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Le Front national espère faire son entrée au Sénat

Reuters28/09/2014 à 13:29

LE FRONT NATIONAL ESPÈRE FAIRE SON ENTRÉE AU SÉNAT

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Le Front national espère poursuivre dimanche sa moisson électorale dans les terres du sud de la France qui lui ont offert ses plus grands succès, en faisant entrer ses premiers élus au Sénat lors du renouvellement de la haute assemblée.

Dans un contexte local qui lui est favorable, l'UMP mise sur le gain de nouveaux sièges pour favoriser le retour d'une majorité de droite au Sénat.

Le renouvellement de 178 des 348 sénateurs, parmi lesquels les huit des Bouches-du-Rhône et les quatre du Var, pourrait notamment lui permettre de réussir son pari.

Mais la droite observe avec inquiétude la poussée du parti de Marine le Pen, dopé par ses résultats aux scrutins européen et municipal, surtout dans ces deux départements.

Malgré son peu d'estime pour le Sénat, la présidente du mouvement a pesé de tout son poids pour que le maire de Fréjus, David Rachline, conduise la liste FN dans le Var, département qui lui a offert deux autres mairies au mois de mars.

"Nous faisons un travail de fond. Nous nous servons de la dynamique nationale pour réussir localement, et inversement", résume l'élu de 26 ans, qui garde en point de mire le seul poste de sénateur détenu par le Parti socialiste dans le Var, les trois autres étant la propriété bien gardée de l'UMP.

La stratégie du parti est de miser sur l'exaspération des élus locaux et leurs inquiétudes face au redécoupage engendré notamment par la réforme territoriale. Dans le département voisin des Bouches-du-Rhône, cette même tactique pourrait s'avérer gagnante pour un autre élu du FN, Stéphane Ravier.

Aux municipales de mars, il a enlevé à la gauche le septième secteur de Marseille, vaste territoire implanté dans les quartiers nord de la cité phocéenne, l'équivalent d'une ville de 150.000 habitants. Cela lui assure la moitié des votes des grands électeurs nécessaire à son entrée au Sénat.

AUCUN SIÈGE POUR LE PS ?

Il espère récolter les voix manquantes parmi les opposants à la métropole marseillaise, pierre angulaire de la réforme territoriale du gouvernement, dont l'entrée en vigueur en 2016 est rejetée par la majorité des maires du département.

"C'est le grand défilé, on n'a jamais été autant courtisés que cette année", souligne un maire non inscrit de la région marseillaise face aux nombreuses sollicitations dont il est l'objet, "de gauche comme de droite", dit-il.

La multiplication des listes pourrait accentuer la défaite enregistrée par la gauche aux municipales, où elle a perdu trois des quatre secteurs qu'elle détenait à Marseille.

Dans le sud de la France, la gauche tentera donc d'éviter un naufrage dont l'onde de choc pourrait se répercuter l'an prochain aux élections cantonales et régionales.

En 2008, elle avait gagné cinq des huit sièges de sénateurs du département des Bouches-du-Rhône, les trois derniers revenant à l'UMP. Conduite alors par le patron socialiste du conseil général, Jean-Noël Guérini, rien ne semblait lui résister.

Ce n'est plus le cas six ans plus tard. Exclu du PS, Jean-Noël Guérini présente sa propre liste tandis que son ancienne colistière, la sénatrice communiste sortante Isabelle Pasquet, repart sous les couleurs du Front de gauche.

La fronde des anciens alliés du PS contre un gouvernement jugé trop libéral a aussi gagné les rangs des écologistes qui sont partis sous leur propre bannière.

Le basculement des mairies de gauche, et avec elle d'une grande partie des 3.521 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, a créé une situation à haut risque pour le PS local, qui pourrait perdre tous ses sièges dimanche.

Samia Ghali, la seule à avoir préservé son territoire dans les quartiers nord de Marseille, comme son homologue varois Pierre-Yves Collombat, doivent livrer un âpre et indécis combat.

"Les sénatoriales ont un air de téléthon. On y fait beaucoup de promesses de voix qu'il faut ensuite concrétiser le jour du scrutin", résume Jean-Noël Guérini, qui a fait du PS son adversaire après 43 ans de vie commune, au même titre que le FN.

(Edité par Yves Clarisse)

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