à une 
écrasante majorité la destitution de Park Geun-hye, qui est 
suspendue et privée de ses prérogatives en attendant la décision 
de la Cour constitutionnelle. Cette dernière a précisé jeudi 
qu'elle achèverait le 24 février ses auditions sur le dossier. 
     
    CONTINUITÉ DES ACTIVITÉS 
    Si les activités quotidiennes continuent, des experts 
estiment que l'épisode pourrait affecter la prise de décisions 
au sommet du conglomérat, alors que se poursuit une 
restructuration destiné à attribuer à Lee la direction 
officielle du groupe, après le retrait de son père en 2014. 
    Les rendez-vous de Lee devraient pour le moment être assurés 
par son numéro deux et mentor, Choi Gee-sung.  
    "Choi est très expérimenté et a fait un bon travail. Il est 
le mieux placé pour gérer les affaires au niveau du groupe en 
l'absence de Lee", estime un premier responsable. 
    "Tout s'est arrêté", rapporte un second. "Nous nous 
concentrons surtout sur l'enquête du procureur (...) Nous allons 
lancer un plan d'urgence et tout sera sous le contrôle de Choi 
pour le moment." 
    La Chambre coréenne du commerce et de l'industrie s'est dite 
"inquiète" de voir la première société du pays, "à la pointe de 
la concurrence mondiale, être confrontée à un vide de sa 
direction". 
    L'absence de l'héritier, susceptible d'être longue, pourrait 
aussi favoriser l'émergence du vice-président et directeur 
général de Samsung Electronics, Kwon Oh-hyun, responsable des 
activités de puces du groupe, qui génèrent désormais la majeure 
partie de ses bénéfices.  
 
 (Avec Ju-min Park et Cynthia Kim; Julie Carriat, Marc Angrand 
et Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 

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