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Le Front de gauche veut imposer une majorité alternative

Reuters07/12/2012 à 17:43

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Le Front de gauche, qui se réunit samedi en Conseil national, veut imposer l'idée d'une majorité alternative à gauche en tirant parti notamment de la gestion gouvernementale du dossier de l'usine ArcelorMittal de Florange, qui a fortement déçu les syndicalistes.

Le co-président du PG, Jean-Luc Mélenchon, se fait désormais le chantre du socialisme vert et tend la main aux écologistes et aux élus de l'aile gauche du PS, tandis que le Parti communiste, dont le Congrès aura lieu en février, poursuit sa résistance au Sénat.

"Le Parti socialiste ne comprend absolument pas ce qui est en train de se passer dans la société", estime Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche.

"Ils ne comprennent pas qu'ils sont en train de prendre des décisions qui font pleurer les syndicalistes et sourire Madame Parisot (la présidente du Medef-NDLR)", ajoute-t-il.

Même s'ils estiment ne pas avoir "besoin de ça", PC et PG jugent que les divisions qui se sont fait jour au sein de l'exécutif sur Florange, et notamment le plaidoyer d'Arnaud Montebourg en faveur d'une nationalisation temporaire, contribuent à "légitimer" leurs revendications.

Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, dont les déconvenues électorales ont affaibli l'écho, qualifie Jean-Marc Ayrault de "social-menteur", et François Hollande de "social-flouteur".

"IL N'Y A PAS D'ALTERNATIVE À GAUCHE"

Se posant en potentiel Premier ministre d'une majorité alternative, il a récemment tenu à Paris les assises de "l'écosocialisme", doctrine dans laquelle il veut voir "la nouvelle définition de la démarche socialiste".

C'est à l'horizon des élections européennes de 2014 que cette nouvelle majorité, dont le Front de gauche serait le coeur, pourrait voir le jour, estime Eric Coquerel.

Cette coalition serait ouverte à tous ceux qui, socialistes ou écologistes, se sont différenciés de la politique gouvernementale en votant contre le Traité européen, dit-il.

Une main tendue qui est toutefois rejetée par les écologistes, partenaires du gouvernement. Ils considèrent le projet d'"écosocialisme" comme un socialisme avec l'écologie pour seul "supplément d'âme".

"On serait très heureux si d'autres partis, et donc éventuellement le Parti de gauche et le Parti communiste, voulaient nous rejoindre dans cette majorité", explique Pascal Durand, secrétaire national d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Mais pas question de "construire" une nouvelle majorité "à côté", prévient-il.

Pour Bruno Le Roux, président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale, "il n'y a pas d'alternative à gauche".

"Jean-Luc Mélenchon essaye de trouver son créneau pour essayer de revenir à un moment donné", dit-il. "Il parie sur un changement de politique (mais) il n'y a que lui qui croit à ça".

"LE PS VA AVOIR DES PROBLÈMES"

Quant à la stratégie des élus communistes, qui ont entamé un bras de fer avec le gouvernement au Sénat en s'abstenant ou en votant contre plusieurs textes, "ça nous permet d'accélérer le calendrier parlementaire", commente le député.

Pour lui, le Sénat est "l'endroit où les radicaux ont leur côté le plus poussiéreux, c'est-à-dire totalement arc-boutés sur la défense d'un système politique qui aujourd'hui est totalement rejeté par les Français".

L'idée d'un rassemblement des forces à la gauche du PS fait pourtant son chemin.

Une "Assemblée des gauches et des écologistes" pour proposer une alternative au pacte de compétitivité est prévue mercredi autour de personnalités du PG, du PC, du PS, d'EELV et de la société civile.

Le Front de gauche devrait par ailleurs discuter samedi des modalités d'une grande campagne nationale contre l'austérité.

"Dans la situation de difficulté du pays, toute la gauche doit être entendue, et à force de se comporter de manière autoritaire avec ses partenaires d'EELV ou avec les gens du FG en les considérant comme force négligeable, le PS va avoir des problèmes", estime Patrice Bessac, porte-parole du PCF.

S'il ne croit pas en la création d'une nouvelle majorité à gauche, Bruno Le Roux se dit attentif à un discours alternatif qui pourrait gagner du terrain au sein de la majorité.

"Il peut y avoir un autre discours qui se développe, et ce discours, je fais attention à ce qu'il ne trouve pas chez nous des voix qui pourraient le crédibiliser".

Avec Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet

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