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Le gouvernement veut croire à la fin de ses bisbilles

Reuters05/09/2012 à 20:19

LE GOUVERNEMENT RELATIVISE L'IMPRESSION DE CACOPHONIE

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français s'est efforcé mercredi de minimiser l'impression de cacophonie donnée par certains de ses membres, sa porte-parole assurant que la coopération entre les ministres fonctionnait "à plein" en cette rentrée difficile.

A Matignon, on veut croire que la mise au point dominicale de Jean-Marc Ayrault - "Si ça devait continuer, chacun devra prendre ses responsabilités" - suffira à ramener de l'ordre.

"Le Premier ministre a remis les choses en ordre. Son intervention a porté ses fruits. Le message est passé", dit-on dans l'entourage du chef du gouvernement.

A la sortie du conseil des ministres où elle a présenté un grand plan sur le logement, la ministre écologiste Cécile Duflot a assuré que l'ambiance était "au travail".

"Si le projet de loi est proposé aujourd'hui, c'est qu'on y a travaillé tout cet été", a-t-elle dit à la presse. "Il y a beaucoup de ministres qui sont au travail et qui travaillent très sérieusement".

En août, la question des Roms a révélé un malaise entre la ministre de la Justice Christiane Taubira et son collègue de l'Intérieur Manuel Valls, dont l'omniprésence estivale a fait de l'ombre au reste de l'exécutif.

Plus récemment, des fissures sont apparues entre Aurélie Filippetti (Culture) et Jérôme Cazuhac (Budget) sur la question de la publicité sur la télévision publique, puis, surtout, entre le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, et celui du Redressement productif, Arnaud Montebourg, en marge d'une affaire de possible conflit d'intérêt impliquant la banque Lazard.

Sans oublier des mouvements de mauvaise humeur au sein du Parti socialiste sur le cumul des mandats ou avec les Verts sur le nucléaire, le prix des carburants ou le traité européen de stabilité budgétaire.

Le tout sur fond de sondages de confiance en berne pour François Hollande et Jean-Marc Ayrault, dont l'autorité a été contestée en sourdine par certains ministres comme la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.

CAFOUILLAGES

L'UMP voit dans tout cela un échec de la nouvelle équipe installée au pouvoir depuis à peine quatre mois.

"Personne à l'Elysée et à Matignon ne semble savoir où aller, et les cafouillages se multiplient à tous les niveaux, y compris entre les ministres", a déclaré mercredi Jean-François Copé, ajoutant n'avoir "jamais vu de telles tensions" à Bercy.

Interrogé lors de son point de presse hebdomadaire, la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a nié tout "problème de ministre à ministre" entre Pierre Moscovici et Arnaud Montebourg.

"Ils travaillent très bien les uns avec les autres", a-t-elle ajouté. "L'interministérialité fonctionne à plein."

"Si M. Montebourg est sorti de ses gonds, c'est qu'il avait été indûment mis en accusation et on peut comprendre, quand on connaît l'intégrité et la probité du personnage, qu'il cherche à se défendre", a-t-elle dit à propos du ministre du Redressement productif, ulcéré d'être accusé d'avoir choisi la banque Lazard pour mettre sur pied la Banque publique d'investissement.

Pierre Moscovici a dit avoir pris seul cette décision, qu'Arnaud Montebourg a qualifié de "très mauvaise idée".

Sa compagne Audrey Pulvar a été nommée à la tête du magazine Les Inrockuptibles par Matthieu Pigasse, qui dirige Lazard en France, soulevant les critiques de l'opposition.

D'autres ministres ont tenté d'apaiser les esprits, tel Bernard Cazeneuve, qui invitait dimanche la majorité à "serrer les rangs" en oubliant les ego.

"Ce que nous sommes individuellement est moins important que ce pour quoi nous avons été élus", a dit sur Europe 1 le ministre délégué aux Affaires européennes. "La politique ne peut pas être un exercice narcissisant dans la crise."

Un autre membre du gouvernement souligne pour sa part la solidité du couple Hollande-Ayrault. "Il y a une confiance totale entre eux, et reconnaissez que ça n'a pas toujours et le cas entre un président et son Premier ministre".

La balle revient dans le camp de François Hollande, qui sera dimanche sur TF1 pour un entretien d'une vingtaine de minutes, en attendant une première grande conférence de presse annoncée par son entourage entre fin septembre et début octobre.

"En politique, il faut faire et faire savoir", a résumé Najat Vallaud-Belkacem à propos du passage télévisé du chef de l'Etat.

Elizabeth Pineau, avec Julien Ponthus et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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