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Le mandat des observateurs de l'Onu en Syrie prolongé

Reuters20/07/2012 à 21:18

PROLONGATION DE 30 JOURS DU MANDAT DES OBSERVATEURS DE L'ONU EN SYRIE

par Michelle Nichols

NATIONS UNIES (Reuters) - Le Conseil de sécurité des Nations unies a approuvé vendredi à l'unanimité une prolongation de 30 jours de la mission des observateurs de l'Onu en Syrie (Misnus), qui devait s'achever vendredi à minuit (samedi à 04h00 GMT), sans apporter d'ajustement à leur mandat.

Les 300 observateurs militaires non armés, envoyés pour veiller au respect du cessez-le-feu théorique obtenu par l'émissaire international Kofi Annan, ont arrêté la plupart de leurs opérations le 16 juin, en raison des risques liés à la violence.

Une centaine de civils sont également sur place pour travailler sur une solution politique au soulèvement entamé en mars 2011 contre le président Bachar al Assad.

Le Conseil de sécurité s'est entendu sur un texte proposé par la Grande-Bretagne après que la Russie, qui avait bloqué la veille l'adoption d'une résolution sanctionnant Damas, a finalement levé ses objections.

Dans sa version définitive, qui a convaincu Moscou de s'y rallier, le texte sur le mandat des "bérets bleus" exige des forces du gouvernement syrien comme des insurgés qu'ils prennent des mesures visant à stopper les violences.

La résolution 2059 précise aussi que le Conseil n'examinera une nouvelle prolongation de la Misnus que "dans l'éventualité où le secrétaire général rend compte d'une cessation de l'usage des armes lourdes et d'une réduction suffisante du niveau de violences par toutes les parties, et que le Conseil de sécurité le confirme".

Pour les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne, ce texte ressemble fort à une résolution de la dernière chance pour les observateurs.

"Si passés ces 30 jours, la dynamique change et si ces conditions sont remplies alors bien évidemment le Conseil de sécurité, sur recommandation du secrétaire général, se penchera de nouveau sur l'avenir de la Misnus. Mais si la situation ne change pas, la Misnus sera évidemment retirée au terme de ces 30 jours", a dit l'ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l'Onu, Mark Lyall Grant.

"La mission de l'Onu est prolongée pour la dernière fois de 30 jours sans ajustement de mandat", a souligné la délégation française auprès des Nations unies.

MOSCOU ET PÉKIN RÉPLIQUENT

Susan Rice, représentante américaine à l'Onu, a été encore plus explicite : cette extension du mandat, a-t-elle dit, servira "à permettre (aux observateurs) de se retirer en toute sécurité et de manière ordonnée".

"Le vote d'aujourd'hui (vendredi) sur l'extension du mandat de la Misnus pour une ultime période de 30 jours n'est pas la résolution qu'espéraient au départ les Etats-Unis. Notre préférence était d'adopter la résolution qui s'est malheureusement heurtée à un veto hier (jeudi)", a-t-elle également relevé, revenant sur l'échec de la veille.

Jeudi, Pékin et Moscou ont, pour la troisième fois en moins d'un an, bloqué un projet de résolution visant à exercer des pressions sur le régime Bachar al Assad et à le menacer de sanctions s'il n'appliquait pas le plan de sortie de crise préparé par l'émissaire international Kofi Annan.

Evoquant un jour triste pour la Syrie, le représentant permanent de la France, Gérard Araud, avait alors déclaré qu'il était désormais "clair que la Russie ne vise qu'à laisser plus de temps au régime syrien pour écraser l'opposition".

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Alexandre Loukachevitch a répliqué vendredi aux critiques des Occidentaux en déclarant que le projet de résolution était "absolument irréaliste".

Il a appelé les pays occidentaux à faire davantage pression sur les rebelles syriens pour qu'ils stoppent les combats.

"Au lieu de se livrer à de grossières insinuations sur la politique russe (...) nos partenaires occidentaux devraient au moins faire quelque chose pour encourager l'opposition à s'engager dans la voie d'une solution politique", a-t-il affirmé.

L'ambassadeur chinois à l'Onu Li Baodong a également rejeté les critiques occidentales. "Par leurs déclarations, certains pays ont tout simplement confondu le vrai et le faux et ont critiqué la Chine sans raison. Cela dissimule des arrière-pensées. La Chine s'y oppose résolument", a-t-il dit.

Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français

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