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Le duel pour l'UMP se tend entre Copé et Fillon

Reuters27/09/2012 à 23:46

DUEL TENDU ENTRE COPÉ ET FILLON

par Sophie Louet

MARCQ-EN-BAROEUL, Nord (Reuters) - François Fillon et Jean-François Copé, adversaires pour la présidence de l'UMP, se sont pour la première fois mesurés côte à côte jeudi soir, marquant leurs différences entre rudesse et diplomatie, alors que les tensions s'avivent en coulisses.

L'ancien Premier ministre et le secrétaire général de l'UMP, dont les entourages respectifs sont à couteaux tirés, ont affiché une concorde de circonstance à l'occasion des journées parlementaires de leur parti, à Marcq-en-Baroeul (Nord).

Mais la poignée de mains consentie pour les photographes et les caméramen et leurs sourires empruntés n'ont pas suffi à suspendre momentanément les hostilités.

La prise de position du secrétaire général de l'UMP sur "le racisme anti-Blanc", dans un livre-manifeste à paraître le 3 octobre, a éclipsé les travaux de l'opposition, qui prépare son offensive contre le budget 2013 de l'exécutif socialiste.

Accueilli avec réserve au sein du parti néo-gaulliste, moins sur le fond que sur la forme, cet argument emprunté à la phraséologie d'extrême droite a été vivement rejeté jeudi par François Fillon, qui avait dit la veille ne pas en être choqué.

A Tourcoing, jeudi matin, en marge d'une rencontre avec des élus du Nord, le député de Paris a mis en garde contre des mots qui "allument des mèches". Puis c'est dans une interview au site Atlantico.fr, diffusée alors que les journées parlementaires s'achevaient, qu'il a accusé Jean-François Copé, sans le citer, de "copier les extrémistes".

Le député-maire de Meaux a orchestré la réplique jeudi soir dans l'enceinte du gymnase de Marcq-en-Baroeul où quelque 600 militants UMP ont donné la mesure des antagonismes actuels en acclamant pour les uns Jean-François Copé, pour les autres François Fillon.

Si les deux hommes, qui s'exprimaient sans notes, se sont gardé de toute attaque frontale, les tensions n'en affleuraient pas moins.

"MERCI, ON FAIT CE QU'ON PEUT"

S'exprimant le premier, dans le registre diplomatique auquel il se tient publiquement depuis le début de la campagne, François Fillon a souligné que la question de l'immigration devait être "désormais posée froidement, sans tabou, sans excès de langage, ni dans un sens ni dans un autre".

Une nouvelle pique à Jean-François Copé dont il récuse le discours "droitier", dans la ligne de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, en plaidant pour le rassemblement le plus large.

"On ne joue pas au concours du mec le plus à droite", avait auparavant lancé Laurent Wauquiez, l'un des lieutenants de François Fillon, devant des journalistes.

Le député-maire de Meaux, après plusieurs références urbaines à "François" dans son discours qui clôturait le meeting, n'a pas dévié de sa ligne, qu'il a martelée.

"Il est des réalités qu'on ne doit pas nier si on veut les combattre. (...) Il est des endroits dans notre pays où il ne fait pas bon être une femme, où il ne fait pas bon être de couleur blanche", a-t-il déclaré sous les applaudissements, évoquant "la souffrance qui ne passe jamais au journal de 20 heures".

"Il y a des amis qui disent : 'ce n'est pas tout de dénoncer le problème, il faut le résoudre'. Merci, on fait ce qu'on peut", a-t-il poursuivi, dans une claire allusion à François Fillon qui s'était exprimé en ce sens mercredi.

Dans une autre attaque contre l'ancien Premier ministre, qui s'est dissocié de la stratégie électorale du "ni Front national-ni Front républicain", Jean-François Copé a réaffirmé qu'il n'appellerait "jamais à voter pour des socialistes qui sont alliés avec l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon".

"Moi, je n'ai aucun adversaire à l'intérieur de ma formation politique", avait auparavant souligné François Fillon sous les acclamations, répétant vouloir conduire "un rassemblement très large des Français autour d'un projet de redressement national".

"Il n'y aura ni vainqueur ni vaincu, il y aura au lendemain du 18 novembre une famille qui se rassemblera", a assuré à sa suite Jean-François Copé.

L'élection à la présidence de l'UMP est prévue les 18 et 25 novembre.

Edité par Patrick Vignal


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