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Le "front républicain" du PS écorné sur le terrain

Reuters25/03/2014 à 13:26

LE" FRONT RÉPUBLICAIN" DU PS ÉCORNÉ À BÉZIERS ET DANS UN SECTEUR DE MARSEILLE

PARIS (Reuters) - L'appel du Parti socialiste au retrait de ses listes dans les villes où il y a une menace de voir le Front national l'emporter connaît des accrocs dans un contexte de règlements de comptes internes après la "claque" du premier tour des municipales.

Après l'ancien ministre Jean Glavany, la députée Delphine Batho, limogée du gouvernement en juillet pour avoir critiqué son budget, s'en prend au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault.

"Ça fait longtemps qu'il y a un problème de gouvernance, un désordre institutionnel avec les couacs à répétition. C'est donc une question de casting mais pas seulement : l'orientation de ce gouvernement est aussi en cause", dit-elle dans le Parisien.

Le ministre du travail, Michel Sapin, a reconnu mardi sur RTL qu'il "faudra changer" pour tenir compte de "la colère" exprimée au premier tour, avec le "Premier ministre que le président choisira". "Il peut choisir le même", a-t-il nuancé.

Le maire sortant socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, a traduit l'inquiétude qui gagne ce parti d'élus, redoutant de perdre leurs mandats lors des prochains scrutins, des européennes en mai prochain aux régionales de 2015.

Le premier tour "est une claque pour la gauche en raison de la politique nationale, c'est un fait", a déclaré sur France Inter. "Le gouvernement doit faire des progrès."

Dans ce contexte délétère, le PS tente de mettre en musique la consigne de "front républicain" de plus en plus contestée par la base, lancée par Jean-Marc Ayrault et relayée par Harlem Désir : "Aucune ville dirigée par le Front national."

Celle-ci s'applique au cas de figure où la liste de gauche est en troisième position et où son maintien pourrait "disperser les voix républicaines" et faire courir le risque d'une victoire FN, a expliqué lundi soir le Premier secrétaire du PS.

"JE NE SUIS PAS KO"

Les candidats qui passeraient outre se verraient retirer l'investiture du parti, a précisé Harlem Désir.

Après les candidats de Saint-Gilles (Gard) et Perpignan (Pyrénées-Orientales), Jean Broquier, dont la liste de gauche est arrivée troisième à Brignoles (Var), derrière le FN et l'UMP, a annoncé peu après son retrait.

Mais à Béziers, où le candidat soutenu par le FN est en position de force, le socialiste Jean-Michel Du Plaa a annoncé lundi soir qu'il comptait maintenir sa liste au second tour et essayer de fusionner avec celle du Front de gauche.

"On a décidé du principe. A priori, ça devrait pouvoir se faire", a dit à Reuters celui dont la liste d'union PS-Verts a obtenu 18,65% des voix contre 44,88% à Robert Ménard, soutenu par le FN, et 30,16% à Elie Aboud, candidat UMP.

"Le fait de disparaître de la politique bitterroise pendant six ans, de laisser FN et UMP face à face, ce n'est pas envisageable", a-t-il ajouté, affirmant que tous les membres de sa liste et sympathisants s'étaient prononcé dans ce sens.

Ce choix, s'il était maintenu, scellerait de fait la victoire de Robert Ménard.

A Marseille, symbole de l'échec du PS, son candidat Patrick Mennucci veut croire qu'une nouvelle élection se profile au second tour après le choc encaissé au premier.

Il est en effet arrivé troisième avec 20,77% des voix, très loin derrière la maire UMP sortant Jean-Claude Gaudin (37,64%), mais surtout derrière le FN Stéphane Ravier (23,16%).

"Je ne suis pas KO, je suis bien déterminé à être la surprise de dimanche prochain", a-t-il dit sur Europe 1 après avoir rallié la liste du Front de gauche mais essuyé un refus de la part de Pape Diouf, l?ancien président de l?Olympique de Marseille, qui a obtenu 6% sur l?ensemble de la ville.

Mais Patrick Mennucci se refuse à retirer le candidat PS arrivé troisième dans le septième secteur avec 21,66% des voix, où Stéphane Ravier (32,88%) est arrivé en tête devant l'UMP Richard Miron (27,83%) et pourrait l'emporter.

"Pourquoi le retirerais-je ? Le front républicain dans ce secteur conduirait à l'élection certaine de M. Ravier, M. Miron n'est pas capable avec 28% des voix de s'opposer à lui", a-t-il dit.

(Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)


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