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Le G20 enjoint l'Europe à résoudre la crise de la dette

Reuters19/06/2012 à 01:52

Le G20 enjoint l'Europe à résoudre la crise de la dette

par Luke Baker et Krista Hughes

LOS CABOS, Mexique (Reuters) - L'hypothèque électorale grecque à peine levée, les dirigeants européens sont sous pression pour s'engager à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour mettre fin à l'interminable crise de la dette, lors d'un sommet du G20 placé sous le signe de l'emploi et de la croissance.

Au lendemain de la victoire des partis favorables aux mesures d'austérité en Grèce, qui éloigne temporairement le spectre d'un éclatement de la zone euro, le groupe des vingt pays les plus industrialisés et des puissances émergentes (G20) a entamé lundi une réunion de deux jours à Los Cabos, cité balnéaire de Basse-Californie, au Mexique.

Selon le projet de communiqué final lu à Reuters par une source du G20, les pays de la zone euro sont invités à s'engager à "prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour préserver l'intégrité et la stabilité de la zone euro, y compris en matière de fonctionnement des marchés financiers et en brisant la boucle qui lie les Etats souverains et les banques".

Selon plusieurs sources, le projet d'union bancaire figure dans le communiqué.

"La déclaration finale mentionne les travaux qui sont faits vers l'union bancaire", a déclaré une source française.

Les dirigeants européens, qui doivent rencontrer à sa demande lundi soir le président américain Barack Obama, ont nié être responsables de la baisse de croissance dans le monde et repoussé toute idée de remède miracle pour la zone euro.

"Franchement, nous ne sommes pas venus ici pour recevoir des leçons en termes de démocratie ou sur la façon de conduire nos économies", a déclaré à la presse José Manuel Barroso.

Pour le président de la Commission européenne, "si nos partenaires veulent aider la croissance au niveau global, ce serait important qu'ils montrent leur appui et même leur admiration pour les efforts de la zone euro, pour les pas que nous avons faits et pour ceux que nous allons faire très vite".

PRIORITÉ À LA CROISSANCE

Les partenaires européens de l'Espagne lui ont offert il y a dix jours un plan de 100 milliards d'euros pour venir en aide à ses banques, ce qui n'a fait qu'attiser les craintes d'une nouvelle escalade de la crise financière, illustrée par la flambée lundi du coût de la dette espagnole et italienne.

Les places financières ont accusé le coup lundi, les bourses européennes effaçant rapidement leurs gains après une brève période d'euphorie provoquée par le résultat des élections en Grèce, tandis que Wall Street connaissait une séance volatile.

La Syrie, en proie à une nouvelle escalade de la violence, a dominé la rencontre entre Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet. Les deux hommes ont demandé l'arrêt des violences et le dirigeant russe a souligné les "points communs" avec son homologue américain sur ce dossier.

Washington reproche à Moscou de continuer à armer le gouvernement syrien tandis que la Russie et la Chine freinent toute action contre le régime de Bachar al Assad.

L'essentiel des débats devrait cependant être consacré à la relance de la croissance de l'économie mondiale, qui figure au coeur du projet de communiqué, alors que la rigueur budgétaire, défendue notamment par Berlin et Londres, semble beaucoup moins mise en avant que dans les précédents communiqués du G20.

"Une croissance forte, durable et équilibrée demeure la priorité absolue du G20 car elle conduit à davantage de créations d'emploi et améliore le bien-être des peuples à travers le monde", assure le texte lu par la source.

"Nous sommes déterminés à adopter toutes les mesures politiques nécessaires pour renforcer la demande, soutenir la croissance et rétablir la confiance."

L'ALLEMAGNE SOUS PRESSION

Initiative rare au niveau du G20, le projet de communiqué fait nommément référence à un pays, la Grèce, où Barack Obama a estimé que le résultat des élections législatives avait ouvert "une perspective positive".

"Nous souhaitons que la zone euro travaille en partenariat avec le prochain gouvernement grec pour s'assurer qu'il reste sur la voie des réformes et du maintien dans la zone euro", dit le texte cité par la source.

José Manuel Barroso a fait part d'une volonté, en Europe, de faire plus pour la Grèce en matière de croissance.

"Les Grecs ont fait des efforts immenses en termes de consolidation budgétaire mais ils n'ont pas assez avancé en termes de réformes structurelles", a-t-il dit.

"Nous sommes prêts à voir avec nos amis Grecs comment trouver des mesures qui auront un impact immédiat pour la croissance et l'emploi", a-t-il ajouté, évoquant l'utilisation possible des fonds structurels européens.

La chancelière allemande Angela Merkel a quant à elle répété que Berlin s'opposerait au moindre assouplissement des engagements d'Athènes sur les réformes.

L'Allemagne est l'objet de tous les regards après les élections en Grèce et la nette victoire des socialistes aux élections législatives françaises, qui a conforté le président François Hollande, l'un des partisans européens les plus affirmés d'un "pacte de croissance" au côté du "pacte budgétaire" européen.

Si Angela Merkel a jusqu'à présent exprimé la plus grande intransigeance, plusieurs membres du gouvernement allemand ont laissé entendre que des concessions étaient possibles dans l'application des mesures induites par le plan d'aide international à la Grèce.

A son arrivée à Los Cabos, le ministre des Finances japonais Jun Azumi a déclaré que Pékin et Tokyo avaient convenu de "demander des efforts supplémentaires à la zone euro, notamment à l'Allemagne", jugeant "indispensable" une stabilité en Europe.

Dans un entretien paru au cours du week-end, le président chinois Hu Jintao a estimé pour sa part que le G20 devait aborder la crise de la dette "d'une manière constructive et coopérative", ajoutant qu'il fallait "encourager et soutenir les efforts des Européens pour la résoudre".

Benoit Van Overstraeten et Tangi Salaün pour le service français, avec Elizabeth Pineau à Los Cabos, édité par Natalie Huet


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