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Le gouvernement nie tout recul sur le mariage homosexuel

Reuters21/11/2012 à 14:09

LE GOUVERNEMENT SE DÉFEND DE RECULER SUR LE MARIAGE HOMOSEXUEL

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a démenti mercredi tout recul sur l'instauration du droit au mariage pour les homosexuels, malgré les critiques concernant la possibilité pour les maires qui y seraient opposés de ne pas les célébrer eux-mêmes.

Cette possibilité d'union homosexuelle, qui sera discutée au Parlement début 2013, est combattue par les représentants des religions monothéistes et par l'opposition de droite.

Une pétition d'élus annonçant qu'ils refuseraient de les célébrer a été lancée, le nouveau président de l'UMP, Jean-François Copé, ayant déjà fait savoir qu'il serait dans ce cas.

La ministre de la Justice Christian Taubira a expliqué mercredi dans un communiqué que, comme l'avait dit François Hollande la veille devant les maires de France, ces élus pourraient déléguer la célébration du mariage à un autre membre du conseil municipal, mais qu'il n'était en revanche pas question qu'une municipalité puisse refuser la procédure.

"L'Etat est garant du respect de l'égalité des droits sur tout le territoire. Le droit au mariage dans la commune du domicile ou de la résidence de l'un des époux, inchangé depuis 1804, ne connaîtra aucune dérogation", peut-on y lire.

Les mariages hétérosexuels sont, dans leur immense majorité, déjà célébrés actuellement par des adjoints ou des membres du conseil municipal, notamment dans les villes grandes et moyennes, où le maire n'a pas le temps matériel d'être présent à toutes les cérémonies.

Les maires et les adjoints, juridiquement officiers d'état civil, peuvent déléguer l'exercice de ce droit à d'autres membres du conseil municipal, y compris à ceux qui siègent dans l'opposition.

Christiane Taubira a réaffirmé que le gouvernement resterait inflexible sur le principe.

"APAISEMENT"

"En tout état de cause, la célébration des mariages sera assurée dans chaque commune de France au nom de l'égalité des droits. Et l'Etat en sera le garant scrupuleux, conformément aux textes en vigueur", écrit-elle.

Pour la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, "le président veut réussir le mariage pour tous par la conviction et l'apaisement et pas par le passage en force".

François Hollande a déclaré mardi que les maires ne devaient pas être obligés de célébrer les mariages de personnes du même sexe, évoquant la possibilité de déléguer la direction de la cérémonie au nom du respect de "la liberté de conscience".

Ces propos ont été mal accueillis par des associations de défense des droits des homosexuels, tandis que l'UMP y voyait une brèche. Le principal parti d'opposition prévoit s'il revient au pouvoir de revenir sur ce nouveau droit au mariage.

La présidente de Gaylib, le mouvement associé à l'UMP et militant pour l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, a vivement condamné les propos du président français.

"Cette déclaration de Hollande sonne comme une déception et une trahison pour les homosexuels, mais aussi pour tous les Français qui soutiennent l'ouverture du mariage civil aux couples de même sexe", a dit Catherine Michaud.

La présidente de Gaylib, qui avait renvoyé dos-à-dos Jean-François Copé et François Fillon durant la campagne interne à l'UMP, rappelle que, selon elle, "la meilleure des luttes contre l'homophobie c'est l'égalité des droits".

La gauche, qui avait déjà instauré en 1999 une possibilité d'union civile pour les homosexuels avec le Pacs, avance le principe d'égalité et parle de "mariage pour tous" pour justifier cette réforme. Le droit à l'adoption est également prévu dans le projet de loi.

Les religieux et la droite estiment que le mariage, qui suppose à leurs yeux la procréation, ne peut être considéré comme universel et pensent que l'Etat doit maintenir le principe qu'il est constitué par l'union d'un homme et d'une femme.

Le mariage homosexuel existe déjà notamment dans plusieurs pays européens et dans certains Etats américains.

Thierry Lévêque, avec Mourad Guichard et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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